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Réparer les fibres nerveuses grâce à la testostérone ?
Synthétisée par les oligodendrocytes, la myéline s’enroule autour des neurones pour constituer une gaine isolante et de protection. Sa destruction, comme dans la Sep, bloque la conduction nerveuse (paralysie). © Inserm/C. Fumat

Réparer les fibres nerveuses grâce à la testostérone ?

Publié le 16 décembre 2016

Une équipe de scientifiques français vient de mettre en évidence l’apport bénéfique de la testostérone. En particulier pour guérir d’une maladie démyélinisante comme la sclérose en plaques. Des résultats qui augurent de nouvelles perspectives thérapeutiques chez l’homme.

Après une agression, notre organisme entame spontanément une phase de réparation. Quels en sont les mécanismes, notamment dans le système nerveux ? C’est en se penchant sur cette problématique que des chercheurs du laboratoire “Petites molécules de neuroprotection, neurorégénération et remyélinisation” (Inserm/Université Paris-Sud) ont fait une découverte surprenante. En l’occurrence, ils ont mis en évidence dans un modèle animal (souris), le rôle inattendu de la testostérone dans le processus de réparation de la myéline.

Une hormone stimulant la synthèse de myéline

La myéline, une protéine, forme une gaine autour de nos fibres nerveuses. Isolante, une telle gaine a pour fonction d’aider à la rapidité de la transmission de l’information dans le système nerveux central. C’est-à-dire entre le cerveau ou la moelle épinière et le reste du corps. Malheureusement, la myéline peut être la cible de pathologies dites démyélinisantes. La plus connue d’entre elles ? La sclérose en plaques (Sep). Dans cette maladie, la destruction de la gaine de myéline perturbe la transmission nerveuse, entraînant divers symptômes dont des paralysies. Ce que montrent les travaux des chercheurs, c’est que la testostérone, plus précisément le couple hormone/récepteur, stimule les cellules qui synthétisent la myéline. Ainsi, en favorisant sa production, on permet à la la gaine de se régénérer, et ultimement aux symptômes de régresser.

Testostérone et myéline : un lien évolutif

Ces résultats, publiés dans le dernier numéro de PNAS, une revue anglo-saxonne prestigieuse, ont soulevé une question de taille. Quel rapport peut-il bien exister entre une hormone sexuelle mâle (androgène) et la réparation de la myéline ? La réponse se trouve du côté de l’évolution. En effet, le récepteur de la testostérone est apparu au même moment que la myéline chez les vertébrés. Ce qui expliquerait leur lien très fort avec le processus de myélinisation.
Pour Elisabeth Traiffort, directrice de l’équipe Inserm, un tel lien explique pourquoi « l’évolution de la sclérose en plaques diffère souvent chez les hommes et chez les femmes. Nos résultats, conclut la chercheuse, ouvrent la voie à de nouvelles perspectives thérapeutiques et pourraient également être bénéfiques pour la recherche sur les maladies psychiatriques ou le vieillissement cognitif ». O. Clot-Faybesse

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