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La FHF veut soigner l’accès des personnes handicapées aux métiers paramédicaux
Selon les préconisations de la FHF, aux adaptations des formations, concours d’entrée et autres stages doit s’ajouter toute une série d’actions de sensibilisation.

La FHF veut soigner l’accès des personnes handicapées aux métiers paramédicaux

Publié le 15 septembre 2016

Pour rendre les parcours de formation dans le domaine paramédical plus accessibles et, in fine, augmenter le nombre de professionnels en situation de handicap dans les métiers soignants, la Fédération hospitalière de France (FHF) a publié une étude et un livre blanc.

« Force est de constater que nous peinons à former et recruter des professionnels paramédicaux en situation de handicap », déclarait Cédric Arcos, délégué général adjoint de la FHF, le 26 mai dernier lors du Paris Healthcare Week. De fait, le taux d’emploi de travailleurs handicapés dans la Fonction publique hospitalière (FPH) était de 5,41 % en 2015, en deçà de l’objectif légal de 6 %. Un chiffre correspondant surtout à des situations de maintien dans l’emploi plus qu’à des recrutements directs. La Fédération hospitalière de France (FHF) s’est donc fait fort d’intervenir sur le sujet de l’accès des métiers de la santé, à l’hôpital, aux personnes en situation de handicap.

Une étude nationale qui souligne les manques

Via un partenariat avec le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP), elle a ainsi mené une étude nationale. Objectifs ? Identifier et lever les freins à la formation de ses étudiants*. Ce, en distinguant quatre grandes étapes dans leur parcours : l’orientation vers les formations paramédicales, le concours d’entrée, l’enseignement clinique (stages) et la formation elle-même.
Résultats ? À la question « Pensez-vous que des étudiants en situation de handicap puissent devenir des professionnels soignants et intégrer la FPH ? », plus d’un responsable d’institut de formation sur deux (51,9 %) a répondu « difficilement », 45,8% « oui » et 2,3% « non ». Seuls 17,5 % des sondés ont dit mentionner l’accès ou l’intégration d’étudiants handicapés dans leurs documents institutionnels (règlement du concours, livret d’accueil…). Par ailleurs, uniquement 19 % d’entre eux ont déclaré avoir développé des liens de partenariat ou d’échange avec les acteurs spécialisés dans l’insertion des travailleurs handicapés. Quant aux aides sollicitées auprès du FIPHPP, notamment dans le cadre des stages en établissement, selon 71,6 % des sondés, les étudiants n’en ont pas bénéficié.

Le poids des préjugés toujours présent

Plus largement, cette enquête pointe une nouvelle fois le poids des représentations collectives. Ici, l’idée préconçue selon laquelle handicap rimerait avec inaptitude et serait incompatible avec les métiers soignants. Idée qui conduirait les étudiants à s’autocensurer ou à dissimuler leur handicap. Elle serait aussi à l’origine de réticences, si ce n’est d’opposition au vu de leur maigre familiarité avec cette thématique, chez les directeurs, formateurs des instituts et tuteurs de stage. Ces derniers confondent d’ailleurs prise en charge d’une personne en situation de handicap et collaboration avec elle.
Autres enseignements : les étudiants en situation de handicap accèdent plus facilement à un accompagnement lorsqu’un institut est conventionné avec une université (ce n’est pas le cas dans toutes les formations sanitaires). Certes, les conseils régionaux financent ces formations et certains d’entre eux débloquent des crédits importants pour aider les étudiants concernés mais, dans d’autres régions, les instituts ont du mal à intégrer des aides à leurs budgets. De plus, lorsque les étudiants sont en stage dans les établissements, les conditions d’accueil s’avèrent peu satisfaisantes dans des contextes de travail en flux tendu. Enfin, l’achat de matériel de compensation n’est que peu envisagé.

Des préconisations réunies dans un livre blanc

À la lumière de ces indicateurs, la FHH a remis un livre blanc à la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, Ségolène Neuville. Ce document expose vingt-huit préconisations institutionnelles et opérationnelles et six fiches pratiques  à destination de différents acteurs (instituts, ministères, conseils régionaux, universités, acteurs de l’orientation scolaire…).

Parmi elles, la nécessité de clarifier les modalités de financement de la compensation du handicap lors du concours et pendant la formation ou encore de créer un fonds dédié. Aux adaptations des formations, concours d’entrée et autres stages doit s’ajouter toute une série d’actions de sensibilisation. Un tout qui permettrait d’abaisser les barrières et d’inverser les tendances. La FHF n’en est pas à son coup d’essai. En juin dernier, en partenariat avec le groupe MNH (Mutuelle nationale des hospitaliers et des professionnels de la santé et du social), elle lançait un film de sensibilisation pour bousculer les idées reçues. Élise Jeanne

*Avec la société Eneis Conseil. 243 instituts de formation (principalement d’infirmiers et d’aides-soignants) ont répondu à un questionnaire en avril et mai 2015.

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