Accueil » Accessibilité » Gares SNCF : l’accessibilité version TGV (Très Grande Variabilité)
Gares SNCF : l’accessibilité version TGV (Très Grande Variabilité)
Paris Gare de Lyon sera totalement accessible d'ici 2024. Mais d'autres gares, plus petites, ne seront jamais mises aux normes. ©Mbzt

Gares SNCF : l’accessibilité version TGV (Très Grande Variabilité)

Publié le 30 novembre 2016

La France compte 3 000 gares SNCF. Les travaux de mise en accessibilité des 160 plus grandes s’étaleront jusqu’en 2024 et un petit nombre est déjà aux normes. Mais les travaux prévus vont laisser sur le quai nombre de voyageurs handicapés : seulement une gare sur quatre sera accessible dans neuf ans.

À quelle date la gare de Paris Gare de Lyon sera-t-elle totalement accessible ? Entre 2022 et 2024. Et celle de Pau ? En 2021, au plus tard. Et celle de Nice ? En 2017. C’est en tout cas ce que prévoit le schéma directeur d’accessibilité – agenda d’accessibilité programmée (SDA-Ad’ap) des services ferroviaires nationaux.

les-160-plus-grandes-gares-accessiblesSignature en grande pompe

Ce volumineux document détaille le programme des travaux à mener pour mettre aux normes les 160 gares placées sous la responsabilité de l’État (carte ci-contre). Autrement dit, les plus importantes du pays : toutes les gares de la Capitale et des plus grandes villes de Province. Deux secrétaires d’État et le président de la SNCF ont officiellement signé ce SDA-Ad’ap mardi 29 novembre.

Le montant de l’investissement s’élève à 72 millions d’euros pour les bâtiments et de 700 à 800 millions d’euros pour les quais et les ouvrages permettant d’y accéder (passerelles, etc.). 620 millions ont déjà été investis entre 2005 et 2015, selon le gouvernement. Soit 1,5 milliard au total, l’équivalent de 50 rames TGV neuves.

Vingt-sept grandes gares accessibles fin 2015

Une gare n’est en effet considérée accessible que si, a minima, le bâtiment accueillant les voyageurs et les quais respectent les normes en vigueur. Pour être complet, il faudrait également que les bornes en libre service soient également adaptées. Ce qui n’est le cas dans aucune gare aujourd’hui. Un programme de rénovation matérielle et logicielle est en cours. Exception faite de ces bornes, sur ces 160 gares, seules 27 étaient accessibles fin 2015.

Neuf ans supplémentaires pour les travaux restants

Plus encourageant, 73 bâtiments voyageurs étaient déjà aux normes. Les travaux devraient être achevés dans la plupart d’entre eux d’ici fin 2018.

Mais l’aménagement des quais et des ouvrages étant plus lourde à mener, « la pleine utilisation des trois périodes de trois ans est nécessaire », souligne la SNCF. La nouvelle réglementation accessibilité, mise en place par l’ordonnance du 26 septembre 2014 ratifiée en juillet 2015, accorde en effet aux gestionnaires neuf années maximum pour réaliser les travaux. Soit jusque fin 2024.

sncf-accessibilite-chiffres

Près de 750 gares à rendre accessibles d’ici 2024

Ces 160 grandes gares inscrites au schéma directeur national d’accessibilité ne représentent toutefois qu’une petite partie des 3 000 points d’arrêt existant en France. 750 autres relèvent du schéma directeur régional d’accessibilité de l’Île-de-France, que Faire Face a déjà analysé dans un précédent article, et de différents schémas régionaux (Bretagne, Paca, etc.). Ces 750 gares, considérées comme « points d’arrêt prioritaire », sont couvertes par un plan de programmation des travaux et devront donc être rendues accessibles, si elles ne sont déjà.

Aucune obligation de mise en accessibilité ou de mesure de substitution ne s'impose aux 1 750 haltes ferroviaires. © François Goglins

Aucune obligation de mise en accessibilité ou de mesure de substitution ne s’impose aux 1 750 haltes ferroviaires. © François Goglins

Des mesures de substitution dans 500 gares

Quid des 2 250 autres alors ? Elles ne respectent pas les critères réglementaires de classification comme « point d’arrêt prioritaire » : accueillir plus de 1 000 voyageurs par jour (5 000 en Île-de-France) ou être situées dans un rayon de 200 mètres autour d’une structure d’accueil pour personnes handicapées ou âgées. Elles ne sont donc pas soumises à l’obligation de mise en accessibilité.

Des mesures de substitution doivent toutefois être mises en place dans les quelque 500 gares non prioritaires dans lesquelles travaillent des agents : aide humaine pour accéder au train ou transport en voiture adaptée.

En revanche, la réglementation ne prévoit rien de tel pour les 1 750 haltes ferroviaires, c’est-à-dire des points d’arrêt sans bâtiments voyageurs et/ou personnel présent en permanence.

Trois gares sur quatre inaccessibles

Au final, trois gares sur quatre vont donc rester inaccessibles. Certes, elles ne représentent qu’une toute petite partie du trafic. Mais pour l’Association des paralysés de France (APF), ce renoncement est inacceptable.

« Même si nous étions d’accord sur le principe de prioriser dans le temps l’accessibilité de certaines gares, nous avons toujours demandé que toutes soient rendues accessibles à terme », souligne Nicolas Mérille, le conseiller national accessibilité de l’APF. Reste aux voyageurs handicapés à ne pas se tromper de gare. Franck Seuret

L'intérieur d'une rame Intercités rénovée. ©Sncf

L’intérieur d’une rame Intercités rénovée. © SNCF

Et les trains ?

Seules les rames neuves doivent être accessibles aux personnes handicapées. Il n’existe aucune obligation pour le matériel déjà en service avant 2015, sauf s’il fait l’objet d’une « modification substantielle ». Heureusement, la SNCF lance régulièrement d’importants programmes de rénovation des rames TGV et Intercités intégrant des aménagements d’accessibilité. Cette dernière s’améliore donc progressivement.

Déposer un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*