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Missions impossibles pour le FIPHFP
Dominique Perriot, nouveau président (au centre) estime que le FIPHFP n'a aujourd'hui plus les moyens d'assurer ses missions sans changement de modèle économique. © DR

Missions impossibles pour le FIPHFP

Publié le 3 février 2017

Sans changement de modèle économique, le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP) se verra dans l’impossibilité de poursuivre ses missions. Son nouveau président, Dominique Perrot, s’en est inquiété au cours d’une conférence de presse, jeudi 2 février.

C’est le paradoxe de son modèle économique. Mieux il travaille, plus il manque de moyens. Le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHP), dont le nouveau président, Dominique Perriot, tenait jeudi 2 février une conférence de presse, est en effet alimenté par les contributions des employeurs publics ne respectant pas l’obligation d’emploi de 6 % de personnes handicapées.

Des contributions calculées sur l’écart entre ce taux légal de 6 % et le taux réel d’emploi dans la collectivité. Or, de 2010 à aujourd’hui, le taux d’emploi ayant progressé de 3,99 % à 5,17 %, les recettes ont, elles, baissé de 41 %.

La nécessité d’avoir un budget pérenne

Une situation intenable. « Le modèle économique du FIPHFP ne lui permet pas de continuer à assurer ses missions, a prévenu Dominique Perriot. Il faut réfléchir à un budget pérenne qui lui permette d’accompagner au long cours les personnes dans l’emploi. Aujourd’hui, c’est mission impossible. »

Le FIPHFP, en effet, intervient à plusieurs niveaux. Il aide les employeurs au recrutement, finance des aménagements de postes et passe des conventions incitatives avec ceux qui totalisent plus de 650 agents. Il contribue à l’accessibilité des bâtiments et du numérique, professionnalise les agents en situation de handicap, sensibilise l’environnement de travail et aide au maintien dans l’emploi.

Le défi d’une population vieillissante à maintenir dans l’emploi

« Quel que soit le candidat élu à la présidentielle, il faudra traiter ce problème de financement », a ajouté Dominique Perriot, expliquant que dans le cas contraire, il faudrait faire des choix entre les aides, la politique incitative auprès des employeurs et le maintien dans l’emploi des agents. Un problème dans les deux cas.

En effet, la population des travailleurs handicapés dans la Fonction publique est vieillissante. : Une personne sur quatre a 56 ans et plus,  plus d’une sur deux entre 41 et 45 ans. Ce qui implique déjà des efforts importants pour les employeurs en terme de maintien dans l’emploi. Et qui en demandera demain pour le recrutement de manière à maintenir le taux de 6 % avec les départs en retraite.

Les ponctions financières de l’État qui grèvent son budget

Comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement a pioché à plusieurs reprises dans les finances du FIPHFP. Vingt-neuf millions d’euros en 2015 et en 2016, autant de prévus pour 2017 soit 87 millions d’euros en tout. Des fonds destinés à financer des emplois aidés et non des mesures spécifiques pour l’emploi des personnes en situation de handicap.

Dernier événement en date, le non versement de la contribution des universités, chiffrée par Najat Vallaud-Belkacem à 30 millions d’euros. La somme nécessaire selon la ministre de l’Enseignement supérieur pour sécuriser les universités face aux menaces terroristes. « Est-ce que la situation financière de la France et l’état d’urgence justifient que l’on néglige les problèmes des personnes en situation de handicap ? Le handicap, elles le portent tous les jours », s’est insurgé Dominique Perriot.

L’emploi accompagné, seule éclaircie

Seul point positif pour le nouveau président du FIPHFP, la mise en œuvre de l’emploi accompagné qui doit permettre un suivi tout au long de la carrière des travailleurs accompagnés. Le FIPHFP y consacrera 500 000 euros en 2017 et autant en 2018.

Au sens de son président, ce dispositif devrait permettre de mieux anticiper, de penser le recrutement en amont et de laisser plus de temps au candidat comme aux collègues pour se préparer. « Nous avons deux ans pour observer », a dit Dominique Perriot. Corinne Manoury

5 commentaires

  1. Les « ponctions » de l’Etat: on pourrait « comprendre » que si cela était et est possible, ces millions dormaient et n’étaient pas non plus dépensés pour l’action propre de ce fonds. Ce nouveau responsable constate et après? Que fait-il en face à face avec les décideurs, un gouvernement je présume? Ce président FIPHFP connaissait la situation avant d’accepter le poste?

  2. Les ponctions il y en a marre ce sont toujours les mêmes qui sont lésés déjà que l on est handicapes il faut en plus que l on ne soit plus aidés
    Est ce pour cette raison que votre plate-forme est fermée jusqu en avril???

    • c’est vrai que cette ponction est dure à avaler :
      – parce que cette argent n’a pas été utilisée avant alors que les besoins sont gigantesques
      _ parce que nous sommes les plus fragilisées et souvent les moins entendues

  3. Bonjour à tous, C’est curieux comme l’argent manque quand il s’agit de fonds publics… Budget de fonctionnement ? Les grosses machines administratives coûtent cher et en plus l’argent s’évapore… Quand je vois les prouesses effectuées par les associations handicap, c’est consternant. Nous sommes dignes de respect et de dignité, ça suffit.

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