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Femmes handicapées : violences du silence dans In Vivo sur France 5
"Mon mari me bat, mes enfants rient", dit cette femme. L'un des huit portraits réalisés par l'association Femmes pour le dire, femmes pour agir pour sensibiliser aux violences faites aux femmes handicapées.

Femmes handicapées : violences du silence dans In Vivo sur France 5

Publié le 29 janvier 2016

Cette semaine, le feuilleton du Magazine de la santé s’intéressait aux violences faites aux femmes en situation de handicap et à l’action de l’association Femmes pour le dire, femmes pour agir, qui les écoute et les défend.

« Je lui pardonnais. Je pensais qu’avec mes handicaps, ce devait être difficile pour lui », dit Claire, malvoyante et souffrant de douleurs lombaires. Dans un édifiant témoignage, elle raconte comment elle est restée mariée trente-cinq ans avec un homme pervers qui la dévalorisait en permanence, la faisait vivre en recluse dans sa chambre et a fini par la frapper. Un enfer ayant pris fin lorsque Claire a rencontré Maudy Piot, une psychothérapeute non-voyante, qui a créé l’association Femmes pour le dire, femmes pour agir. Avec elle, Claire a pris conscience qu’elle n’était pas seule, que « d’autres femmes, en fauteuil ou sourdes ou aveugles étaient maltraitées ».

Une réalité taboue

Une réalité taboue que Maudy Piot avoue avoir du mal à faire entendre. Elle qui a pourtant écouté beaucoup de femmes handicapées dans son cabinet. « Au début, les gens m’ont dit que ce n’était pas possible, que j’inventais, explique-t-elle. Que les personnes en situation de handicap étaient déjà cabossées, qu’on n’allait pas en plus les maltraiter. Pourtant, c’est tout le contraire ! »

FDFA-Maudy PiotUn numéro d’urgence anonyme pour agir

Le 6 mars 2015, l’association a donc lancé Écoute violences femmes handicapées*, un numéro d’urgence anonyme. Des psychologues y écoutent des femmes handicapées profitant d’une absence de leur conjoint pour sortir d’une situation invivable. D’autres cherchent juste une oreille attentive et une voix réconfortante pour continuer à affronter un employeur maltraitant, par exemple. Pour les aider dans leur mission, ces écoutantes sont aussi formées par des professionnels de la police ou de la justice. Un commandant de police leur dit ainsi qu’un signalement n’est pas une plainte. Il recommande également d’inviter les femmes maltraitées à prendre un avocat et à se constituer partie civile. Pour ne pas découvrir leur dossier au dernier moment.

Huit portraits de femmes pour sensibiliser

L’épisode consacré aux huit courts-métrages réalisés par la cinéaste Catherine Cabrol est particulièrement touchant. L’historienne féministe Michelle Perrot a prêté sa voix à l’un d’eux. Le portrait d’une femme sourde qui s’exprime en langue des signes et explique comment elle est maltraitée non seulement par son conjoint mais aussi ses enfants qui lui ont emboîté le pas. Projeté au sein d’une association, il sidère et suscite une certaine incompréhension. « Elle semble s’être habituée à son bourreau », remarque un monsieur. « Elle est sous emprise », corrige Maudy Piot. Sous emprise. C’est aussi à cela que l’on pense aujourd’hui où François Hollande doit recevoir les filles de Jacqueline Sauvage, cette femme qui a tué un époux qui la battait depuis quarante-sept ans.  Corinne Manoury

À voir dimanche 31 janvier sur France 5 dans In Vivo, l’intégrale à 20h ou à revoir en cinq épisodes dans les Magazine de la santé des 25 au 29 janvier sur France TV pluzz.

*  Écoute violences femmes handicapées : 01 40 47 06 06

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