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Un professeur paraplégique se bat pour concilier handicap et vie professionnelle

Un professeur paraplégique se bat pour concilier handicap et vie professionnelle

Publié le 14 mars 2016

Paraplégique suite à un accident de moto, Julien Hugelé, professeur de physique-chimie au Lycée Blaise Pascal de Brie-Comte-Robert (77) se bat pour travailler dans des conditions compatibles avec son handicap. Mais il se heurte au manque de soutien de son administration de tutelle.

Exercer le métier que l’on aime malgré la lourdeur de son handicap. C’est le combat de Julien Hugelé, 34 ans, professeur de physique-chimie au Lycée Blaise Pascal de Brie-Comte-Robert (77). Depuis plusieurs années, à chaque nouvelle rentrée, il demande un aménagement de son poste de travail afin de pouvoir continuer d’enseigner dans des conditions compatibles avec son handicap. Julien Hugelé est paraplégique suite à un accident de moto survenu il y a seize ans.

Très apprécié, ce professeur passionné par la matière qu’il enseigne est soutenu dans son combat par ses collègues et ses élèves. Une pétition a été lancée pour essayer de sensibiliser à sa situation. Et la mobilisation semble porter ses fruits. Dans l’attente depuis plusieurs semaines d’un rendez-vous au Rectorat de Créteil, il a finalement été reçu en urgence le 10 mars. À l’issue de cette rencontre, Julien se montre à moitié rassuré. « J’ai peur de devoir continuer à mener la même bataille chaque année pour obtenir un aménagement qui se rapproche de quelque chose de compatible avec mon handicap, explique-t-il. Pour la rentrée prochaine, je n’ai aucun écrit mais on m’a proposé 6h d’allègement, 3h de travail aménagé et supervisé et 9h devant élèves pour arriver à un temps complet. J’aurais souhaité plus de souplesse dans les heures d’aménagement et plus de bienveillance. »

Sa plus grande inquiétude ? Être jugé inapte à enseigner

Au rectorat, on précise qu’on se contente d’appliquer les textes, autrement dit le décret de 2007. L’aménagement de poste ne peut être pérennisé d’une année sur l’autre. Julien Hugelé, lui, souhaite faire respecter la loi de 2005 sur l’égalité des droits et des chances et en appelle à Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Éducation nationale.
Car sa plus grande inquiétude est d’être jugé inapte à enseigner. En effet, sa situation médicale évolue : la position assise, les trajets maison-lycée lui occasionnent toujours plus de fatigue et des soucis de santé (escarres).

Le 15 janvier 2016, une grève d’une journée a été suivie par 100 % des professeurs du Lycée Blaise Pascal pour dénoncer une des nombreuses aberrations auxquelles Julien doit faire face. Ayant dû s’absenter pour être opéré du canal carpien, ces dix-jours jours ont été considérés comme des « absences injustifiées » par la direction de son lycée.
Si la pétition a pour but de mettre en lumière la situation de Julien Hugelé, elle vise aussi plus largement à militer pour que « l’intégration des personnes handicapées ne soit plus vécue comme une charge par l’Éducation nationale mais comme un atout, un véritable plus pour la formation citoyenne des jeunes qui leur sont confiés ». À Meaux (77), une autre enseignante avec un taux d’incapacité de 80 % se bat également pour un aménagement horaire de son poste. Signalé par Claudine Colozzi

Regardez le sujet qu’Itélé a consacré à Julien Hugelé.

 

 

11 commentaires

  1. Ce professeur est un exemple pour tous les jeunes!ceux-ci ont souvent des idées sur la vieillesse et l’handicape.D’où vient cette peur?De la société et ses prèjugés.Quelqu’un qui a de l’expérience dans l’enseignement doit rester exercer.Il faudra lui créer un en classe en bas au rdc et c’est tout!Pour le reste les cours sont les mêmes et que toute cette jeunesse voit qu’on peut s’adapter et qu’eux n’ont pas à avoir peur.la médecine en attendant fait des progrès et je souhaite à cet enseignement de trouver le bonheur encore mieux qu’avant et de guérir vite de garder espoir et confiance en la médecine.Eugénie Gaujon qui espère pouvoir faire un jour quelque chose pour les handicapés car ils font partie de notre société.

