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« Étudiant handicapé, j’ai passé une année Erasmus en Irlande. »
Victor Fourcin devant la bibliothèque de la Trinity College, l'université de Dublin où il a étudié pendant un an. © DR

« Étudiant handicapé, j’ai passé une année Erasmus en Irlande. »

Publié le 24 avril 2017

Victor Fourcin, 25 ans, atteint d’infirmité motrice cérébrale, a vécu un année Erasmus à Dublin dans le cadre de son cursus en sciences politiques. Aujourd’hui titulaire d’un double master, il évoque les obstacles rencontrés mais aussi les bénéfices d’une expérience à l’étranger.

« Si on m’avait demandé, à 15 ans, si je voulais faire des études à l’étranger, j’aurai traité mon interlocuteur de fou ! C’était inimaginable. Je suis infirme moteur cérébral à la suite d’une naissance prématurée. Je me déplace en fauteuil roulant : un manuel pour les courts trajets, sinon un électrique.

En Irlande, pendant l’année scolaire 2012-2013, j’avais emporté les deux. Heureusement : la batterie de mon engin électrique a grillé à cause de la pluie, le jour de la Saint-Patrick, sur l’une des principales artères de Dublin. J’ai dû faire sans pendant deux mois. C’est simple : si je n’avais pas été très bien inséré socialement, je n’aurais pas pu continuer les cours.

La clef d’une année d’étude à l’étranger réussie, c’est l’organisation. Dès mon entrée à Science Po Strasbourg en 2009, je savais que je devais faire ma troisième année à l’étranger. Cela m’a permis de la préparer bien en amont, avec le soutien de mes parents, la collaboration de l’université de Strasbourg – qui a accepté que je sois prioritaire dans les affectations Erasmus – et l’accompagnement de HandiSup Haute-Normandie, mon département d’origine.

« Un séjour de repérage pour calmer les angoisses. »

Six mois avant mon départ, l’association a financé un séjour de repérage sur place. Pendant trois jours, avec mon père, nous avons pu vérifier l’accessibilité des transports en commun, visiter des logements adaptés… Nous avons aussi rencontré les interlocuteurs qui allaient m’accompagner au cours de l’année universitaire :  le référent handicap du Trinity College, une structure d’auxiliaires de vie et la responsable des logements du campus. Pour moi comme pour mes parents, ce séjour a calmé bien des angoisses.

Dans mon cas, la marche la plus haute avait déjà été franchie en quittant le domicile familial de Rouen deux ans auparavant. Une fois à l’étranger, il y a eu la barrière de la langue en plus. Cela renforce les difficultés en cas de problème, mais en termes stricts d’autonomie, cela ne change pas grand chose.

Pour autant, vivre loin seul, gérer les imprévus sans passer par ses proches, suivre une scolarité normale, s’exprimer dans une langue étrangère pour obtenir ce que l’on veut… C’est une expérience qu’il faut vivre pour pouvoir se dire : “j’en suis capable”.

« Je serais désormais capable de travailler à l’étranger. »

J’ai finalement obtenu ce que j’attendais de ce séjour : d’abord, m’intégrer dans un pays étranger et faire des rencontres. C’est tout l’enjeu d’Erasmus. Ensuite, poursuivre mon cursus en apprenant la langue anglaise. Elle est assez incontournable pour moi qui souhaite travailler dans les relations internationales.

L’an dernier, j’ai validé un second master à Grenoble en économie du développement. Après cette année passée à Dublin, si une opportunité professionnelle se présentait demain à l’étranger, je serais capable de la saisir. » Aurélia Sevestre

Des aides à la mobilité pour les étudiants handicapés

Encore trop peu de jeunes en situation de handicap, dans le cadre de leurs études secondaires, vivent une expérience à l’étranger. Comment favoriser leur mobilité européenne ? Cette question animera, ce 24 avril à Paris, les débats des 5e Rencontres professionnelles de l’orientation des jeunes handicapés.

De rares dispositifs existent déjà, à l’image de l’accompagnement individualisé proposé par HandiSup Haute-Normandie. Depuis 2010, l’association offre une aide au départ financé par le Crédit agricole, réservée aux étudiants handicapés de la région. Son montant peut varier de 300 à 3 000 € selon les besoins du jeune et le pays de destination.

« Nous essayons de répondre à toutes les questions pratiques liées au handicap en amont : sur place, le jeune aura-t-il besoin d’un logement adapté, d’une aide humaine, d’un suivi médical, précise Virginie Zazzali, chargée d’accompagnement à Handisup. Puis nous regardons le budget. Mais le premier obstacle, c’est le jeune lui-même : il faut être prêt à partir. Nous leur montrons que c’est possible. »

Bon à savoir : en complément des bourses des collectivités (Région, Département…), le programme Erasmus + prend en charge la totalité des frais supplémentaires liés au handicap.

2 commentaires

  1. je suis très emue , chapeau bas pour ce monsieur qui a de la chance d’être née en france et d’avoir une telle bourse d’études , je suis tunisienétudiant en deuxième année genie mécanique et je combat la maladie de crohn , je rêve aussi de poursuivre mes études en europe . (j’ai une vidéo sur youtube : « mon histoir intitulé oiseau guérrier ») je compte sur votre génerosité de m’aider .

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