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Logement social, péril en la demeure
Plus de la moitié des locataires d'un logement social perçoivent aujourd'hui des APL.

Logement social, péril en la demeure

Publié le 27 novembre 2017

Moins de logements neufs. Moins de mises aux normes, notamment d’accessibilité. Des emplois supprimés dans le bâtiment… L’Union sociale de l’habitat (USH), des syndicats, des représentants des élus et collectivités locales, en tout 26 organisations, dénoncent les effets de l’article 52 du Projet de loi de finances (PLF) 2018. Il instaure la baisse des APL de 60 euros en moyenne pour les locataires de logements sociaux. Il demande aussi aux bailleurs de la répercuter en baisses de loyer. Une mesure aux « conséquences catastrophiques » si elle est définitivement adoptée par les parlementaires qui voteront le budget 2018 en décembre, dénonce Jean-Louis Dumont, président de l’USH.

Faire Face: L’Union sociale de l’habitat représente 720 organismes HLM. Vous venez de publier avec des élus, des syndicats… le livre noir de la réforme des APL. Quels sont les problèmes posés par la baisse des APL de 60 € que les bailleurs sociaux devraient compenser par des baisses de loyer ?

« Cette baisse engendrerait un coût de 1,8 milliard d’euros pour les organismes HLM qui perdraient les trois quarts de leur capacité d’investissement. » DR USH ©T. Gogny

Jean-Louis Dumont : Cet article du Projet de loi de finances qui le prévoit est mortifère. S’il est adopté les conséquences seront catastrophiques. Dans les zones déjà très tendues, le plus grave sera la chute de la production de logements neufs. On estime cette perte à près de 55 000 logements. Parce que cette baisse engendrerait un coût de 1,8 milliard d’euros pour les organismes HLM. Dès lors, ils perdraient les trois quarts de leur capacité d’investissement.

Pour les logements existants, nous ne pourrions ainsi plus faire les réhabilitations nécessaires. Ni les mises aux normes d’accessibilité ou de consommation énergétique. On sait que plus de 100 000 logements se verraient privés de telles interventions. Et, évidemment, si on ne peut plus mener à bien ces programmes de construction et de travaux, le secteur du bâtiment sera touché de plein fouet par des pertes d’emploi, qu’on évalue à 146 000.

FF : L’ensemble du territoire national serait-il concerné de la même manière ?

J.-L. D : Non. Les inégalités territoriales s’en verraient renforcées puisque le nombre de nos locataires bénéficiaires des APL varie de 20 % en Île-de-France à près de 70 % dans certaines régions comme les Hauts-de-France. Autrement dit, plus un organisme HLM accueillera de personnes en difficulté, bénéficiant de l’APL, moins il conservera sa capacité d’autofinancement et donc d’investissement. Résultat : les quartiers les plus pauvres seront les plus affectés.

FF : Quel est votre but en publiant ce livre noir ?

J.-L. D : Nous voulions chiffrer les conséquences d’une telle mesure, alerter la population, l’informer de ce mauvais coup de Bercy. Nous demandons un moratoire pour travailler en concertation, réaliser un montage moderne efficace pour réformer mais conserver notre modèle de logement social. Nous avons soumis de nombreuses propositions au gouvernement, nous espérons être entendus. Propos recueillis par Sophie Massieu

Les chiffres du logement social

– Plus de dix millions de Français vivent dans l’un des quelque 5 millions de logements sociaux gérés par les organismes HLM.
– Un Français sur deux vit ou a vécu dans un logement social.
– La moitié (54 %) des locataires d’un HLM perçoivent l’APL.
– 1,9 million de personnes attendent un logement social.

 

Un commentaire

  1. Il faudrait déjà que les Organismes HLM donnent vraiment des appartements aux personnes qui sont en dessous du seuil de pauvreté, car cela fait plus de 10 ans que j’attends d’avoir un appartement de leur part,

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