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La flore intestinale en cause dans les maladies articulaires inflammatoires
Mise en évidence de la microbiote (marquage rouge) dans l’intestin (marquage vert). © Inserm/T. Pédron

La flore intestinale en cause dans les maladies articulaires inflammatoires

Publié le 3 octobre 2017

Des travaux scientifiques démontrent l’existence d’un lien entre survenue de maladies articulaires inflammatoires et la flore intestinale. Un déséquilibre dans sa composition a été observé, en particulier chez les patients atteints de spondyloarthrite ou de polyarthrite rhumatoïde.

L’intestin à la source des maladies articulaires inflammatoires chroniques ? C’est bien possible. De récents travaux soulignent l’implication de la flore bactérienne intestinale dans le déclenchement de la spondyloarthrite (SpA) ou de la polyarthrite rhumatoïde (PR).

Pour étudier cette flore – appelée microbiote -, les chercheurs français du laboratoire 2IC (Inserm/Université de Versailles-St-Quentin) ont tout d’abord mené un travail d’identification. À savoir déterminer les différentes bactéries spécifiques de la microbiote chez des personnes atteintes de SpA ou de PR. Cette étape a été réalisée par séquençage des fragments ADN bactériens présents dans les selles des patients. Une fois les souches identifiées, une seconde étape a consisté à comparer les bactéries avec celles présentes chez des témoins sains.

La bactérie Ruminococcus gnavus mise en cause dans les maladies articulaires

C’est ainsi qu’un déséquilibre des populations bactériennes (dysbiose intestinale) a été mis en évidence chez les patients souffrant de SpA ou de PR. En effet, ces malades affichent une moindre diversité de souches. Selon le professeur Maxime Breban, co-directeur du Laboratoire 2IC (et également responsable scientifique du site Spondy +, portail internet dédié aux patients souffrant de SpA), « (…) le manque de diversité peut faire le lit de beaucoup de pathologies ». Autre résultat de l’étude : les patients atteints de SpA hébergent une forte proportion de bactéries Ruminococcus gnavus (R. gnavus).  L’intensité de la SpA, précise Maxime Breban, « est corrélée avec la proportion de R. gnavus retrouvée dans les selles ».

L’inflammation de l’intestin se propagerait aux articulations

Néanmoins, comment relier ces différences de composition de la flore intestinale avec l’inflammation des articulations (de la colonne vertébrale, du bassin ou des doigts) comme observé dans le cas d’une SpA ou d’une PR ? Les chercheurs émettent deux hypothèses. Une possibilité serait que la surabondance de R. gnavus cause une importante dégradation du mucus de l’intestin. Ce qui entrainerait une inflammation, avec production de différents médiateurs. En voyageant via la circulation sanguine jusqu’à la zone d’attache des ligaments à l’os, ces médiateurs déclencheraient dans un second temps, des inflammations au niveau des articulations.
Seconde hypothèse, une plus grande perméabilité intestinale due à R. gnavus. Ce qui favoriserait le passage des débris microbiens provenant de la flore jusqu’aux articulations. Avec à la clé une même conséquence : l’inflammation articulaire. O. Clot-Faybesse

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