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L’école de la vie, vibrant plaidoyer pour le droit de faire ses choix
Cette bande de quinquagénaires trisomiques ne souhaite qu'une seule chose : pouvoir vivre leur vie comme tout le monde.

L’école de la vie, vibrant plaidoyer pour le droit de faire ses choix

Publié le 9 novembre 2017

« L’école de la vie », film documentaire chilien de Maite Alberdi, nous plonge dans le quotidien de personnes trisomiques d’une cinquantaine d’années. Certaines n’aspirent qu’à une seule chose : prendre leur vie en mains comme tout le monde. Sortie en salles le 15 novembre.

On commence par entendre sa voix avant de la voir. Une voix pleine de lassitude de se rendre chaque jour dans une école qu’elle fréquente depuis quatre décennies ! Puis, on découvre une moue renfrognée de gosse sur un visage sillonné de rides. Elle, c’est Anita, la cinquantaine, l’un des personnages principaux du film L’école de la vie et l’un des plus attachants.

La volonté de ne plus être infantilisés

La seule motivation qu’Anita trouve à prendre le bus tous les matins réside dans la certitude de retrouver son amoureux, lui-aussi apprenti-pâtissier dans le même atelier. Andres, c’est sa boussole, son rayon de soleil, le seul qui réussit à accrocher des sourires sur son visage aux traits las. Ensemble, ils rêvent de se marier, de fonder une famille au-delà du cocon trop infantilisant de cet établissement choisi par leurs parents.

Hélas, les deux amoureux vont se heurter à la dure réalité : le Chili interdit le mariage entre deux personnes trisomiques. L’amourette d’Andres et Anita va se muer en tragédie antique. Comment braver un monde d’adultes qui vous considère comme des éternels enfants incapables de faire des choix pour eux-mêmes et d’être indépendants ? Anita déploie une énergie folle pour imposer ses choix. En vain…

L’identité ne se se résume pas au handicap

L’école de la vie parvient à rompre avec de nombreux stéréotypes qui existent encore dans notre société. Comme penser que l’identité d’une personne se résumerait à son handicap. La réalisatrice Maite Alberdi montre à quel point chacun de ses personnages possède sa propre personnalité, des intérêts différents, une maturité et des aspirations bien distinctes.

Anita et Andres savent très bien ce qu’ils veulent. Tout comme le sensible et studieux Ricardo, qui occupe un emploi à temps partiel en tant que soignant dans une maison de retraite.

Propriétaires de leurs rêves et de leurs sentiments

Désireux d’économiser de l’argent pour conquérir son autonomie financière, Ricardo découvre que son maigre salaire ne lui permettra jamais d’accéder à ce rêve. Cette soudaine prise de conscience donne lieu à l’une des scènes les plus bouleversantes du film. À côté, Rita, elle, est une enfant de 45 ans qui joue à la poupée Barbie et boude à la moindre chamaillerie.

En mettant en avant des personnes trisomiques quadragénaires et quinquagénaires, la réalisatrice donne à voir une réalité grandissante encore peu montrée au cinéma. Elle livre un « film politique qui montre la frustration » de personnes entravées dans leur liberté à qui l’on dénie leurs droits fondamentaux. La seule lueur d’espoir réside dans leur opiniâtreté, bien que vaine : face à l’arbitraire, on peut rester propriétaires de ses rêves et de ses sentiments. Claudine Colozzi

 

LADAPT et Docks 66, le distributeur du film, organisent une avant-première gratuite mardi 14 novembre au cinéma Le Méliès à Montreuil (93). La salle est accessible aux personnes à mobilité réduite. Pour s’inscrire, il suffit de remplir ce formulaire en ligne.

 

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