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Difficile rentrée pour des élèves handicapés
Depuis 2012, le nombre d’élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire a augmenté de 24 %. Mais la qualité de la scolarisation n'a pas toujours suivi cette progression quantitative.

Difficile rentrée pour des élèves handicapés

Publié le 1 septembre 2016

Laura-Julia Fiquet, la fondatrice de l’Union des mamans d’enfants handicapés, dénonce les difficultés rencontrées par de nombreux parents pour que leur enfant handicapé soit correctement scolarisé. La ministre de l’Éducation nationale a été interpellée, sur RTL, sur le cas de cette mère d’un enfant autiste de 5 ans.

Johan devrait enfin vivre une rentrée normale ce matin. Sa première à cinq ans. « Le Rectorat m’a appelée, mercredi matin, pour m’assurer qu’une auxiliaire de vie scolaire (AVS) serait là, explique Laura-Julia Fiquet, la mère de ce jeune garçon autiste. Pour 15 heures par semaine, comme l’impose la notification de la MDPH. » En effet, ses deux premières années à l’école avait été gâchées par « la mauvaise volonté de l’Éducation nationale », précise-t-elle.

Une seule heure à l’école pour Johan au lieu d’un mi-temps

Laura-Julia Fiquet raconte ses galères dans une vidéo publiée sur Youtube, fin août (le texte est également en ligne sur Facebook). L’AVS qui n’arrive que trois semaines après le début de l’école. L’école qui impose à Johan une heure de classe par jour alors que son projet personnalisé de scolarisation prévoit une scolarisation à mi-temps. Le maintien en petite section lors de sa deuxième rentrée. La sortie scolaire à laquelle son fils est exclu d’office…

+ 24 % d’élèves handicapés scolarisés en milieu ordinaire depuis 2012

Lors de sa conférence de presse de rentrée, la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a affiché son bilan : depuis 2012, le nombre d’élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire a progressé de 24 %. « Mais pour nombre d’entre eux, la scolarisation ne se déroule pas dans de bonnes conditions, déplore Laura-Julia Fiquet. Ce que j’ai traversé, des centaines de familles l’ont également vécu. Je le sais grâce aux témoignages recueillis sur le groupe Facebook de l’Union des mamans d’enfants handicapés (Umeh). »

L’Umeh rassemble 3 000 membres sur Facebook

Ainsi, Laura-Julia Fiquet a créé cette association en 2014. Aujourd’hui, 3 000 personnes sont membres du groupe. Des parents, des femmes surtout, viennent y raconter leur expérience, chercher des conseils… « Au fil des mois, l’Umeh est devenue un formidable lieu d’échanges mais aussi un exutoire à cette forme de violence morale que l’Éducation nationale inflige à de nombreux élèves handicapés et à leur famille. »

Najat Vallaud-Belkacem interpellée sur RTL

La vidéo de Laura-Julia Fiquet a attiré l’attention de plusieurs médias, dont RTL. La radio a diffusé son témoignage mercredi matin. Dans la foulée, la journaliste Élisabeth Martichou, qui recevait la ministre de l’Éducation nationale, l’a interpellée sur le cas de cette mère (à 10.20). « Elle vous dit : “Venez-avez moi, à la rentrée, avec mon enfant autiste (…) qui n’a pas d’AVS.” »

Régler ce « dysfonctionnement »

« Je viendrais avec plaisir avec elle pour pouvoir, s’il y a besoin, régler ce dysfonctionnement », a répondu Najat Vallaud-Belkacem. Moins d’une heure plus tard, Laura-Julia Fiquet recevait l’appel du Rectorat lui confirmant que l’AVS de Johan serait bien là, jeudi matin. L’affaire est réglée et la ministre ne se rendra donc pas en Normandie. Mais elle risque de ne pas être beaucoup au bureau dans les prochaines semaines si elle doit se rendre dans chaque école où des « dysfonctionnements » existent. Franck Seuret

Enfant mal scolarisé = parent sans emploi

La scolarisation de leur enfant étant fragmentée, beaucoup de mères, plus rarement de pères, sont dans l’impossibilité de reprendre une activité professionnelle. « Comment voulez-vous travailler pour un employeur, même à mi-temps, lorsque l’école n’accepte pas que votre enfant y reste si son AVS est absente ? », interroge Laura-Julia Fiquet. Séparée du père de Johan, elle n’a aujourd’hui pour seules ressources que le RSA et l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé. Mais elle n’a pas abandonné l’ambition de pouvoir travailler à nouveau. Elle devrait prochainement lancer un site de vente en ligne de lingerie de marques exclusivement françaises. Et a créé un autre groupe Facebook, Umeh, elles entreprennent. Il rassemble une centaine de femmes souhaitant créer leur activité pour pouvoir travailler tout en s’occupant de leur enfant handicapé.

3 commentaires

  1. Cela ne fait que commencer, je suis maman d’une ado de 18 ans handicapée et avec le caractère les difficultés augmentent : c’est l’enfer, le père ne s’implique pas. J’ai mis ma carrière au repos, je suis physiquement épuisée. Mon ado devient Désobéissante, elle ne comprends pas pourquoi elle devrait faire des efforts. Diffuculté de poursuisvre un diplôme donc difficulté d’insertion dans le vie professionnelle surtout que le monde du travail refuse le handicap comme une contagion.En franc nous ne sommes pas dans un pays de droit mais de galère.

  2. ‘AVS depuis 3 ans en région toulousaine je n’ai toujours pas de nouvelles du rectorat pour mon poste de rentrée.. nous sommes le 5 septembre. Moi je suis payée donc ce n’est pas si grave parait-il. Mais comment font les enfants handicapés et leurs parents,? Ils restent à la maison ??

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