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Handicapé, il gravit les cols mythiques du Tour de France en vélo couché
David Othenin en est à son 26e raid à vélo, malgré son handicap.

Handicapé, il gravit les cols mythiques du Tour de France en vélo couché

Publié le 29 juillet 2016

Sept cols des Alpes en cinq jours et 9 000 m de dénivelé ! C’est l’exploit réalisé, début juillet, par trois cyclistes de l’association Aventure Handicap France. Un « Challenge alpestre », initié par le nancéien David Othenin, 44 ans avec deux co-équipiers : Jérôme Giraudat, 57 ans, parisien, en situation de handicap comme lui et Christophe Palma, valide de Castelnaudary. Avec eux, Bernard Othenin, 76 ans, père de David, au volant de son break, et à son bord Jean-Antoine Ferré, un des dirigeants historiques d’Aventure Handicap France.

Le "Challenge alpestre" a été relevé par cinq amis, fédérés par l'association Aventure Handicap.

Le « Challenge alpestre » a été relevé par cinq amis, fédérés par l’association Aventure Handicap.

Faire Face : Comment est né ce projet ?

David Othenin : J’aime me lancer des défis. J’avais déjà participé à 25 raids en vélo couché, en France et à l’étranger (Mali, Sénégal, Chili…), dans le cadre de l’association Aventure Handicap France. J’en suis actuellement le président pour la Lorraine. À chaque fois, je prenais part à un projet déjà construit. Là, j’ai eu envie de monter le mien, avec comme objectif de gravir des cols. Je l’ai proposé à des personnes rencontrées dans d’autres raids. Je n’étais jamais allé dans les Alpes. Je ne les connaissais que par les images du Tour de France. J’ai choisi des cols un peu au hasard, sur la carte ! Avec mon père, nous sommes quand-même allés repérer les hébergements et tester les côtes, un mois avant. Mon essai de montée du col du Galibier, l’un des plus difficiles, fut concluant.

FF : Était-ce difficile ?

D.O : Oui, on en a bavé ! Mais nous avons réussi, grâce au mental. Il ne faut pas réfléchir mais juste se dire « il faut y aller » ! Le vélo couché est extraordinaire car il permet de faire du vélo, pour les personnes comme moi qui ont peu d’équilibre. L’AVC que j’ai eu à 22 ans ne m’empêche pas de me servir de mes membres, et j’ai une bonne force, mais ma main droite est plus lente. Jérôme, lui, est hémiplégique. La position couchée ne permet pas de se mettre en danseuse. Cela rend les montées encore plus dures, uniquement à la force des mollets et des cuisses. S’ajoute à cela des routes surplombant des précipices. Je demandais au camarade valide de rouler entre le vide et moi. Mais l’ambiance était vraiment sympathique. Nous avons parcouru des paysages magnifiques, fait des rencontres, et nous nous sommes dépassés. Le vélo permet cette expérience très vivante.

FF : Pourquoi faire tout cela ?

D.O : À titre personnel, cela m’aide en me faisant ressentir que je suis capable. C’est une manière de dire « je suis là« . Quand on se fait mal, au moins on est vivant. Je veux prouver qu’handicapé, on peut faire des choses. Trop de personnes nous considèrent sur la touche. Même aux Jeux olympiques, on éteint la flamme avant les Jeux paralympiques, comme s’ils ne servaient qu’à nous amuser ! Je rêve d’un Tour de France des handicapés. Je voudrais dire aux personnes en situation de handicap : « Prouvez-vous que vous existez. Ce n’est pas parce que vous êtes en fauteuil que vous êtes fichus. » Mon prochain raid : le Portugal, dans deux mois, avec Aventure Handicap. Il y aura des côtes à 20 % ! L’été prochain, je ferai les Pyrénées, et je continuerai ainsi avec toutes les montagnes de France. Propos recueillis par Élise Descamps

 

 

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