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Un militant handicapé risque d’être expulsé vers le Sénégal
Diadié Ba (à droite sur la photo) est un militant de l'APF. Il a notamment accueilli l'arrivée de la marche citoyenne des oubliés au Trocadéro en avril 2017.

Un militant handicapé risque d’être expulsé vers le Sénégal

Publié le 6 septembre 2017

La préfecture du Val-de-Marne n’a pas renouvelé la carte de séjour qu’elle avait attribuée en 2016, pour raisons médicales, à un Sénégalais lourdement handicapé. « S’il retourne au Sénégal, tous les soins mis en place seront interrompus », proteste l’APF, dont Diadie Ba est adhérent.

Sa vie, Diadié Ba ne la voit plus au Sénégal. Mais en France, où ce quadragénaire atteint de poliomyélite est arrivé en 2014. Le problème, c’est qu’à partir du vendredi 8 septembre, il sera sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Et donc susceptible d’être expulsé vers son pays natal, à tout moment. La préfecture du Val-de-Marne a en effet décidé, fin juin 2017, de ne pas renouveler la carte de séjour qu’elle lui avait accordée en avril 2016 pour raisons médicales (voir encadré ci-dessous).

Dès qu’il avait obtenu ce précieux sésame, l’an passé, Diadié Ba avait déposé son dossier à la Maison départementale des personnes handicapées. Son lourd handicap lui avait valu d’obtenir la carte d’invalidité, la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé et l’allocation adulte handicapé (AAH).

L’Agefiph a donné son accord pour un bilan de compétences

Titulaire d’une licence en informatique de gestion et comptabilité, il s’était également inscrit à Cap Emploi. Et militait à l’APF, l’Association des paralysés de France. « L’ironie du sort, c’est que le jour même où j’ai reçu le courrier de la préfecture m’enjoignant de quitter la France, l’Agefiph m’a informé qu’elle m’accordait le financement pour un bilan de compétences », sourit-il amèrement. La première étape vers une formation en centre de rééducation professionnelle.

Diadié Ba ne se déplace plus en béquilles, qui lui causaient des tendinites à répétition, mais en fauteuil roulant.

Un corset, de la kiné et un fauteuil

« Depuis que je suis en France,  je revis », précise-t-il. Les orthèses artisanales dont il était équipé n’étaient pas adaptées à son handicap. Elles lui avaient déformé la colonne vertébrale. Son nouveau corset le soulage. Tout comme ses deux séances de kiné hebdomadaires. Et il ne se déplace plus en béquilles qui lui causaient des tendinites à répétition, mais en fauteuil roulant.

Au Sénégal, « je perdais peu à peu ma dignité »

« Et puis, rien n’est adapté à Saint-Louis, où je vivais. Je n’ai jamais pu trouver de travail. J’étais dépendant de mes parents. Je perdais peu à peu ma dignité. C’est pour ça que j’ai décidé de partir. » En France, un pays auquel l’histoire de sa famille est intimement liée.

« Mon grand-père a été le premier juge noir du Sénégal qui était alors une colonie française. Il a même été décoré de la légion d’honneur. Plusieurs de mes oncles ont débarqué en Normandie, en 1944. Trois de mes frères vivent de longue date en région parisienne. Ils ont la nationalité française. »

L’APF dénonce « une injustice »

Pour l’APF, le refus de la préfecture de renouveler le titre de séjour de Diadié Ba constitue « une injustice ». « S’il retourne au Sénégal, tous les soins mis en place seront interrompus, souligne Claude Boulanger, son représentant régional pour l’Île-de-France. Son état de santé se dégradera à nouveau. Nous demandons que sa situation soit réexaminée, en urgence. » En attendant, Diabié Ba sort aussi peu que possible de chez lui pour limiter les risques d’être contrôlé puis expulsé. Une vie en sursis. Franck Seuret

Qui peut bénéficier d’une carte de séjour pour raisons médicales ?

Le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile prévoit qu’une carte de séjour est délivrée de plein droit à un étranger résidant en France si :

– le défaut de prise en charge médicale aurait des « conséquences d’une exceptionnelle  gravité » pour sa santé  ;

– il risque de ne pas « bénéficier effectivement » de cette prise en charge dans son pays d’origine.

La préfecture considère que Diadie Ba ne remplit pas le premier critère.

2 commentaires

  1. Time Marie-Catherine

    Nous avons un cas similaire dans la Drôme une jeune adhérente membre associé du CAPFD, dont la famille a tout quitté au Liban pour qu’elle puisse bénéficier de soins adaptés à sa situation en France et surtout avoir une vie sociale et plus d’autonomie. Carte de séjour refusée, demande d’asile refusé. Dans son pays elle ne peut sortir de chez elle, et sa grave dépression, avec des tentatives de suicide ont décidé ses parents à quitter leur poste d’enseignants pour offrir un avenir à leur fille unique.Elle ne demande qu’à travailler, elle est traductrice trilingue et son père a une promesse d’embauche comme professeur à l’université de Valence.Soutenez Rita et sa famille !

  2. FUCK BERCY ET L OLYGARCHIE

    Je ne comprend même pas que son dossier d’immigration a été acccepté. Au canada un tel candidat a l’immigration aurait été refusé.
    Soyons concret économiquement ce migrant apporte quoi a part des dettes sociales ?
    Je demande que l’on adopte les mèmes règles de bon sens que le canada ou l’australie.
    Nous handicapés Français notre demande d’immigration pour le canada ou l’autralie serait refusé car économiquement un non sens. Quand va t’on faire pareil en france et en finir avec la dictature de l’émotion. Le gateau est le meme seulement si il y a 6 invotes ou 15 invités la part n’a pas la même taille…. il seriat temps d’en finir avec le droits de l’hommisme débile.

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