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« Je veux que les taxis transportent les enfants handicapés en toute sécurité. »
Sonia Sammou : « Je me bats pour que les chauffeurs de taxi transportant les enfants handicapés soient formés. Cela devrait être obligatoire pour avoir le droit d'accéder à ce marché financé par des fonds publics. »

« Je veux que les taxis transportent les enfants handicapés en toute sécurité. »

Publié le 23 juin 2017

Les nouveaux députés devraient bientôt entendre parler d’elle. Sonia Sammou est la mère d’une fillette de 9 ans atteinte d’une maladie génétique rare, le syndrome d’Angelman. Elle se bat depuis cinq ans pour faire adopter une proposition de loi rendant obligatoire la formation des chauffeurs de taxi transportant des enfants handicapés.

Sonia Sammou et sa fille, Lina.

« Il est hors de question que je lâche. Je ne veux pas que nos enfants puissent continuer à être transportés comme des paquets par les chauffeurs de taxi. Je me suis rendu compte du problème lorsque ma fille, Lina, avait 4 ans. Comme elle n’était pas installée dans un siège pour enfant, elle était avachie à l’arrière du véhicule qui la ramenait de son centre de rééducation. Dangereux mais légal.

Transportés sans sécurité… en toute légalité

Le code de la route exonère en effet les taxis de l’obligation d’utiliser un « système homologué de retenue pour enfant ». C’est quand même paradoxal de laisser transporter dans n’importe quelles conditions des gamins qui passent plusieurs heures par semaine en soins pour améliorer leur posture. Sans parler bien évidemment des questions de sécurité que cela pose.

Un marché financé par des fonds publics

Je me bats pour que les chauffeurs de taxi transportant les enfants handicapés vers les établissements soient formés. Pour avoir le droit d’accéder à ce marché financé par des fonds publics, ils devraient avoir appris à les installer sans leur faire mal et sans se faire mal, à communiquer avec des gamins ne parlant pas, etc.

C’est d’ailleurs parce qu’ils connaissent mal les besoins particuliers de ces clients qu’ils ne comprennent pas pourquoi il est important de les transporter dans des sièges adaptés à leur handicap. De nombreux parents en ont fait l’expérience : même lorsqu’ils fournissent un équipement au chauffeur, rares sont ceux qui l’utilisent.

Une proposition de loi en attente depuis 2013

L’ex-député de ma circonscription de Meurthe-et-Moselle, Jacques Lamblin, avait accepté de déposer une proposition de loi créant un certificat de capacité obligatoire pour tout chauffeur de taxi assurant le transport d’enfants handicapés. Elle a été enregistrée à la présidence de l’Assemblée nationale, fin 2013. Mais elle n’a jamais été débattue. Idem au Sénat où Jean-François Husson a déposé le même texte, début 2015.

J’ai également écrit aux 923 autres parlementaires. Certains ont interpellé le gouvernement. Mais les ministres et les services en charge de ce dossier n’ont jamais pris ce problème au sérieux.

22 000 signatures pour sa pétition

J’ai donc lancé une pétition, en 2016, pour mettre la pression. Plus de 22 000 personnes l’ont signée. Je l’ai remise à Claude Bartolone, alors président de l’Assemblée nationale. Mais la législature s’est achevée sans que le texte soit inscrit à l’agenda des députés. Je vais relancer les nouveaux élus, dès que la session parlementaire aura démarré.

Militante électron libre

Le handicap de ma fille m’a poussée à devenir militante. En électron libre car je ne me sens pas prête à m’investir au sein d’une association qui se limite à telle pathologie ou à tel sujet. Mais cela ne m’empêche pas de m’associer à d’autres personnes ou d’autres structures, lorsque cela me semble utile. Avec la mairie de Saint-Nicolas-de-Port, où j’habite, par exemple, pour organiser le café des parents. Ou au sein du collectif Handi-actif, qui regroupe des mamans d’enfants handicapés.

Former pour faire évoluer

Et puis j’anime des stages pour former les salariés au handicap. Je comprends qu’ils puissent se sentir démunis face à une personne handicapée, mais je ne peux accepter les discriminations qui résultent de cette méconnaissance. Comme ce photographe qui avait refusé de tirer le portrait de la fille d’une amie, parce qu’il ne savait pas comment faire. J’ai notamment formé des instructeurs d’une compagnie aérienne ou des agents de collectivités territoriales. La société doit évoluer. C’est ma manière d’y contribuer. » Propos recueillis par Franck Seuret

Sonia Sammou sur Facebook

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