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Enfants handicapés : il manquerait 19 500 à 37 500 places en établissements et services, selon nos estimations

Enfants handicapés : il manquerait 19 500 à 37 500 places en établissements et services, selon nos estimations

Publié le 28 octobre 2013

Combien manque-t-il de places en établissements et services pour les enfants handicapés ? Au bas mot, entre 19 500 et 37 500 selon nos estimations.

L’affaire Amélie Loquet, cette jeune femme lourdement handicapée qui vit au domicile de ses parents depuis un an, faute de place en établissement adapté, a relancé le débat. « Ce qui est aujourd’hui particulièrement inacceptable est la méconnaissance du nombre exact d’enfants qui restent sans solutions, s’indignait récemment Marie-Arlette Carlotti, la ministre déléguée aux personnes handicapées. Nous devons mieux connaître les besoins pour mieux adapter les réponses. Aujourd’hui, il n’existe pas de données précises. » Faire Face a toutefois tenté d’évaluer approximativement le nombre de places manquantes.

Des estimations basées sur les données vendéennes

Comment ? En se basant sur les données vendéennes. La délégation APF de Vendée vient, en effet, d’obtenir du conseil général, « après d’innombrables demandes », les différences entre le nombre de notifications de la Commission des droits et de l’autonomie et les admissions transmises par les établissements et services à la Maison départementale des personnes handicapées : 109 places manquent en Instituts médico-éducatifs (IME), 271 dans les services d’éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad), etc. Au total, 479 enfants n’ont pas de place dans une structure médico-sociale correspondant à leur notification (ces chiffres ne concernent que le secteur médico-social et ne donnent donc pas d’information sur la scolarisation des enfants en situation de handicap qui pâtit, elle aussi, d’un manque de places dans les structures de l’Education nationale, les Ulis et les Clis, essentiellement). Selon le conseil général, environ la moitié d’entre eux sont cependant pris en charge par un établissement, un service ou autre ne correspondant pas à leur notification. « On peut estimer à environ 250 le nombre d’enfants réellement sans solutions et donc en grande difficulté aujourd’hui », selon le Conseil général de Vendée.

Il est vrai que la Vendée est sous-dotée en établissements et services. Son taux d’équipement est de 7,61 places pour 1 000 jeunes de 0 à 19 ans, alors que la moyenne nationale est de 9,3 en France : elle devrait avoir 22 % de places en plus pour être dans la moyenne nationale. Autrement dit, si le taux d’équipement vendéen était dans la moyenne nationale, 22 % de ces 250 jeunes auraient une place, ce qui signifie que 195 seraient sans aucune solution. Et 375 n’auraient pas leur notification respectée.

Une extrapolation nationale

Reste à extrapoler ces chiffres à l’échelle nationale. La Vendée compte 151 208 jeunes de 0 à 19 ans, soit 1 % de la population totale. En France métropolitaine, 37 500 jeunes en situation de handicap âgés de 0 à 19 ans n’auraient donc pas de place dans une structure médico-sociale correspondant à leur notification, parmi lesquels 19 500 seraient sans aucune solution. Le raisonnement a certes ses limites mais permet de se faire une idée de l’ampleur du problème. « L’Agence régionale de santé nous oppose toujours le manque de données pour contester le manque de places en établissements et services et justifier son attentisme, souligne Stéphanie Ottou, la directrice de la délégation APF de Vendée, mais les chiffres fournis par le conseil général sont incontestables. Il y a urgence à agir dans chaque région. » Franck Seuret – Photo J.-B. Nadeau

 

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