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Un diplôme pour accompagner les élèves handicapés
La professionnalisation des auxiliaires de vie scolaire va dans le bon sens mais le niveau de ce diplôme n'est pas suffisamment élevé, selon les associations. © Franck Seuret

Un diplôme pour accompagner les élèves handicapés

Publié le 12 février 2016

L’une des trois spécialités du tout nouveau Diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES) porte sur l’accompagnement des élèves handicapés. Jusqu’à présent, aucune formation diplômante n’existait pour les auxiliaires de vie scolaire.

Attention, message codé  : pas d’AESH sans DEAES. Traduction : les candidats à un poste d’Accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH) devront désormais être titulaire d’un Diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES). Ils ne pourront toutefois postuler à un emploi d’AESH que s’ils ont choisi, parmi les trois spécialités proposées dans le cadre de ce cursus (voir encadré), l’accompagnement à l’éducation inclusive et à la vie ordinaire. Ce tout nouveau diplôme, créé par un décret et un arrêté du ministère des Affaires sociales en date du 29 janvier 2016, comble un vide : jusqu’à présent, aucune formation diplômante n’existait pour les auxiliaires de vie scolaire.

Un diplôme ne répondant pas aux besoins de tous les élèves handicapés

« Il est effectivement important de professionnaliser les personnes accompagnant les élèves handicapés, note Bénédicte Kail, conseillère nationale de l’APF. Mais ce diplôme est seulement de niveau V, [comme un CAP ou un BEP]. Ses titulaires risquent donc de se heurter à certaines limites dans l’accompagnement au savoir des collégiens et des lycéens, voire même dès l’élémentaire pour certaines tâches. »

« L’un des grands enjeux pour l’Éducation nationale est de parvenir à ce que les jeunes en situation de handicap poursuivent leurs études aussi loin que possible, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui, complète Sophie Cluzel, la présidente de la Fnaseph. Comment y parvenir avec des accompagnants ayant un diplôme d’un niveau inférieur au bac ? »

« Humilité dans le niveau du diplôme »

Une analyse que ne partage pas l’Union nationale des employés, auxiliaires de vie scolaire et d’assistants de scolarisation. L’UNEAVS « se félicite de cette humilité dans le niveau du diplôme (…). Affirmer qu’un niveau V d’un diplôme AESH ne serait pas assez élevé pour savoir établir une relation avec un élève, avec des parents, des enseignants, ou participer aux réunions d’équipes de suivi de scolarisation…, demeure une aberration et une injure à l’intelligence, aux compétences, aux connaissances des femmes et des hommes, possédant un niveau V et exerçant actuellement comme AESH dans des établissements scolaires. » L’UNEAVS déplore également que ce diplôme ne permettra pas de sortir ses titulaires de la précarité à laquelle les conditions d’exercice du métier d’AVS les condamne.

Source : rapport de la députée Barbara Pompili, projet de loi de finances 2016

Source : rapport de la députée Barbara Pompili, projet de loi de finances 2016

Peu de recrutements pour ces diplômés

Plus fondamentalement encore, le nombre de diplômés en fonction risque d’être très réduit. Aujourd’hui, sur les 76 000 auxiliaires de vie scolaire en exercice, seuls 28 000 (un tiers) ont le statut d’AESH, les 48 000 autres étant en contrats aidés. « Et seuls quelques dizaines d’AESH ont été embauchés cette année, souligne Sophie Cluzel. La plupart des autres recrutements se font sous contrats aidés, pour lesquels les seuls critères sont l’éligibilité à ce type de contrat. Rien n’indique que la tendance va s’inverser. » Autrement dit, l’État vient de créer un diplôme permettant d’accéder à des postes qu’il ne crée qu’en nombre insuffisant… Franck Seuret

Un diplôme, trois spécialités

Le Diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social fusionne les Diplômes d’État d’auxiliaire de vie sociale (DEAVS) et d’Aide médico-psychologique (DEAMP). Le tronc commun centré sur l’intervention auprès des personnes (378 heures) sera complété par l’une de ces trois spécialisations (147 heures) : accompagnement à la vie à domicile (ex-DEAVS), à la vie en structure collective (ex-DEAMP) ou à l’éducation inclusive et à la vie ordinaire. La formation, comprenant également 840 heures de stages, s’étalera sur un à deux an(s), selon le profil des candidats.

La création d’un diplôme unique d’accompagnement vise à faciliter les passerelles entre ces trois secteurs d’activité. Les professionnels pourraient donc évoluer plus facilement au cours de leur carrière, en passant les spécialisations correspondantes.

13 commentaires

  1. Bonjour,
    Madame Bénédicte Kail, conseillère nationale de l’APF, affirme que « ce diplôme est seulement de niveau V, [comme un CAP ou un BEP]. Ses titulaires risquent donc de se heurter à certaines limites dans l’accompagnement au savoir des collégiens et des lycéens, voire même dès l’élémentaire pour certaines tâches. ».
    Il faudrait peut être alors que l’AFP s’abstienne de proposer dans ses centres de formation une préparation au diplôme DEAeS considérant que le stagiaire est considéré d’avance inapte et incompétent à exercer professionnellement par une conseillère nationale de l’AFP au mépris social si clairement et scandaleusemnt affiché.

