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Marche citoyenne des oubliés : remettre le handicap au cœur de la présidentielle
Après avoir parcouru près de 450 kilomètres, les marcheurs de la marche citoyenne des oubliés ont été rejoints à l'esplanade du Trocadéro, à Paris, le 11 avril 2017. © Claudine Colozzi

Marche citoyenne des oubliés : remettre le handicap au cœur de la présidentielle

Publié le 12 avril 2017

Dix-sept jours après avoir quitté Nantes, Yoann, Philippe, Jean-Pierre et Nicolas de la délégation APF-Territoire 44 ont achevé leur marche citoyenne des oubliés mardi 11 avril à Paris. 450 kilomètres parcourus en handkibe et en vélo-béquilles pour braquer les projecteurs sur le quotidien des personnes en situation de handicap et des millions d’exclus.

Parvis des Droits de l’Homme, place du Trocadéro à Paris. Au milieu des touristes qui se hâtent de découvrir la Tour Eiffel sous un soleil éclatant de printemps, entre 200 et 300 personnes se pressent autour de quatre marcheurs citoyens, les héros du jour. Fatigués mais ravis de cet accueil chaleureux, Yoann Durand, Philippe Raimbault, Jean-Pierre Chambon  et Nicolas Bouchet, tous les quatre en situation de handicap, répondent aux questions des journalistes.

« Liberté, Égalité, Fraternité. Vous nous avez oubliés. »

Une volonté d’être considérés comme des citoyens comme les autres. © Claudine Colozzi

Ils sont fiers d’avoir réussi le défi qu’ils s’étaient lancé à travers cette marche citoyenne des oubliés : parcourir 450 kilomètres de Nantes à Paris pour sensibiliser médias et citoyens à la cause des exclus. « Liberté, Égalité, Fraternité. Vous nous avez oubliés », scandent les personnes présentes, notamment des résidents de la Résidence Clothilde Lamborot de Pantin (93) à l’adresse des politiques.

Car le but de cette marche, initiée par l’APF, est bien d’interpeller les onze candidats à l’élection présidentielle. « Les personnes en situation de handicap ne veulent pas être les exclues de la campagne et veulent que la construction d’une société inclusive et solidaire soit effective pour tous », rappellent ceux qui ont porté ce discours à travers trois régions via des conférences, des rencontres ou des sit-in.

« Pouvoir s’exprimer, c’est exister. »

« Nous sommes tous des électeurs », « Pouvoir s’exprimer, c’est exister », « Plus de bâtons dans les roues », les manifestants clament leur volonté d’être entendus à travers les slogans de leurs pancartes. Différentes personnalités, dont Pascale Ribes, vice-présidente de l’APF et Grégoire Charmois, directeur de la délégation APF-Territoire 44, se succèdent au micro. Ils rappellent l’urgence de prendre en considération les neuf millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté en France dont 1,2 million en situation de handicap.

Parmi les propositions de l’APF, la création d’un revenu individuel d’existence pour toutes les personnes en situation de handicap qui ne peuvent pas ou plus travailler. Au moins égal au seuil de pauvreté (1 008€ par mois) et déconnecté des revenus du conjoint ou du concubin, il doit apporter une réponse durable afin qu’aucune personne en situation de handicap ne vive sous le seuil de pauvreté.

Nicolas Dupont-Aignan a tenté une courte apparition

Mais la marche citoyenne des oubliés ne s’arrête pas là. À partir d’aujourd’hui, les marcheurs vont porter les quarante propositions de l’APF dans les QG de campagne. Sur les onze candidats, seul Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) a tenté une courte apparition sur l’esplanade du Trocadéro. Courtoisement mais fermement renvoyé dans ses cordes par les militants acharnés à repousser toute « récupération politique » de cette manifestation citoyenne. Claudine Colozzi

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Un commentaire

  1. Malgré mon handicap, j’ai eu la chance et peut être le mérite, de bien gagner ma vie. En conséquence j’ai payé beaucoup d’impôts et je continue maintenant à la retraite. Or, si chacun paye des impôts il en retrouve un bénéfice légitime dans les politiques publiques. Moi, pour l’essentiel je n’ai pu qu’observer le non respect presque institutionnel des lois d’accessibilité.Par mes divers impôts j’ai pourtant contribué à financer des infrastructures d’écoles, lycées, fac, hôpitaux, trottoirs, mairies etc. auxquelles pour la plupart l’accès m’était refusé. En fait toute ma vie j’aurais financé l’accès des valides et mon exclusion presque systématique.
    Ce qui est considéré comme une évidence, un dû pour les valides (les normaux, ceux de la norme), est considéré comme un geste de bienfaisance, aléatoire et discrétionnaire à notre égard.
    I want my money back disait la mère Thatcher.

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