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En grève de la faim pour son frère handicapé
Jennifer Minier ne cessera sa grève de la faim que lorsque que son frère, autiste, aura trouvé une place dans un établissement adapté à ses besoins.

En grève de la faim pour son frère handicapé

Publié le 16 juin 2017

La sœur d’un jeune homme handicapé et la mère d’un autre garçon autiste vont entamer une grève de la faim, lundi 19 juin. Elles réclament une prise en charge pour leur proche. Plusieurs dizaines de milliers de personnes en situation de handicap se trouvent aujourd’hui sans solution.

Jennifer Minier a décidé de tenter le tout pour le tout. Cette jeune femme de 25 ans débutera une grève de la faim illimitée lundi 19 juin, place de la République à Paris. Son objectif : obtenir que son frère Morgan, atteint d’épilepsie et de troubles du comportement à tendance autistique, trouve une place dans un établissement adapté à ses besoins.

« Ce n’est plus possible. »

Voilà un an et demi que ce garçon de 23 ans ne bénéficie plus d’aucune prise en charge professionnelle. Il vit avec sa mère, son jeune frère et sa sœur, Jennifer, qui se relaient pour prendre soin de lui. « Son épilepsie ne nous permet pas de le laisser seul, même pour dix minutes, explique Jennifer Minier sur la pétition qu’elle a lancée. Il lui faut constamment une surveillance. Nous devons lui faire prendre ses médicaments, le laver, l’habiller, lui faire à manger. Ce n’est plus possible. »

Le même jour, au même endroit, Élisabeth Chaves démarrera, elle aussi, une grève de la faim. Cette mère d’un enfant autiste de 16 ans ne s’alimentera pas pendant une semaine. Elle réclame une solution pour son fils. En février 2017, Romain Fischer a été exclu de son institut médico-éducatif.

Journées de jeûne par solidarité

Jennifer Minier et Élisabeth Chaves sont soutenues par le Collectif Émilie d’aide aux familles en situation de handicap et plusieurs associations (Handignez-vous, Autisme Tarn, etc.).

« Nous les accompagnons dans leurs démarches depuis plusieurs mois et comme rien n’avance, nous comprenons leur désespoir, explique Karine Heguy, à l’origine de la création de ce collectif. Nous sommes inquiets pour leur santé mais nous n’avons pas d’autre choix que de les soutenir. » Par solidarité, elle et d’autres personnes observeront une journée de jeûne de solidarité, la semaine prochaine.

Une solution, oui, mais pas n’importe laquelle

Les cas de Morgan Minier et de Romain Fischer sont emblématiques des dizaines de milliers de personnes en situation de handicap sans solution. Plus de 33 000, en septembre 2015, selon le décompte de l’Unapei.

« Cela pose la question du manque de places mais aussi du type de solutions proposées, précise Karine Heguy. Ces personnes doivent pouvoir bénéficier d’une prise en charge correspondant à leurs besoins. Pour leur bien être et celui de leurs proches. »

Émilie Loridan, mère de deux enfants handicapés.

Un collectif  à la mémoire d’une mère qui s’est suicidée

Plus généralement, ces associations dénoncent « un système injuste qui broie les vies » des nombreuses personnes handicapées et de leur famille. Le collectif Émilie a d’ailleurs été créé en réaction au suicide d’une mère de deux enfants handicapés. Suite à un imbroglio administratif, Émilie Loridan s’est retrouvée privée d’une partie de ses ressources. Elle s’est donné la mort le 3 juillet 2016. Franck Seuret

Jennifer Minier a créé une page Facebook pour rendre compte de sa grève de la faim 

Le cabinet de Cluzel réagit

Jeudi 15 juin après-midi, Patrice Fondin, le conseiller éducation de Sophie Cluzel a contacté Jennifer Minier et Élisabeth Chaves. Une première prise de contact qui semblait inévitable.

Mardi 13 juin, la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées avait en effet publié un message sur son compte Facebook. Elle invitait à lui envoyer un courrier, y compris pour des « problématiques concernant des cas personnels ». « Tous les courriers obtiendront une réponse », ajoutait-elle.

Emmanuel Macron s’est engagé, lors du débat d’entre-deux tours, à ce que plus aucune personne ne se retrouve sans accompagnement ou sans place en établissement.

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