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L’apprentissage des personnes handicapées sera-t-il dopé par la réforme ?
Édouard Philippe, Premier ministre, et Muriel Pénicaud, ministre du Travail, ont présenté, vendredi 9 février, les principales mesures du projet gouvernemental de transformation de l'apprentissage. © gouvernement.fr

L’apprentissage des personnes handicapées sera-t-il dopé par la réforme ?

Publié le 12 février 2018

Vendredi 9 février, le gouvernement a dévoilé les mesures phares de sa réforme de l’apprentissage. Dans la foulée de la remise du rapport de Sylvie Brunet. Un document issu d’une concertation prenant en compte les besoins spécifiques des personnes handicapées. Tout en leur permettant de bénéficier des mesures générales.

Le document qui définit l’architecture générale de la réforme de l’apprentissage. C’est ainsi que le Premier ministre a qualifié le rapport de Sylvie Brunet. Synthèse d’une concertation, que l’ancienne DRH a présidé de novembre à janvier, remise à la ministre du Travail le 30 janvier.

Vendredi 9 février, le gouvernement présentait vingt mesures pour développer l’apprentissage. Un mode de formation considéré comme un bon tremplin vers l’emploi. 70 % des apprentis trouveraient en effet du travail dans les sept mois suivant leur formation. Mais aussi une voie intéressante pour monter en compétences et faciliter l’accès à l’emploi des personnes handicapées. D’autant plus pertinente que ces dernières sont fortement frappées par le chômage.

Des mesures en faveur de tous les apprentis

Si les mesures énoncées ne concernaient pas spécifiquement les apprentis en situation de handicap, nombre d’entre elles pourraient néanmoins leur bénéficier. Comme les 500 euros d’aide pour passer le permis de conduire ou la possibilité de suivre une prépa apprentissage.

Surtout, le rapport de Sylvie Brunet consacre un chapitre entier à l’accompagnement vers et dans l’apprentissage des personnes en situation de handicap. Avec des propositions montrant que les éléments portés à sa connaissance, notamment grâce à la contribution du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH), ont été pris en compte. « Nos constats ont été mis en avant, les besoins d’accompagnement et de financement spécifiques ont, eux, été compris », souligne Véronique Bustreel, conseillère nationale de APF sur le travail, l’emploi, la formation et les ressources.

Trop peu de données sur les apprentis handicapés

Ainsi, le rapport note d’emblée que « les données sur la situation des apprentis en situation de handicap sont encore trop lacunaires ». Alors même que les problématiques spécifiques de ce public sont transversales. Mais pour y apporter une solution, il faudrait travailler les statistiques et partager les bonnes pratiques.

« Ce qui pêche, ce n’est pas la réglementation sur le temps de formation, en emploi, sur les aménagements… Mais la mise en œuvre. Et là, la question du partage des éléments est effectivement centrale », confirme Véronique Bustreel.

Plus d’informations pour une meilleure orientation

Le rapport préconise donc qu’une Agence de l’apprentissage, dont la création n’a pas été évoquée vendredi, se charge de collecter les données et de recueillir les bonnes pratiques. Il pointe ensuite la question de l’orientation, plus prégnante encore que pour les autres apprentis. Et suggère que des informations complètes sur les formations et les dispositifs, à destination des personnes et de leur famille, soient disponibles en mode FALC (facile à lire et à comprendre).

Un socle de savoir-être et savoir-faire

Pour mieux anticiper et préparer l’apprentissage, un accompagnement individualisé serait proposé au collège ou dans les établissements médico-sociaux. Avec pour objectif de déboucher sur un dispositif de pré-apprentissage similaire à celui proposé aux autres jeunes.

Un temps de formation qui permettrait d’acquérir un socle de savoir-être et savoir-faire professionnels. Ainsi qu’une certification partielle, utile pour accéder ultérieurement à une nouvelle formation en alternance, dans le cas où le diplôme ne serait pas atteint. « Un sas précieux, note Véronique Bustreel. Cela peut être long de trouver un employeur, un CFA, d’adapter les temps… »

Un référent handicap par CFA

Enfin, le rapport propose de généraliser la présence de référents handicap dans les CFA. Et, dans le cadre du financement au contrat retenu par le gouvernement, de majorer le financement du CFA associé au contrat d’une personne handicapée.

Mais aussi, dans l’hypothèse de la création d’une Agence de l’apprentissage, de lui confier des appels à projets pour créer un réseau de jobcoachs. Des experts pour accompagner les CFA et les employeurs. Façon de faire le lien avec l’emploi accompagné.

Que restera-t-il de ces propositions dans le projet de loi ? Réponse au printemps, quand il sera présenté en Conseil des ministres. Avant d’être examiné par les parlementaires en même temps que les mesures sur la formation et l’assurance chômage. Corinne Manoury

 

2 commentaires

  1. Très bon commencement. L’idée des agences apprentissages est intéressante. Il faut des ambassadeurs professionnels qui fédèrent les autres entreprises (par l’experientiel) l’importance de l’inclusion et la pluralité dans les équipes. Elle garantie le maintien de nombreuses valeurs citoyennes. La cohésion et la force permettent de changer le regard sociétal et inversement, implique responsabilise le jeune en situation de handicap.
    La question de l’hébergement pendant leur période professionnelle doit être pris en compte. Les entreprises, les communes peuvent aussi porter un regard attentif à la construction d’hébergement social et solidaire pour garantir l’emploi et repondre au problème de mobilité géographique de tous ces jeunes. Pour ma part, c’est un projet de cohésion social que je tenterai de mener sur mon territoire. Les équipes de l’entreprise adhérent au projet. Nous nous attèlerons alors à poursuivre le bien être au travail, la prise de responsabilité des jeunes et l’accompagnement des projets des jeunes. L’intégration de jeunes en situation de handicap doit pouvoir se mener de manière simple pour ne pas terrifier les entreprises des pénalités juridiques…

  2. Je suis socio coiffeuse et je porte le projet d apprendre la coiffure a des jeunes en situation d handicap…jobcoatch serait un tres bon outils pour le developpement

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