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« Traumatisme invisible » ou comment un banal choc peut conduire au handicap
Un tiers des traumatismes crâniens légers ou modérés génère des séquelles neurologiques pouvant durer quelques jours, semaines ou se transformer en handicap.

« Traumatisme invisible » ou comment un banal choc peut conduire au handicap

Publié le 30 août 2016

En France, chutes, agressions, accidents de la route ou de sport entraînent chaque année 150 000 traumatismes crâniens. Parfois avec des conséquences non négligeables mais indécelables. Programmé ce mardi 30 août sur France 5, Traumatisme invisible illustre, à travers des témoignages de patients et de médecins, ces séquelles invisibles qui aboutissent parfois au handicap.

« Si ça ne se voit pas, ça n’existe pas. Pourtant, c’est comme si on demandait de marcher à une personne en chaise roulante… », se plaint Véronique. En 2012, elle a fait une chute en patinette. Elle est restée vingt-quatre heures aux urgences pour un traumatisme crânien considéré comme léger, en est ressortie sans suivi. Mais à partir de là, des problèmes de mémoire et une fatigue chronique se sont installés, l’obligeant à utiliser des carnets pour ne pas oublier. Pas de reconnaissance d’un handicap car l’imagerie classique n’a rien mis en évidence. Véronique a cependant dû changer de poste et passer à mi-temps. Une situation terriblement frustrante.

Prévalence importante de cérébrolésés dans la population carcérale

Romain, lui, a eu un accident de scooter il y a six mois. Depuis, il a du mal à contrôler ses émotions, avec le sentiment d’être un autre. Des troubles du comportement, une agressivité que l’on retrouve fréquemment dans la population carcérale. En 2016, dans les traces d’autres enquêtes menées aux États-Unis et en Grande-Bretagne, une étude conduite à Fleury-Mérogis a montré une prévalence importante de cérébrolésés parmi les prisonniers.

Quant à Marie, ancienne demi de mêlée au rugby, elle a dû abandonner ce sport à 26 ans pour cause de chocs répétés qui ont affecté sa mémoire immédiate. Un phénomène auquel s’intéressent désormais les fédérations sportives. Le cas le plus emblématique ? Le boxeur Mohamed Ali atteint de la maladie de Parkinson à 42 ans seulement.

Une consultation pour éviter la chronicité

Mais si les séquelles de ces traumatismes légers ou modérés – parce que n’ayant pas ou peu entraîné de perte de connaissance – restent peu visibles et compréhensibles, elles sont de plus en plus l’objet de recherche. Le premier pas a été franchi en abandonnant le terme de “syndrome subjectif”. Au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), il existe aujourd’hui une consultation prenant en charge les victimes d’un traumatisme crânien dans les trois mois qui suivent l’accident. Objectif : jouer sur la plasticité cérébrale pour éviter la chronicité des troubles. À Bicêtre toujours, un protocole de recherche a permis à Véronique de mettre en lumière, à travers des systèmes d’imagerie pointus, l’origine de ses troubles. Corinne Manoury

À voir sur France 5, mardi 30 août dans l’émission Le Monde en face à 20h50 et à revoir en replay sur FranceTV Pluzz.

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