Accueil > Emploi > « Même avec mon master, je n’ai eu aucune réponse positive. »
Samira Berredouane effectue un service civique d'un an. Objectif : acquérir de l'expérience mais aussi tester le volume de travail compatible avec son handicap. © DR

« Même avec mon master, je n’ai eu aucune réponse positive. »

logo-seephAprès avoir cherché, en vain, un emploi de juriste, Samira Berredouane, 28 ans, s’est engagée en service civique. Elle espère que son master en droit et cette expérience d’un an lui permettront de décrocher un poste.

Le droit mène à tout est-il coutume de dire. Y compris au service civique, pourrait ajouter Samira Berredouane. Depuis avril 2016, cette Niçoise de 28 ans, titulaire d’un master en droit bancaire et financier (bac+4), est volontaire pour la délégation de l’APF dans les Alpes-Maritimes. Un engagement d’un an comme chargée de mission communication et sensibilisation au handicap. « Ce n’est pas ce que j’avais imaginé comme plan de carrière, sourit-elle. Mais il faut savoir s’adapter. »

« S’adapter à mon nouveau style de vie. »

Depuis qu’elle a obtenu son master, en 2012, Samira Berredouane a dû beaucoup « s’adapter ». À son « nouveau style de vie », pour commencer. À peine ses examens finis, la jeune femme est victime d’un « problème de santé » dû à une malformation vasculaire et se retrouve paraplégique. Il lui faudra presque deux ans pour retrouver ses marques.

Elle s’engage alors comme bénévole à l’APF et démarre, parallèlement, sa recherche d’emploi : candidatures spontanées, inscriptions sur des sites spécialisés dans l’emploi pour les travailleurs handicapés, forums, etc.

« Pas même un entretien pendant un an. »

« Je pensais que cela ne serait pas trop difficile car beaucoup d’employeurs disent qu’ils ne trouvent pas de jeunes diplômés handicapés, se rappelle-t-elle. Mais même avec mon master, je n’ai eu aucune réponse positive, pendant un an. Pas même un entretien. » En novembre 2015, Samira Berredouane aperçoit le bout du tunnel : une entreprise veut l’embaucher sur son site niçois dont l’ouverture est imminente. Mais après plusieurs mois d’attente, elle comprend que le projet est mort-né.

« Tester le volume de travail compatible avec mon handicap. »

Au même moment, le directeur de la délégation APF lui propose un service civique d’un an. « L’âge limite de 26 ans, que j’avais dépassé, venait juste d’être porté à 30 ans pour les personnes handicapées. J’ai saisi l’opportunité qui m’était offerte. »

Après sept mois d’activité, le bilan se révèle positif. « Cela me permet bien sûr d’acquérir de l’expérience et d’élargir mes compétences. Mais aussi de tester le volume de travail compatible avec mon handicap : 24 heures par semaine, c’est assez. Au-delà, je fatigue et j’ai besoin de temps libre pour la kiné. »

« Continuer sur ma lancée. »

À cinq mois de la fin de son contrat, Samira Berredouane s’apprête à relancer sa recherche d’emploi. « Maintenant que j’ai repris le rythme de la vie active, j’aimerais continuer sur ma lancée, explique-t-elle. Je vais chercher un emploi de juriste, avec une ligne en plus sur mon CV : un savoir-faire en communication. » En espérant que le service civique mène à l’emploi. Franck Seuret

A propos de Franck Seuret

Franck Seuret
Journaliste éco-social et documentariste. Spécialiste de la politique sociale du handicap.

Lire aussi

2019, un cru marquant pour l’Agefiph

Un nombre de personnes accompagnées pour conserver leur poste ou trouver un emploi en hausse. …

2 commentaire

  1. Avatar

    Le service civique une étrange passerelle pour (re)trouver le chemin de l’emploi !
    Selon certaines études, le manque de formation des personnes en situation de handicap est un frein à l’embauche. Le parcours de Samira prouve le contraire et doit nous interroger sur la véritable volonté de nous inclure ou pas au sein du monde du travail ordinaire. Le patronat ne fait rien pour favoriser l’insertion des personnes en situation de handicap malgré les affirmations de Pierre GATTAZ. Pour l’Etat, il est plus simple d’accorder l’Allocation aux Adultes Handicapés lorsque le handicap est lourd au lieu de rechercher des solutions d’emplois. Il est toujours plus économique à court terme d’attribuer cette prestation au lieu de rendre accessible les lieux de travail. A long terme, les crédits accordés à ce poste budgétaire deviennent abyssaux mais traduit le manque de volonté politique en matière d’insertion professionnelle.

  2. Avatar

    J’ai le même problème, mais avec un doctorat.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial