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« Suite à l’AVC de mon mari, je me bats pour le financement de notre maison adaptée. »
En attendant de pouvoir faire construire la maison en bois de leurs rêves, Frédérique et Éric louent un logement impropre au handicap de ce dernier. © DR

« Suite à l’AVC de mon mari, je me bats pour le financement de notre maison adaptée. »

Publié le 31 octobre 2016

Éric Cueff, 49 ans, a été victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) en janvier 2015 qui l’a laissé hémiplégique du côté droit. Depuis, sa femme Frédérique se bat pour trouver un prêt bancaire afin de faire construire une maison adaptée au handicap de son mari. En effet, suite à l’AVC d’Éric, leur banque a annulé leur demande de prêt en cours.

« Il y a quelques mois, un matin, je me suis levée et j’ai décidé de relancer notre projet de construction de maison. L’AVC de mon mari avait fauché tous nos projets professionnels et personnels mais je ne comptais pas me laisser abattre.

Je n’avais qu’une idée : créer une cagnotte. Elle grandirait en même temps que le réseau de solidarité autour de nous… Raconter notre histoire pour inciter d’autres personnes handicapées à ne pas subir la double peine de l’AVC et de l’isolement.

Hémiplégie du côté droit et aphasie totale

Notre vie a basculé en janvier 2015. Nous nous connaissions depuis six ans. Tous deux divorcés, nous avions envie de prendre un nouveau départ. Un soir, Éric rentre de son travail, souffrant d’un léger mal de tête. Un médicament et une bonne nuit devraient avoir raison de sa fatigue. Nous allons nous coucher.

Soudain, je sens qu’il se passe quelque chose d’anormal. Je rallume. Éric a les yeux grands ouverts et je lis dans son regard une peur effroyable. Son visage est comme déformé et le côté droit comme affaissé. Je le touche, je lui demande ce qu’il a. Malgré ses tentatives, pas un mot ne sort de sa bouche. Aide-soignante, je comprends rapidement qu’Éric est victime d’un accident cardiovasculaire cérébral.

S’il est rapidement pris en charge, les séquelles sont importantes. Hémiplégie du côté droit et aphasie totale. Après une semaine à l’Hôpital de Brest, Éric est transféré au Centre Pérharidy, à Roscoff, où il est suivi par un kinésithérapeute et un orthophoniste. Je prends conscience au bout de quelques semaines qu’il ne pourra plus jamais exercer son métier d’aide-soignant.

Refus du dossier de prêt

Quand l’AVC est arrivé, nous allions finaliser notre prêt immobilier cinq jours après. Nous avions trouvé un terrain et un entrepreneur pour construire la maison en bois de nos rêves. Je suis retournée voir la conseillère de la banque pour discuter de notre nouvelle situation. Nous avons revu le crédit, avec les nouvelles ressources et ça passait.

Le 27 avril 2015, vers 17 heures, je reçois un coup de téléphone : le dossier de prêt est refusé. L’annonce me cloue sur place. Je tente de comprendre et la conseillère m’explique que les revenus d’Éric ne peuvent pas être pris en compte dans nos ressources vu que ce sont des indemnités journalières. À aucun moment, elle n’avait cru bon d’aborder cette question jusque-là. Je sens la colère monter mais rien n’y fait…

Je démarche d’autres banques, j’appelle un courtier qui me confirme l’information. Tout ça pour rien. Je n’ai aucun recours. La convention Aeras ne s’appliquant que sur l’assurance et non sur l’emprunt lui-même.

C. Notre association “Après l’AVC : une maison pour la vie” pose les fondations de notre projet. Dans un premier temps, sensibiliser à notre situation. Dans un deuxième, regrouper les personnes victimes d’AVC car notre expérience nous donne l’impression d’être seuls au monde.

Notre ancienne vie, un long deuil

Nous changeons de banque et cette dernière semble un peu plus encline à nous accorder un crédit. Mais étant donné que je ne travaille qu’à temps partiel pour aider mon mari, qu’Éric ne percevra à terme qu’une pension d’invalidité ou l’AAH, il nous faut réunir un maximum d’argent pour payer un minimum de crédit, sur un minimum de temps. Sachant également qu’il nous faudra franchir l’obstacle des assurances de prêts… Bref, nous n’y sommes pas encore…

Faire le deuil de notre ancienne vie ne se fera pas du jour au lendemain. Éric se bat chaque jour pour retrouver un maximum d’autonomie mais il est aphasique sévère et n’a pas récupéré l’usage de sa main droite. Il marche avec une canne et un releveur de pied. Il a aussi déclenché, suite à son AVC, une épilepsie séquellaire. Il a du mal à supporter son état.

De mon côté, j’avais besoin de relever un défi pour tenir le coup. Toutes les démarches que j’entreprends demande beaucoup d’énergie, de temps et aussi de courage car le jugement des autres est parfois dur à supporter. Or, je ne peux pas subir tout cela sans rien faire.

J’espère que cela portera ses fruits pour un avenir plus serein et plus juste. Que notre combat donnera l’idée à d’autres de ne pas subir. Et, pourquoi pas, fera changer les choses pour que les personnes handicapées puissent accéder au prêt et à un logement adapté, comme les autres. » propos recueillis par Claudine Colozzi

Pour aider Frédérique et Éric, vous pouvez soutenir leur association Après l’AVC, une maison pour la vie.

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