  2. Je ne vois vraiment pas où est le problème ! A partir du moment où c’est un bon professeur je ne vois pas pourquoi il ne devrait pas enseigner ! Il y en a pour moins que ça qui ferait tout pour ne pas travailler ! Très courageux de sa part laissez le exercer sont métier et foutez lui la paix ! Bravo Monsieur, certains préférerait rester chez eux ou au chômage pour profiter alors que vous vous méritez de pratiquer votre métier qui vous tien à coeur !

  3. Honteux….a quand que les lycées écoulent par rapport aux tandis,car quand on se fait traiter de tous les noms pendant un ans dans un lycée par d’une bande jeunes sans pitié dont les profs laissent tout passer,c’est la faute du gouvernement français,on préfère,nous en Franc,financer le terrorisme en donnant la légion d’honneur au prince d’Arabie saoudite,Ben Nayef,dont celui ci ne respecte pas les droits de l’homme,par un président Français qui est con

  4. c’ est tout simplement inconcevable que l’ on ne laisse pas travailler quelqu’ un qui en a envie malgré son handicap . les bien portants qui refusent de travailler devraient prendre modèle . quand à l’ institution elle pourrait faire un effort unprof aimé de ses élèves ….. l’ amènagement qu’v il demande n’ est pas impossible , alors un effort pour lui il le mèrite.

  5. JE VOUDRAIS TANT QUE NOS POLITIQUES (GAUCHE OU DROITE)PRENNENT TOUS CES DOSSIERS « VIGOUREUSEMENT »
    EN MAIN, membre de l’A.P.F.depuis les années 50….
    LES ANNEES SE SUIVENT ET SE RESSEMBLENT, HELAS !
    ALLEZ’Y LES JEUNES….J’AI 85 ANS, ET SUIS DE TOUT COEUR AVEC VOUS

  6. Une personne handicapée n’est pas hors norme. Elle a droit à une vie sociale et peut travailler. On n’a pas le droit de lui ôter sa source de revenus. Laissez le faire son boulot et foutez lui la paix.

  7. je suis très dubitatif devant un tel article ou tout semble se mélanger, un professeur handicapé a-t-il automatiquement le droit de bénéficier du traitement correspondant à un plein temps devant élève en ne faisant en réalité qu’un mi-temps ?
    Dans ce cas là ne pourrait-on pas parler d’un « privilège du handicap » ??? Ensuite, si il y a eu arrêt de travail dument justifié médicalement pour une intervention chirurgicale on ne comprend pourquoi il a pu être contesté par la direction du lycée! Bref cet article ressemble plus à un tract qu’à une analyse des faits.

    • Bonjour,
      « Les personnels enseignants des premier et second degrés (…) lorsqu’ils sont confrontés à une altération de leur état de santé, peuvent solliciter un aménagement de leur poste de travail ou une affectation sur un poste adapté, dans les conditions prévues au présent décret. » Pour information, je vous laisse consulter la totalité du décret n° 2007-632 du 27 avril 2007 relatif à l’adaptation du poste de travail de certains personnels enseignants, d’éducation et d’orientation.
      https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2007/4/27/MENH0751888D/jo

  8. j’ai été moi-même confrontée à ces problemes .a la suite d’une chute je me suis retrouvée en fauteuil.j’avais toutes les peines du monde à rejoindre ma classe …au 2eme étage .j’ai tenu bon 6 ans malgré un principal qui faisait tout pour me faire partir ,ce qu’il a réussi à faire j’avais 56ans .

  9. bonjour,c’est triste qu’en 2016 un salarié devenu handicapé soit devenu incompétent du fait de son handicap,c’est révoltant.
    en 1961,j’avais un prof d’éducation physique qui boitait,
    alors a t on régressé?l’indemnisation ne remplace pas l’activité professionnelle,ni le salaire

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