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Jamo, une expérience d’emploi accompagné
Jamo, c'est un binôme neuropsychologue et jobcoach pour accompagner dans l'emploi des personnes avec un handicap cognitif ainsi que leurs employeurs.

Jamo, une expérience d’emploi accompagné

Publié le 14 novembre 2017

Elle organise la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées et a initié les Ésats hors-les-murs, pour favoriser l’inclusion en milieu ordinaire. Ladapt, en partenariat avec l’AFTC, expérimente depuis un an un dispositif de joabcoaching pour des personnes atteintes d’une lésion cérébrale acquise.

« Avant, je voulais absolument m’adapter au poste. Maintenant, je prends le temps de trouver celui qui va rentrer dans mes capacités tout en me permettant de faire ce que j’aime. L’équipe de Jamo m’accompagne dans la construction de ce projet et m’a surtout aidée à être pleinement actrice de mon avenir professionnel », explique Christelle Cupit, bénéficiaire de Jamo depuis mai 2017.

Jamo ? C’est l’acronyme de “joabcoching accompagnement en milieu ordinaire”. Un dispositif expérimental monté en Île-de-France par Ladapt et l’Association des familles de traumatisés crâniens et de cérébrolésés (AFTC). Avec un double objectif. D’abord, soutenir les personnes dans leur parcours professionnel – de leur recherche d’emploi à l’évolution de de leur carrière. Ensuite, accompagner les employeurs pour le recrutement, l’accueil, l’intégration et le maintien dans l’emploi de ces mêmes personnes.

Un binôme neuropsychologue + jobcoach

Jamo a démarré il y a tout juste un an, avec pour équipe une neuropsychologue et une jobcoach. Christelle Cupit, est accompagnée par le binôme. Fin 2013, alors qu’elle circule à pied, cette salariée du service judiciaire d’un opérateur téléphonique est percutée par un bus. Mais si les conséquences physiques de son accident sont bien prises en charge, son traumatisme crânien, en revanche, ne fait l’objet d’aucun suivi.

Si bien qu’à la reprise du travail, elle met sur le compte de sa mauvaise organisation les difficultés qu’elle éprouve. Elle s’isole, pense que personne ne la comprend… Jusqu’à ce qu’elle se reconnaisse en regardant le documentaire Traumatismes invisibles. En août 2016, elle prend donc contact avec l’AFTC. Là, on lui parle de Jamo qui doit bientôt débuter.

Un accompagnement pour changer de poste

« Je suis arrivée sans attente particulière, mais avec l’objectif de trouver un accompagnement pour changer de poste, souligne-t-elle. Si les automatismes acquis au fil des années m’ont aidée à la reprise, le travail en open-space est devenu très pénible. Il augmente ma fatigabilité et mes difficultés de concentration. »

Sous la houlette de la neuropsychologue, Christelle a en effet compris que le nerf de la guerre, c’était son énergie. Qu’il fallait qu’elle s’aide d’outils pour planifier, gérer son emploi du temps et se ménager des pauses. Tant dans sa vie professionnelle que personnelle.

Le binôme l’a aussi accompagnée pour obtenir la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé. L’aidant à la constitution de son dossier, la rassurant aussi sur le fait que ça ne l’enfermait pas dans une case.

« Aujourd’hui, je considère que ça fait partie de ma vie privée. Mais ça risque d’impacter l’équipe que je vais intégrer. Donc, il va falloir travailler sur la façon de communiquer là-dessus », dit-elle. Un travail qu’elle mènera avec la joabcoach, dès lors qu’elle aura identifié chez son employeur une fiche de poste compatible avec ses capacités et satisfaisant son besoin de travailler dans un lieu plus isolé qu’aujourd’hui.

Des outils logistiques et des outils physiques

« Aujourd’hui, nous travaillons sur la mise en place d’outils logistiques mais aussi physiques », explique Christelle. L’équipe Jamo l’a aidée à organiser ses demandes auprès du médecin du travail pour l’adaptation de son poste actuel. En mettant des propositions en face du compte-rendu hospitalier le plus récent. Par exemple, porter un casque ou des bouchons d’oreille pour lutter contre les interférences auditives qui la déconcentrent.

L’équipe Jamo s’est aussi portée volontaire pour rencontrer, si besoin, les managers ou RH de Christelle. Possibilité qu’elle n’a pour l’heure pas saisie. Mais ce qui est essentiel à ses yeux, c’est qu’elle a cessé de perdre son temps à gaspiller son énergie à se dire qu’elle ne pouvait pas, qu’elle n’y arrivait pas aussi bien qu’avant.

« On m’a fait prendre conscience qu’il y avait un avant et un après et que tout n’était pas noir. Le lâcher prise a été difficile mais très libérateur. Je me suis sentie soutenue et aujourd’hui, je vois un avenir. » L’accompagnement n’est pas fini. Mais elle le juge déjà très bénéfique. Corinne Manoury

Vous avez dit emploi accompagné ?

Si le dispositif Jamo, expérimental, ne relève pas de l’emploi accompagné tel qu’il est actuellement mis en œuvre dans le cadre de la loi Travail du 8 août 2016, il en partage un grand nombre de caractéristiques. Ainsi, les personnes accompagnées ont toutes un projet de travail en milieu ordinaire ou rencontrent des difficultés à se maintenir dans l’emploi et à sécuriser, de façon durable, leur parcours professionnel.

Elles bénéficient, comme prévu dans l’article 52 d’un accompagnement médico-social et d’un soutien à l’insertion professionnelle. Et ce, en complément des prestations et actions des dispositifs existants : Sameth, Cap emploi, Pôle emploi, mission locale… Des partenaires qui, d’ailleurs, sollicitent Jamo.

Les entreprises, de leur côté, peuvent également être accompagnées. Selon Manuèle Massenet, responsable de Ladapt Paris, elles commencent à prendre contact. Et si l’expérimentation n’est prévue que pour trois ans, l’équipe de Jamo est bien dans une perspective d’accompagnement au long cours, avec des périodes de veille et d’interventions ponctuelles. « En fonction des besoins », comme le précise le Collectif France pour l’emploi accompagné.
La seule grande différence en fait est que les personnes ne sont pas orientées par la MDPH qui en revanche est partenaire du dispositif.

2 commentaires

  1. aménagement du poste de travail ou réorganisation ou reclassement … : La prévention de la désinsertion professionnelle est une nécessité à la fois sociale et économique : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/psychologie-du-travail/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=163&dossid=475

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