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Guillaume Bats : « Pour rire des autres, il faut d’abord savoir rire de soi-même. »
"À aucun moment je ne monte sur scène pour revendiquer tel ou tel droit pour les handicapés." Guillaume Bats

Guillaume Bats : « Pour rire des autres, il faut d’abord savoir rire de soi-même. »

Publié le 2 octobre 2017

Après un été au festival d’Avignon où il a cartonné, l’humoriste Guillaume Bats reprend son spectacle Hors cadre ! à Paris tous les lundis soirs et en province. Faire Face l’a rencontré avant un lever de rideau à la Comédie des Boulevards.

Faire Face : Votre spectacle a affiché complet pendant tout le festival OFF d’Avignon. Vous revenez à Paris dans une nouvelle salle avec votre spectacle Hors Cadre !. Comment se passe cette rentrée ?

Guillaume Bats  : Après un super festival d’Avignon, je suis heureux de retrouver le public parisien dans une salle où je suis proche des gens. J’aime ce contact, cette proximité. Avec le temps, l’expérience, l’assurance, on se permet des choses nouvelles. J’improvise une partie du spectacle et je me rends compte que je me lâche de plus en plus.

FF : Votre spectacle plaît. Le public suit. C’est rassurant, ce succès ?

G.B : Même si ma carrière est lancée, la marge de progression reste grande. Je ne remplis pas encore Bercy ! On cherche toujours à faire mieux. J’essaie de construire petit à petit un parcours sur des bases solides.
Chaque soir est différent. Aucun public ne se ressemble. Il faut savoir en jouer. Parfois, c’est un spectateur qui a un rire particulier et je m’en sers pour faire rire les gens, parfois c’est autre chose.

FF : Il a tellement d’humoristes… Votre handicap vous a-t-il aidé à vous démarquer ?

G.B : Je ne me voile pas la face. Évidemment que mon handicap crée une originalité. Mais il faut aller au-delà du buzz de l’artiste handicapé pour s’inscrire dans la durée. Avant tout, je suis un humoriste avec un propos. Il y aura bien des personnes pour dire ou penser que je réussis grâce à mon handicap, mais sincèrement je ne le crois pas.

FF : D’ailleurs vous ne cherchez pas à être un représentant de la cause des personnes en situation de handicap ?

G.B : Absolument. Ce spectacle ne parle pas du handicap, mais de la vie d’une personne en situation de handicap, en l’occurrence la mienne. Je m’adresse à tout le monde. Si je fais bien mon travail, évidemment, je vais faire du bien aux personnes concernées par le handicap et tant mieux. Mais à aucun moment je ne monte sur scène pour revendiquer tel ou tel droit pour les handicapés. Un spectacle d’humour, ce n’est pas de la propagande.

« Avant les gens riaient gratuitement de moi, maintenant je les fais payer ! »

FF : C’est tout même votre handicap qui vous a amené à avoir envie de devenir humoriste ?

G.B : Oui, faire rire les gens a été une manière de les prendre de cours. Les années collège ont été très difficiles à vivre. Aussi quand je suis rentré au lycée, j’ai décidé d’anticiper les moqueries. Avant que les autres se fassent un avis sur moi, j’allais au devant d’eux et j’essayais de les faire marrer. Ça a marché. Comme je le dis dans mon spectacle : « Avant, les gens riaient gratuitement de moi, maintenant je les fais payer !  »

FF : On réduit trop souvent les personnes handicapées à leur handicap ?

G.B : Un jour, quelqu’un a dit, ou écrit en commentaire sur les réseaux sociaux : « Quand le rideau s’ouvre, on voit quelqu’un d’handicapé et cinq minutes après, on découvre un humoriste. » Ça fait plaisir.

FF : Pensez-vous à votre prochain spectacle ? En tant que comédien, avez-vous envie de faire autre chose que du one-man show ?

G.B : Pour passer au prochain spectacle, il faudra dire au-revoir à celui-ci et ce ne sera pas facile. Mais on n’en est pas encore là. Sinon, oui bien sûr je suis ouvert à toute proposition (rires)… artistiques ! J’aimerais beaucoup faire du doublage, des voix off.

FF : Quand vous avez commencé à écrire vos premiers sketches, vous imaginiez que ça allait marcher comme ça ?

G.B : J’étais déterminé. Comme dit la célèbre citation de Mark Twain : « Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait. » À un moment dans la vie, il faut y aller. Après, tu peux échouer, mais tu as la fierté d’avoir essayé. Propos recueillis par Claudine Colozzi

Guillaume Bats à la Comédie des Boulevards à Paris (IIe) tous les lundis à 20h et en tournée en France.

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