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Martine Vignau : « Le dialogue social, autre outil d’accès à l’emploi des personnes handicapées. »
Moins cités que les entreprises comme acteurs de l'accès à l'emploi des personnes handicapées, les syndicats siègent cependant dans de nombreuses instances où ils peuvent faire avancer cette question.

Martine Vignau : « Le dialogue social, autre outil d’accès à l’emploi des personnes handicapées. »

Publié le 1 mars 2017

Aux rencontres de l’Association promotion de l’accessibilité et de la conception pour tous (Apact) sur le thème de l’emploi, le 22 février, Martine Vignau, secrétaire nationale de l’Union nationale des syndicats autonomes (Unsa), membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese) et vice-présidente du Comité national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) a prôné une plus grande collaboration entre le médico-social et le monde du travail. Elle a aussi insisté sur l’importance du dialogue social pour faire progresser la politique du handicap.

Faire Face : Vous dites qu’il faut faire le lien entre le médico-social et le monde du travail pour faire avancer l’emploi des personnes handicapées. Pourquoi ?

Martine Vignau, secrétaire générale de l’Unsa, vice-présidente du CNCPH.

Martine Vignau : Parce que c’est un sujet transversal qui devrait être porté directement par le Premier ministre. Le secrétaire général du Comité national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) est certes placé sous sa responsabilité. Mais l’administration sur laquelle il s’appuie est toujours la Direction générale de la cohésion sociale. Elle a toutes les compétences pour le secteur médico-social. Mais comment pourrait-elle imposer des choses à la Direction générale à l’emploi et à la formation professionnelle ? Il faut faire travailler ces administrations ensemble, trouver un trait d’union.

FF : L’emploi accompagné inscrit dans la loi travail n’est-il pas une première pierre posée dans cette démarche ?

M.V : C’est vrai. Mais le premier jet du décret qui l’institue concernait essentiellement le médico-social. Il y a donc eu des discussions pour que l’administration concernée par l’emploi soit aussi sollicitée.

Que les agences régionales de santé (ARS) portent les appels à projets pour l’emploi accompagné, c’est très bien. Mais cela ne peut se faire qu’en lien avec les Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte). Il ne peut y avoir d’avancée sans une rédaction parallèle côté travail.

« Lors de la négociation annuelle obligatoire avec l’employeur, pourquoi n’y aurait-il pas une discussion sur les travailleurs handicapés ? »

FF :  Aux rencontres de l’Association promotion de l’accessibilité et de la conception pour tous (Apact), le 22 février dernier, vous avez insisté sur l’importance du dialogue social. En quoi est-ce une clé ?

M.V : Parce qu’il y a dans toutes les entreprises de plus de cinquante personnes un comité d’entreprise avec des délégués du personnel. C’est un espace de dialogue social, au-delà des accords d’entreprises sur le handicap qui sont signés pour trois ans.

Lors de la négociation annuelle obligatoire (NAO) avec l’employeur, la question de l’égalité homme-femme est abordée. C’est un thème fixé par la loi. Mais pourquoi n’y aurait-il pas également une discussion sur les travailleurs handicapés ? De manière à leur assurer le même salaire, la même évolution de carrière…

FF : Le deuxième outil serait pour vous les accords d’entreprises. Quelle lecture faites-vous du bilan dressé en 2015 sur ce sujet ?

M.V : Ce bilan dit que les territoires où se trouvent les sièges sociaux, les centres de décision sont les plus concernés. L’île-de-France totalise ainsi 64 % des accords. La taille des entreprises est aussi déterminante. 86 % ont plus de 500 salariés.

Quant aux accords de branche, il n’y en a que cinq dont un signé avec l’Unsa pour le LEEM qui concerne la pharmacie. Pourtant, cela pourrait être une bonne solution pour de plus petites entreprises. La branche professionnelle porterait l’ingénierie et l’accord cadre pourrait descendre dans les PME. Elles pourraient alors bénéficier d’exonérations. Propos recueillis par Corinne Manoury

Un commentaire

  1. Sincèrement, pour comprendre cet article, pour le lecteur lambda, il faut vraiment être initié, pointu. Ou alors, il faudrait, peut-être, activer toutes les entités indiquées en bleu.

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