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Athlétisme handisport : Inzourdine Abdallah défendra les couleurs de l’ASM Omnisports
Ancien rugbyman, Inzourdine Abdallah, 23 ans, a été amputé du bras droit suite à une blessure au coude mal soignée. © ASM Handisport

Athlétisme handisport : Inzourdine Abdallah défendra les couleurs de l’ASM Omnisports

Publié le 9 mars 2018

Samedi 10 mars, les championnats de France indoor d’athlétisme handisport se dérouleront à Aubière (63). Organisée par la Fédération française handisport (FFH) et l’Association sportive montferrandaise (ASM) Omnisports, cette manifestation réunira 157 athlètes. Parmi eux, Inzourdine Abdallah, 23 ans, originaire de Mayotte, qui a rejoint la section handisport de l’ASM en 2016. Amputé du bras droit, il concourt en saut en longueur, course, lancer de poids et de disque. Son objectif ? Être sélectionné pour les championnats d’Europe à Berlin en août prochain.

« Faire du sport, ça vide la tête, ça évite de ressasser ce qu’il m’est arrivé. » Quand on se retrouve à plus de 8 000 kilomètres de chez soi, en centre de rééducation après une amputation, il faut en effet beaucoup de force pour se remettre à flots et se reconstruire. Et cette force, Inzourdine Abdallah, 23 ans, l’a retrouvée grâce à l’athlétisme handisport qu’il pratique au sein de l’ASM Omnisports à Clermont-Ferrand.

Un entraînement intense

Deux fois par semaine, à raison de trois heures par séance, il s’entraîne à la course, saut en longueur, lancer de poids et de disque. Mais s’il a découvert l’athlétisme handisport, le jeune homme avait déjà derrière lui plusieurs années de pratique sportive. Il a derrière lui de longues heures d’entraînement de rugby.

Il lui a cependant fallu réapprendre à se mouvoir avec son nouveau corps. « J’accepte petit à petit ma situation mais ce n’est pas facile certains jours. Quand je suis confronté à des choses que je ne peux plus faire, je me sens inutile. Me remettre au sport m’a aidé à me sentir mieux. »

Une blessure mal soignée

Inzourdine Abdallah a rejoint le club depuis 2016. © ASM Handisport

Un temps, à Mayotte, Inzourdine a rêvé de devenir rugbyman professionnel ou de s’engager dans l’armée. Un accident sur un terrain de rugby et une blessure mal soignée ont eu raison de ses projets. En 2015, l’annonce tombe : il doit être amputé de son bras droit. Il fait sa rééducation au CHU Hôpital Nord à Clermont-Ferrand.

C’est là qu’il entend parler pour la première fois de l’ASM grâce à un médecin intervenant au cabinet médical du club. « Je me suis renseigné sans savoir vraiment vers quelle discipline m’orienter. J’ai bien accroché avec l’athlétisme. »

Un avenir d’éducateur sportif

Grâce à l’ASM, Inzourdine a aussi pu commencer à réfléchir à un projet professionnel. Il souhaite ainsi devenir éducateur sportif. À partir d’octobre, il débutera une formation en activité physique adaptée. Ces perspectives le réjouissent et sa famille aussi, inquiète de le voir partir si loin après ce qu’il a traversé.

Pour l’heure, le jeune homme est concentré sur les épreuves de samedi. Déjà médaillé dans différentes compétitions, il participe pour la deuxième fois aux championnats de France d’athlétisme handisport. Et il voit déjà plus loin… en espérant une sélection en équipe de France. Claudine Colozzi

« L’objectif est de permettre à la personne handicapée de reprendre confiance en ses capacités. »

Trois questions à Henri Laniray, président de la section ASM Handisport et sport adapté

Faire-face.fr : L’ASM est un grand club omnisports. Quelle place occupe la section handisport ?

Henri Laniray : En dehors de l’’équipe professionnelle de rugby, l’ASM représente quinze sections sportives, 6 400 licenciés, 55 nationalités. La section handisport existe depuis 2007. Adhérente aux deux fédérations handisport et sport adapté, elle travaille avec les établissements spécialisés de Clermont-Ferrand et du département du Puy-de-Dôme. Cela permet à de jeunes handicapés de pratiquer des activités physiques et sportives. Et de bénéficier des structures de qualité et de l’encadrement du club. Une centaine de personnes pratique une activité au sein du club. Et la demande est exponentielle : je reçois régulièrement des lettres de parents qui souhaitent que leur enfant se mette à une pratique sportive.

FF.fr : Quelles disciplines proposez-vous ?

H.L : L’athlétisme, le rugby fauteuil, le tennis, la lutte, le judo, la natation et depuis peu l’haltérophilie. Quelle que soit la discipline, l’objectif est de permettre à la personne handicapée de reprendre confiance en ses capacités par l’activité physique et la vie en groupe.

FF.fr : Votre accompagnement dans la reconstruction des personnes en situation de handicap va au-delà d’une activité physique régulière. Quelle type d’aide sociale avez-vous mise en place ?

H.L : Depuis janvier 2016, en partenariat avec divers organismes, nous accompagnons les personnes handicapées à la réalisation de leur projet de vie professionnelle. Nous les aidons à trouver un stage, le financement d’une formation ou à se préparer aux entretiens d’embauche. Propos recueillis par C.C

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