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Accompagnement sexuel : la communication très soft de l’Appas sur les réseaux sociaux

Accompagnement sexuel : la communication très soft de l’Appas sur les réseaux sociaux

Publié le 10 février 2017

D’habitude plus directe, l’Association pour la promotion de l’accompagnement sexuel (Appas) a choisi un ton très consensuel pour sa première campagne de communication, lancée le 31 janvier sur Facebook et Twitter. Trois visuels représentant un homme en situation de handicap aidé dans sa vie quotidienne sont accompagnés de messages laissant entendre qu’il a aussi d’autres besoins. Marcel Nuss, président de l’association, explique l’enjeu et les choix de cette campagne.

Faire Face : Pourquoi lancer une campagne de communication visant le grand public ?

Marcel Nuss : Notre cause est encore trop confidentielle. Notre pétition pour la reconnaissance de l’accompagnement sexuel, lancée fin décembre 2016, n’a pour le moment atteint que 1 200 signatures. Nous voulons toucher les élus, les parlementaires pour faire évoluer la loi et rendre l’accompagnement sexuel complètement légal. Mais pour les convaincre, le lobbying du monde du handicap seul ne suffira pas. Nous avons besoin du soutien du plus grand nombre et donc de faire évoluer le regard.

La première photographie a commencé à circuler. Deux autres de la même série suivront à deux semaines d’intervalle puis à nouveau trois autres à la même fréquence, avec cette fois-ci une femme en situation de handicap. Si nous obtenons une bonne visibilité sur les réseaux sociaux, nous continuerons jusqu’à la présidentielle. Avec le même objectif : nous allons commencer à contacter individuellement les parlementaires et nous allons sortir un livre d’état des lieux de l’accompagnement sexuel.

FF : Votre message n’est pas aussi direct qu’à votre habitude, ni les visuels, ni le texte n’évoquent explicitement l’accompagnement sexuel. Pourquoi ?

M.N : Cette stratégie nous a été conseillée par Chloé Rambert, la communicante professionnelle qui nous a proposé ses services bénévolement. En matière de sexualité, la facilité serait d’y aller frontalement car le sujet est vendeur. Nous savons être provocateurs avec d’autres cibles. Là, ce n’était pas pertinent, le grand public n’étant déjà pas suffisamment sensibilisé à la question du handicap.

La première étape est de lui faire prendre conscience que les personnes handicapées ont les mêmes besoins que quiconque : s’habiller, se déplacer, etc. Ensuite, laisser entendre que parmi ces besoins, il n’y a pas que ces aspects “basiques”. Nous ne précisons pas quoi pour susciter la curiosité, amener les gens à se poser des questions et inclure la sexualité dans le quotidien.

L’internaute en saura plus en cliquant sur le lien renvoyant vers notre site. Avec cette approche, nous espérons enrichir l’image de l’Appas, qu’elle ne soit plus vue seulement comme polémique.

FF : Dans cette campagne web, pourquoi ne pas utiliser la vidéo ?

M.N : Par manque de moyens ! Évidemment, ce serait un plus et nous avons une idée à mettre en œuvre, nous l’espérons cette année, mais financièrement, l’association ne peut encore se le permettre. C’est aussi pour cela qu’elle doit se faire davantage connaître et que le travail d’approche ne doit pas être trop agressif.

Nous voulons gagner des sponsors. La campagne actuelle a été réalisée entièrement bénévolement par la communicante, en Savoie, un photographe professionnel, en Alsace, avec l’aimable contribution des figurants (la personne en fauteuil a bénéficié d’un accompagnement sexuel via l’Appas). Nous n’avons eu essentiellement à payer que Facebook. Propos recueillis par Élise Descamps

 

 

 

 

Un commentaire

  1. Je suis l’action de Marcel Nuss depuis des années et j’adhère totalement à son approche, celle de hier et celle illustrée ici.

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