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Les aventures de Fred Wheelchair ou comment voyager en fauteuil électrique
Aux États-Unis, Fred aime les rencontres avec les locaux. Et les partage avec humour. © Les aventures de Fred Wheelchair

Les aventures de Fred Wheelchair ou comment voyager en fauteuil électrique

Publié le 9 juin 2017

Un énergique tétraplégique raconte sur son site web et sa page Facebook ses escapades aux États-Unis et ailleurs. Une vie de voyages qu’il rend possible grâce à une multitude d’astuces. Avec cette philosophie : « Si je peux le faire, pourquoi pas toi ? »

Il s’appelle Fred. C’est un grand gaillard d’1 mètre 90 aux cheveux longs et blonds. À 18 ans, alors qu’il se destinait à une carrière de handballeur, il a eu un accident de sport. C’était il y a un peu plus de vingt-cinq ans. Il est devenu tétraplégique. Mais l’apprentissage d’une nouvelle vie – en fauteuil électrique – n’a pas entaché son dynamisme.

Deux ans après son accident et une année complète de rééducation, il reprend une vie professionnelle. À plein temps. En parallèle, il monte un club de handball avec quelques copains. Six ans plus tard, ce club comptera quelque 180 licenciés et se sera hissé au niveau national. Trop de responsabilités pour Fred, qui se met en retrait.

Séance chez le barbier à New York. © Les aventures de Fred Wheelchair

« J’ai trouvé qu’il était temps de penser à moi. »

Au début des années 2000, les ennuis de santé le rattrapent. Retour à l’hôpital. Il décide alors d’arrêter de travailler. « J’ai trouvé qu’il était temps de penser à moi, d’arrêter un peu de m’occuper des autres », dit celui qui faisait aussi du bénévolat auprès de jeunes déscolarisés. « Comme j’ai toujours eu la tchatche, ce n’était pas très difficile de nouer le contact. Mais c’était amusant de voir comment le fauteuil imposait le respect à ces jeunes qui avaient eu des ennuis avec la justice », remarque-t-il.

Les États-Unis, paradis des fauteuils roulants

Or, penser à lui, c’est s’offrir des voyages. Normal pour un gars qui a la bougeotte ! Pour les Noël des années 1993 à 1995, il est parti trois fois à la Nouvelle-Orléans en compagnie de son frère et de quelques copains. Et là, il a découvert que les États-Unis, c’était « le paradis des fauteuils roulants ». « Il n’y a aucune question à se poser. Tout est accessible, dit-il. Ça change de la France. Alors que nous sommes pourtant si doués pour donner des leçons. »

Sport, musique et cinéma

Et Fred aime le sport, la musique et le cinéma. Outre-Atlantique, il y a largement de quoi satisfaire ses envies dans ces domaines. Sur son blog, “Les aventures de Fred Wheelchair”, il consacre ainsi une rubrique aux sports américains et une autre aux États-Unis dans le panthéon de ses films préférés. De certains, il a d’ailleurs tiré quelques phrases culte, comme « Tu vois, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses. »

Coup de pompe à Hollywood. © Les aventures de Fred Wheelchair

La meilleure formule pour voyager

Mais pour pouvoir s’offrir deux voyages de trois semaines par an, Fred a dû trouver des astuces. Certes, il a économisé durant les années où il travaillait. Mais surtout, il est devenu, selon ses dires, « antimatérialiste ». « Je ne m’achète plus de fringues. J’ai un modèle de téléphone antédiluvien. Et surtout, j’échange mon appartement. Comme ça, il n’y a pas de dépenses d’hébergement, explique-t-il. Les gens sont tellement attachés aux choses matérielles qu’ils ont peur de laisser leur télé. C’est ridicule, les gens ne viennent pas pour vous piller. »

L’Arizona en octobre prochain

Pas de frais d’hébergement, c’est plus de budget pour la location de voitures. Car il cherche celles où il peut rentrer directement avec son fauteuil. Et pour trois semaines, la facture peut monter à 2 000 euros. Quant à trouver une personne pour l’accompagner, il dit qu’avec les réseaux sociaux, c’est devenu vraiment simple. Il y a quelques jours,  Fred a ainsi rencontré celle qui fera le voyage avec lui en Arizona en octobre prochain. Une étudiante dans une école d’infirmières à qui il paye un tiers du billet d’avion.

Un vade-mecum du voyage en fauteuil

« Le bonheur ne frappe pas à la porte. Il faut aller le chercher », dit celui qui raconte mille et une anecdotes de ses voyages. Comme cette rencontre avec Yannick Noah à New York ou son dimanche à Miami en pleine Gay Pride. Et pour convaincre ceux qui hésiteraient encore à prendre l’avion avec leur fauteuil, il détaille point par point comment ça se passe. Se dit prêt aussi à donner des conseils à ceux qui en auraient besoin. À bon entendeur ! Corinne Manoury

Un commentaire

  1. Un véritable globe rouleur plein d’énergie positive… merci !

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