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Les entreprises adaptées limitent la casse
Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, devant les sénateurs : « Je suis prête à reporter la mise en œuvre de la réforme du financement des entreprises adaptées au 1er janvier 2019. »

Les entreprises adaptées limitent la casse

Publié le 11 décembre 2017

Le projet de loi de finances 2018 prévoyait de diminuer le montant unitaire de l’aide au poste versé par l’État aux entreprises adaptées. Ces dernières ont obtenu qu’il reste inchangé en 2018. En revanche, leur subvention spécifique va chuter de 18 %.

Faut-il voir le verre à moitié vide ou à moitié plein ? Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, a accepté de reporter au 1er janvier 2019 la réforme de l’aide au poste pour les entreprises adaptées, qui emploient au moins 80 % de travailleurs handicapés. En 2018, ces aides au poste « seront ainsi financées selon les règles actuelles, dans l’attente des inflexions envisagées pour 2019 », a-t-elle assuré, au Sénat, le 4 décembre 2017.

1 000 aides au poste supplémentaires en 2018

Très concrètement, elle renonce donc, pour le moment, à baisser le montant unitaire de cette subvention destinée à compenser la moindre productivité des salariés de ces entreprises. Elle tire donc un trait sur les 8 millions d’économies budgétés. De plus, comme prévu, le nombre d’aides au poste va augmenter de 1 000 l’an prochain pour dépasser les 24 000 (24 038). Les entreprises adaptées devraient donc pouvoir créer des emplois en 2018. À moins que la baisse programmée de la subvention spécifique ne les fragilise trop.

La subvention spécifique chute de 41 à 33 millions

En complément de l’aide au poste, l’État verse en effet une seconde aide aux entreprises adaptées : la subvention spécifique. Elle est « destinée notamment au suivi social, à l’accompagnement et à la formation spécifiques de la personne handicapée, pour favoriser son adaptation à son poste de travail ». Or, Muriel Pénicaud n’a pas renoncé à diminuer son montant. Il va chuter de 41 millions à 33 millions (-18 %).

« Nous devons réviser ce mode de financement. »

Les discussions entre l’État et les représentants des entreprises adaptées vont se poursuivre sur la réforme du financement. « Aujourd’hui, le dispositif est très compliqué, ce qui ne permet pas aux entreprises adaptées, qui font un travail de long terme, d’avoir une visibilité suffisante. Nous devons réviser ce mode de financement dans un sens plus efficace et plus durable », a justifié Muriel Pénicaud.

« Le report de la date de la réforme du financement permettra de travailler beaucoup plus sereinement au cours du premier trimestre 2018 afin d’étudier différents scénari », commente l’Union nationale des entreprises adaptées. Verdict sur le remplissage du verre dans un an. Franck Seuret

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