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Accompagnement sexuel : Nina de Vries cajole les personnes ayant un handicap mental
Nina de Vries lors d'une formation organisée par l'Appas en mars 2015 en Alsace. © Sylvie Guillaume

Accompagnement sexuel : Nina de Vries cajole les personnes ayant un handicap mental

Publié le 20 janvier 2017

L’Association pour la promotion de l’accompagnement sexuel (Appas) organise aujourd’hui et jusqu’à dimanche une nouvelle formation d’accompagnants sexuels. Neuf stagiaires apprendront à intervenir auprès de personnes en situation de handicap souhaitant “se ré-approprier leur corporalité grâce à un accompagnement intime, sensuel et parfois sexuel”. Nina de Vries, accompagnante sexuelle à Berlin, est l’une des formatrices.

Elle cherche « l’émergence d’un sentiment de présence, de vérité, de vécu authentique ». Nina de Vries choisit le registre du sensible pour évoquer son métier d’assistante sexuelle. À Berlin, elle s’est spécialisée dans l’accompagnement de personnes ayant un handicap mental ou psychique, doublé souvent d’un handicap moteur. De cette expérience pas banale, elle témoignera lors de la formation, ces 20, 21 et 22 janvier, de l’Association pour la promotion de l’accompagnement sexuel (Appas), à Erstein (Bas-Rhin). Et cette expérience est riche.

Depuis une vingtaine d’années, l’Allemande de 56 ans accompagne à Berlin des hommes, pour la plupart autistes à un degré très avancé, entre 20 et 35 ans, mais aussi quelques personnes trisomiques et handicapése psychiques et quelques retraités atteints de démence. Au total, une douzaine de séances par mois et des rencontres avec les familles servant souvent d’intermédiaires.

Ne lui parlez surtout pas de prostitution, « c’est un gros mot ». « Travailleuse du sexe » lui convient mieux, même s’il faut évacuer les stéréotypes sur la question. Avec elle, ni acte sexuel ni baiser mais massages lents, douces étreintes, voire douches en commun.

L’assistance sexuelle ne peut se faire en novice

« Ma préférence va aux personnes dans l’impossibilité de se déplacer. En raison du degré de leur “handicap”, elles manifestent une perception unique en son genre. Elles ne cherchent pas à imiter, à faire comme si elles appartenaient au monde “normal”. Seul compte l’instant présent. »

Nina de Vries donne aussi de nombreuses conférences et formations en Allemagne et à l’étranger pour témoigner de son expérience et reçoit des personnes désireuses de se lancer. Son leitmotiv : plus encore que pour des personnes handicapées physiques, l’assistance sexuelle auprès de personnes ayant un handicap mental ne peut se faire en novice.

Le déclic dans un salon de massages érotique

Au début de sa vie active, Nina de Vries a été illustratrice et graphiste mais aussi, un an, aide-soignante dans une institution pour personnes handicapées. En perpétuelle recherche, l’amoureuse de voyages est partie suivre, en Hollande, une formation dans le domaine thérapeutique, une autre sur les massages. En 1994, elle se fait embaucher, réellement par choix, dans un salon de massages érotiques. « Je m’étais trouvée », explique celle qui a toujours assumé de fixer des limites à ses prestations.

Rapidement, elle s’installe à son compte en ouvrant une chambre dans sa maison berlinoise. Parfois venaient des personnes handicapées. Depuis son expérience d’aide-soignante, elle n’en avait plus peur. Progressivement, elle ne reçoit plus que des handicapés mentaux (et plus du tout de valides) « car ils ne sont pas en demande d’acte sexuel ». Cela aurait peu de sens pour les autistes très sévères qu’elle rencontre, tant leur relation aux autres est, dit-elle, difficile. Mais leurs pulsions existent et Nina leur apprend notamment à ne pas se masturber en public.

Communiquer sur ses désirs autrement que par la parole

Principale difficulté : ses clients, pour la plupart, ne s’expriment pas par la parole. « Mais ils signalent très clairement ce qui leur fait du bien ou ce qui les dérange. Parfois, il ne se passe rien. Parfois, ils sont agressifs. Il faut accepter de ne pas réussir à chaque fois. »

Ce public l’oblige à se renouveler sans cesse, tant les rencontres laissent peu de place aux automatismes. De cette activité hors normes, Nina de Vries, l’impatiente, a appris la lenteur et l’incertitude. Elle accepte aussi mieux ses propres imperfections. Élise Descamps

La formation du 20 au 22 janvier 2017 a lieu à l’hôtel Les Bords de l’Ill, à Erstein (Bas-Rhin). Retrouvez notre reportage lors de la première session, il y a deux ans.

Prochaine formation de l’Appas en mars 2017.

2 commentaires

  1. Notre fil schizophréne,va mieux depuis qqs semaines: peut-il avoir un conseil et par ailleurs la privation de toute sexualité contribu-t-elle à son mal-être, ou non, compte tenu des médicaments psychotiques privant mon fils de tout acte sexualité ?? Ou partiellement seulement ? Votre conseil svp?

    • je suis atteint d une maladie neuro auto immune rare post vaccinale (H1N1 de 2009) , en plus de me provoquer une forte souffrance physique , un handicap sup ) 80% , elle m a aussi privé totalement de la capacité érectile .la libido reste mais cela est impossible.il faut des années pour s’ adapter et « trouver  » agréable une autre forme de relation féminine et la bonne personne, juste le dialogue et s en satisfaire, néanmoins , il est fréquent que les traitements pour les pathologies psy induisent cette impuissance ou disparition de la libido masculine.Arréter ses traitements dans la schizophrénie ne me semble pas envisageable en raison du risque de rechute .il existe des solutions pour son problème à voir avec un urologue ( viagra ou edex)

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