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Qui est Antonio Centeno, militant de l’assistance sexuelle et héros de Vivir y Otras Ficciones ?
Antonio Centeno, l'un des deux protagonistes du film Vivir y Otras Ficciones, s'engage en faveur de l'assistance sexuelle pour les personnes handicapées. © Les Films des deux rives.

Qui est Antonio Centeno, militant de l’assistance sexuelle et héros de Vivir y Otras Ficciones ?

Publié le 6 février 2018

Mercredi 7 février sort en salles Vivir y Otras Ficciones de Jo Sol. Ce film espagnol aborde la question du droit des personnes en situation de handicap à disposer de leur corps et à vivre leur sexualité. Dans le rôle d’Antonio, Antonio Centeno, un activiste tétraplégique qui se bat pour faire reconnaître l’assistance sexuelle en Espagne.

Dans le film Vivir y Otras Ficciones, on le découvre allongé dans son lit, dépendant de Laura, son aide-soignante, pour chacun des gestes de sa vie courante. Plutôt calme, limite résigné. Mais il faut le voir, une fois assis dans son fauteuil roulant, expliquer pourquoi il n’a pas renoncé à la jouissance.

Pourquoi il fait appel à Sandra, une call-girl, pour l’aider à avoir du plaisir. Et pourquoi il a décidé de mettre à disposition sa chambre d’amis pour des séances d’assistance sexuelle. Face à la réticence de Laura et de Pepe, son assistant de vie, Antonio déroule son argumentaire sur ce qu’il considère comme un droit fondamental. Celui de vivre sa sexualité malgré son handicap.

Soif de mener une vie pleine et autonome

Hors caméra, Antonio s’appelle Antonio Centeno. Avec son personnage quasi entièrement autobiographique, il a en commun cette soif de mener une vie pleine et autonome. Il est tétraplégique depuis l’âge de 13 ans suite à un plongeon malheureux. Et depuis des années, ce quadragénaire milite pour revendiquer un droit à la sexualité.

Il a créé une plateforme de mise en relation de personnes en situation de handicap avec des hommes et des femmes qui proposent des services payants d’assistance sexuelle.

Être vu comme un être sexuel et sexué

Aujourd’hui en Espagne, l’assistance sexuelle se pratique en dehors de tout cadre légal. Elle est ainsi assimilée à de la prostitution. Antonio se bat pour que l’activité soit mieux encadrée. Il souhaite en effet que les autorités la financent pour la rendre accessible à tous. « La sexualité est un élément vital pour chacun. »

Vivir y Otras Ficciones n’est pas la première incursion dans le cinéma pour Antonio Centeno. En 2015, avec le réalisateur Raúl de la Morena, il a réalisé Yes, we Fuck ! un documentaire traitant de la sexualité des personnes concernées par la diversité fonctionnelle. Une manière plus inclusive de désigner les personnes handicapées. À travers six histoires très explicites, il a cherché à restituer leur condition d’êtres sexuels et sexués et de corps désirant et désirables. Claudine Colozzi

Un film entre documentaire et fiction

De Hasta la vista à The Sessions, la sexualité des personnes handicapées a déjà fait l’objet de plusieurs films au cinéma. Vivir y Otras Ficciones est un objet cinématographique un peu étrange, entre le documentaire et la fiction. Il a le courage d’aborder un thème qui divise. Ainsi, la rencontre entre Antonio, écrivain tétraplégique, et Pepe, son assistant de vie, qui a effectué un séjour en hôpital psychiatrique, n’est pas fortuite. Tous deux sont en quête d’eux-mêmes dans une société qui rejette plus qu’elle ne cherche à comprendre. Comment vivre plutôt que survivre ? Comment laisser s’exprimer ses désirs les plus ancrés? Le questionnement est intéressant. Pas sûr que le film suffise à y répondre.

Liste des cinémas consultable sur le site du distributeur Les Films des deux rives

 

Un commentaire

  1. Et l’acteur principal est en situation de handicap. A voir pour constater: Espagne & France même combat. « …dans une société qui rejette plus qu’elle ne cherche à comprendre. » Une phrase pertinente, réaliste dans cet article. Il faudra bien du temps encore pour que les décideurs (ministres etc) évoluent. Et quelques féministes aussi. Bon mercredi sous la neige.

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