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Roues libres : hémoglobine, humour noir et fauteuil roulant
Un regard "volontairement provocateur, décalé et intelligent sur le handicap". © Pretty Pictures

Roues libres : hémoglobine, humour noir et fauteuil roulant

Publié le 15 février 2017

Roues libres, actuellement en salles, est un polar hongrois mettant en scène trois handicapés devenus tueurs à gages. Affrontant sans tabous le handicap, le réalisateur Attila Till livre une comédie d’action où les vannes fusent autant que les balles. Et quand, en plus, deux des comédiens principaux sont réellement en situation de handicap, on se dit que c’est vraiment la bonne surprise du moment.

Avant Roues libres le réalisateur hongrois Attila Till était inconnu en France. Sacré baptême du feu ! Ce thriller émouvant met en scène la rencontre entre Zolika, 20 ans, handicapé moteur depuis l’enfance, dingue de BD, et Rupaszov, un ancien pompier, en fauteuil roulant suite à un accident du travail, désabusé et alcoolique. Contre toute attente, ces deux hommes, que tout sépare, y compris leur rapport à leur paraplégie, vont s’unir pour devenir tueurs à gage à la solde du caïd local. En usant, comble de l’ironie, de leur handicap !

Une approche décomplexée du handicap

Grand gagnant du dernier festival d’Arras où il a raflé pas moins de quatre prix, ce film a séduit LADAPT qui le programmera bientôt dans son festival Ouverture de Champ. « Roues libres appartient à cette nouvelle génération de films avec et sur le handicap dont le regard volontairement provocateur, décalé et intelligent, peut faire évoluer la société », précise l’Association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées. On ne saurait mieux dire !

Dans la veine de Hasta la vista de Geoffrey Enthoven ou Aaltra de Gustave Kervern et Benoît Delépine, avec des clins d’œil plus qu’appuyés à l’univers de Tarantino, Roues libres séduit par son approche décomplexée du handicap. Bien sûr, certains scènes pourront peut-être « heurter la sensibilité des spectateurs », mais jamais rien de gratuit ni de déplacé.

© Pretty Pictures

On saura gré aussi au réalisateur d’avoir choisi deux acteurs en situation de handicap sur les trois héros principaux du film. « Il était crucial, à mes yeux, de faire un film sur les personnes handicapées qui ne soit, pour une fois, pas interprétées par des acteurs, afin de leur donner l’opportunité de jouer eux-mêmes, et d’incarner les véritables héros », explique Attila Till. Mention spéciale à Zoltan Fenyyvesi, qui incarne Zolika, dont c’est le premier rôle.

Paralysés, mais mus par un élan vital irrésistible

Pourquoi avoir choisi d’embarquer dans cette galère sanguinolente des héros handicapés ? Le réalisateur dit s’être inspiré de sa propre expérience lorsqu’il était bénévole dans un établissement accueillant des personnes handicapées. C’est peut-être pour cela, en plus du vécu des comédiens, que les situations sonnent juste.

Ce qui frappe aussi, c’est l’extraordinaire énergie qui se dégage de certaines scènes, notamment dans la formidable scène d’ouverture dans le réfectoire du centre de rééducation où vivent les protagonistes du film. Si nos héros sont paralysés, ils n’en restent pas moins mus par un élan vital irrésistible. Claudine Colozzi

Roues libres à l’honneur d’Ouverture de Champ
Du 6 avril au 8 juin 2017, LADAPT lance la 3e édition d’Ouverture de Champ dans dix villes françaises. Roues libres sera diffusé dans le cadre de ces soirées organisées pour sensibiliser le grand public au handicap à travers l’image et l’humour. Cette édition 2017 sera animée par Adda Abdelli, co-auteur et comédien de la série Vestiaires.
Événement gratuit dans la limite des places disponibles.

 

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