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Plus belle la vie des « gentils handicapés » !
Anne Revillard : « Lorsque les personnes handicapées prennent la parole dans ces spots, c’est souvent pour renforcer une image caricaturale de "gentil handicapé". »

Plus belle la vie des « gentils handicapés » !

Publié le 26 novembre 2015

En septembre et octobre, France Télévisions a diffusé la campagne gouvernementale en faveur de l’accessibilité universelle, Plus belle la vie ensemble. La sociologue Anne Revillard a analysé les vingt épisodes d’une minute. Pour cette spécialiste des politiques du handicap, ils reproduisent la marginalisation de la parole des personnes handicapées et l’entretiennent.

Anne Revillard est professeure associé en sociologie à Sciences Po

Anne Revillard est professeure associée en sociologie à Sciences Po. (Photo Thomas Arrivé/Sciences Po)

Faire Face : Notre société est-elle représentée de manière réaliste dans ces films ?

Anne Revillard : On aurait pu attendre d’une telle campagne qu’elle donne la parole aux personnes handicapées. Elles y ont en effet bien trop peu accès. Elles auraient notamment raconté les discriminations dont elles sont victimes au quotidien. Or, dans ces vidéos, les représentations du handicap sont celles d’individus qui ne se heurtent à aucun obstacle à leur mobilité ni à leur participation sociale. Comme cet homme, dans l’épisode 2, battant des records de vitesse en fauteuil dans un espace urbain parfaitement accessible ! Cette mise en scène par le gouvernement d’une utopique cité inclusive est difficile à accepter alors que ce même gouvernement a justement reconnu l’ampleur du chemin restant à parcourir en reportant l’obligation de mise aux normes d’accessibilité.

« Cette campagne s’efforce de démontrer aux personnes valides que l’accessibilité devrait susciter leur intérêt parce qu’elle peut leur profiter. »

Anne Revillard : « Cette campagne s’efforce de démontrer aux personnes valides que l’accessibilité devrait susciter leur intérêt parce qu’elle peut leur profiter. »

FF : Quel rôle est assigné aux personnes valides ?

A.R : Paradoxalement, elles rencontrent de vraies difficultés d’accessibilité : temporairement blessées, elles peinent à se déplacer en béquilles (épisode 4 et épisode 10) ; elles ont parfois du mal à lire des livres aux caractères trop petits (épisode 5) ; etc. Mais les dispositifs prévus pour les personnes handicapées vont les aider ! Car tel est le message essentiel de cette campagne : l’accessibilité, décrite comme déjà acquise, profite à tous.

Cette campagne s’efforce de démontrer aux personnes valides que l’accessibilité devrait susciter leur intérêt parce qu’elle peut leur profiter. L’accessibilité n’est plus présentée ici comme un droit mais comme un bon investissement (épisode 6). Alors que la loi de 2005 définissait l’accessibilité comme une responsabilité collective et un impératif démocratique, elle devient promue au titre de l’utilité qu’elle pourrait avoir pour un public qu’elle ne vise pas en priorité.

FF : Cette campagne a donc été avant tout pensée du point de vue des personnes valides ?

A.R : Sur l’ensemble des vingt épisodes, la prise de parole est répartie à 20 % pour les personnes handicapées et 80 % pour les valides. Le personnage principal est handicapé dans seulement six d’entre eux. Six autres ne font même apparaître que des habitants valides. C’est un peu comme si une campagne en faveur du droit de vote des femmes mettait en scène des hommes discutant de l’intérêt qu’ils pourraient tirer de cette concession juridique.

« Seuls quelques épisodes placent valides et personnes handicapées sur un pied d'égalité. »

Anne Revillard : « Seuls quelques épisodes placent valides et personnes handicapées sur un pied d’égalité. »

FF : Et comment sont représentées les personnes handicapées ?

A.R : Au-delà de la sous-représentation, c’est aussi la manière dont le handicap est représenté dans plusieurs des scènes qui pose problème. Seuls quelques épisodes placent personnes valides et handicapés sur un pied d’égalité (épisode 5 et épisode 19). Mais souvent, on parle de ces dernières en leur absence (épisode 7) ; elles sont présentes mais ne parlent pas ; ou lorsqu’elles prennent la parole, c’est souvent pour renforcer une image caricaturale de « gentil handicapé ».

Comme l’homme en fauteuil de l’épisode 13 qui, non rancunier du fait qu’une femme valide se soit initialement garée sur une place de parking réservée, la laisse ensuite passer devant lui. « Allez-y, vous êtes plus pressée que moi », lui dit-il. Car c’est bien connu, les personnes handicapées ont tout leur temps…. Cette figure aurait pu sembler dépassée  : dans les années 1970, elle était déjà la cible du collectif des handicapés méchants. Pourtant, en 2015 encore, elle  semble posée par les pouvoirs publics comme une condition de l’inclusion.

FF : La présence de la parole des personnes handicapées est donc marginalisée dans ces films…

A.R : Le choix de promouvoir l’accessibilité au nom de son intérêt pour les valides induit cette marginalisation. Mais elle est aussi révélatrice de leur statut social dans la France contemporaine. Nous vivons dans une société qui tolère et perpétue pour les personnes handicapées des formes de dénis de droits, le déni d’accès à l’espace public par exemple, contestées de longue date pour d’autres minorités sociales. Si l’accessibilité et l’inclusion sont l’affaire de toutes et tous, ce n’est pas seulement parce qu’elles « profitent » à toutes et tous, c’est aussi, et surtout, parce qu’elles sont une responsabilité collective et un choix de société. Ce qui est en jeu n’est pas le confort des personnes valides mais, d’abord et avant tout, la citoyenneté des personnes handicapées.

FF : Cette manière de vendre l’accessibilité comme « profitant«  à tous a été mise en avant par plusieurs associations de personnes handicapées. Est-ce une erreur ?

A.R : La démarche consistant à monter en généralité pour rejoindre un public au départ peu sensible à la cause qu’on défend est classique dans les mobilisations collectives. Il n’est donc pas étonnant que l’APF et d’autres associations y aient recours. Cette connexion établie entre les difficultés de mobilité rencontrées par les uns et les autres a par ailleurs pour intérêt de « déspécifier » le handicap et de sensibiliser à sa dimension sociale, produite par l’environnement. Il me semble tout à fait possible de porter ce message sans pour autant prétendre que le problème serait totalement réglé pour les principaux intéressés. La manière dont cette démarche a été reprise par les pouvoirs publics pointe toutefois un risque qui y est attaché : celui d’une marginalisation de la parole des personnes handicapées elles-mêmes. Propos recueillis par Franck Seuret uscita superiore di comando di Solaris

5 commentaires

  1. Mon mari et moi sommes absolument scandalisés par la nullité de ces petits film qui pour tout vous dire doit couter une blinde alors que l’AAH ne permet pas de survivre, que l’intégration en milieu ordinaire par exemple n’est dotée d’aucun vrai moyen à la hauteur, ras le bol de faire la manche dans notre soit disa

  2. Analyse par une ou un psychologue: pourquoi pas? Un sondage auprès de personnes, avec ou sans handicap, serait,sans doute aucun, aussi éclairant et plus concret.

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