    • Bonsoir,
      Votre commentaire me concernant nommément, je me permets de vous répondre directement.
      Un échange avec un journaliste est toujours forcément résumé car tout ne peut être repris dans le format imposé. En l’occurrence, ce sont ici les développements que j’ai pu faire après cette remarque qui n’y figurent pas.
      Quand je dis que les titulaires de ce nouveau diplôme vont se heurter à certaines limites dans leur accompagnement au savoir, ce n’est pas que je les en pense incapables, c’est que le niveau de diplôme ne le pose pas comme un attendu. Par exemple, nous n’avons pas pu obtenir que soit mentionné dans le référentiel de compétence la possibilité de prendre des notes en utilisant un ordinateur car le fait d’utiliser un ordinateur ne relève pas des attendus d’un diplôme de niveau V, mais d’un niveau IV. Bien sûr, certains AVS le font en pratique, et bien sûr qu’ils sont aptes à le faire, mais on ne pourra de toute façon pas l’imposer à un titulaire de ce diplôme car c’est une compétence qui n’est pas de leur niveau. Alors est-ce qu’on ne peut pas penser que cela va être une limite par rapport au besoin de certains jeunes ?
      Après, il est vrai aussi qu’il est parfois compliqué pour une personne qui n’a pas le bac d’aider à la reformulation ou à la prise de note d’un élève de terminale technique ou même générale (en physique-chimie ou en math par exemple, mais aussi en langue). C’est alors ne pas répondre aux besoins du jeune, mais c’est aussi mettre la personne en difficulté. Et encore une fois, ce n’est pas un mépris de ma part pour une personne titulaire d’un diplôme de niveau V.
      Au niveau de l’APF, nous revendiquons une réponse adaptée aux besoins du jeune. A partir de là, l’accompagnement par une personne avec un diplôme de niveau V sera une réponse adaptée pour certains, mais pas pour d’autres.
      Cordialement,
      Bénédicte Kail

      • Bonsoir,
        Je vous remercie de votre réponse et je tiens à vous rassurer tout de suite (ainsi que les parents d’élèves) :
        les équipes de suivi de scolarisation d’un établissement scolaire (1er degré et 2ème degré) savent définir les adaptations nécessaires au besoin des jeunes et conformes à son cursus scolaire (1er degré, 2ème degré, BTS et prépa) et, si nécessité d’accompagnement par AESH, les services Inspection académiques ASH savent tenir compte des demandes des enseignants référents et chefs d’établissement (1er degré, 2ème degré) pour l’affectation d’un AESH (voire son recrutement) à même d’ accomplir un accompagnement de qualité conforme au PPS du jeune, et ce, en coopération exigée avec l’enseignant.

  2. Niveau V ou IV… BAC ou pas BAC: typiquement français, polémique stérile. Je préfère le point de vue de l’UNEAVS sur l’évolution citée et sur la précarité.

    • Stérile sur le papier ce débat de niveau V ou niveau IV, mais très attendu par le professionnel en tant que reconnaissance et droit à la formation/évolution de carrière, et également attendu de compétences dans des milieux et situations toujours plus variés pour répondre aux besoins de l’usager. Qui pour être au centre du dispositif, doit être entouré d’un sens commun et non des professionnels maltraités par leurs conditions.
      Donc, faire valoir, reconnaître, permettre l’autonomie et l’épanouissement du professionnal, (soit remonter et faire suivre le niveau des soignants du quotidien) n’est pas aussi stérile que de proposer la loi 2002_2 et ses outils sur le papier et de les laisser au dépourvu en pratique.

  3. Bonjour j’essaie de voir sur différents sites le salaire d’une aes mais je n’ai pas de réponse. Pouvez vous me donner plus amples renseignements. Cordialement

  4. C vraiment pas compatible. Pour devenir AVS / AESH il faut avoir le BAC ou PRO (niveau IV). Après 6 ans de CDD si vous êtes en CDI on vous demandera de faire une formation ou valider les acquis DEAES de niveau inférieur (v)? Quelle logique?

  5. Bonjour je veux passer le diplôme handicapés ou puis-je m’inscrire Merci

  6. La plupart des avs ont minimum le bac voir une licence et la ils proposent un diplôme niveau cap .c aberrant .c est dévalorisé le métier et les personnes qui travaillent depuis 6 ans pour au final décroché un diplôme inférieur au bac et avec un salaire precaire Quelle évolution

  7. Je suis AESH en CDI depuis 1 an après 6 ans de CDD. J’ai été recruté il y a 7 ans avec le bac (c’était un des critères pour exercer ce métier) et aujourd’hui, on nous propose un diplôme de niveau V. Je suis complètement démoralisée. Je ressens une grande dévalorisation de mon métier … et une énorme méprise de mon employeur : l’EDUCATION NATIONALE.

  8. balosso laetitia

    Je suis titulaire d une capacité en droit, (pour info…) AESH depuis 4 ans. Quel mépris en effet pour les personnels diplômés niveau 5, au vu de tous mes collègues « niveau 4 », titulaires d’ un baccalauréat certes, mais ne maîtrisant absolument pas la langue française ! Oui, cette notion pourtant élémentaire inhérente à nos accompagnements en établissements scolaires !! Je parle d’ une maîtrise de la langue lue, parlée, écrite, le minimum non pour exercer au sein d’ une institution comme l’ Education Nationale…? Comment peut-on imaginer un élève dys (ou autre !) lire et apprendre des cours parfois truffés de fautes car l’ AESH (titulaire du BAC) n’ a pas un bon niveau de français…?!! Bien à vous…(tous). Laetitia

  9. Bientôt il faudra un diplôme pour balayer et un second pour ramasser les poussières. C’est du n’importe quoi.

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