02/02/2009

La sexualité est un droit !

Et le sexe, bordel ? Un plaisir inaccessible à de nombreuses personnes handicapées dépendantes. Pas pour des raisons physiques, mais à cause de tabous sociaux. Aucune réponse n’est apportée à toutes celles et ceux qui ont besoin d’aide humaine pour se masturber, avoir un rapport sexuel avec leur partenaire, également handicapé(e), ou, aller voir un ou une prostitué(e). Ce qui aboutit à des situations scandaleuses, comme celle de Julie et Farid, tous les deux lourdement dépendants, qui ont dû se battre pendant des années pour simplement trouver un établissement acceptant de les accueillir ensemble et qui n’ont encore jamais pu aller au bout de leur amour l’un pour l’autre, faute de pouvoir être aidés.
Car, oui, les personnes handicapées ont, elles aussi, des désirs sexuels. C’est le premier grand mérite du documentaire qui sera diffusé, mardi soir sur France 5, L'Amour sans limites. Les témoignages de Dany ou Cédric sur ce besoin inassouvi sont extrêmement poignants. Et d’autant plus révoltants, que des solutions existent, comme le montrent les réalisateurs, Samantha Campredon et Françoise Chayé, qui se sont rendus en Allemagne, où interviennent des accompagnants sexuels, homme et femmes. « Je donne mon cœur, je donne mon âme… Ce n’est pas seulement une technique. Je prends la personne dans toute son intégrité », explique l’un d’entre eux, qui s’adapte aux demandes de ses patients, jusqu’à l’acte sexuel si besoin. « Il s’agit d’aider les personnes à se réapproprier leur corps.(...) A échapper à la désincarnation », résume l’infatigable militant, Marcel Nuss, dont les interventions, toujours pertinentes, ponctuent ce film, salutaire.
L’Amour sans limites, mardi 3 février, France 5, 20h35.

10:21 Publié dans Culture, loisirs, Vie affective et sexuelle | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sexe | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Il n'y a pas de vraie volonté politique en France de faciliter la vie des handicapés. Les discours bien pensants s'envolent et il n'en reste presque rien.
Ceux qui bougent, ce sont les immobiles (!) qui réclament leurs droits.
Si l'Etat, au lieu de faire des discours politiquement corrects et bien pensants, au lieu de mandater des fonctionnaires pour faire des études de n'importe quoi, au lieu d'organiser des colloques de Bla bla bla, repensait les lieux d'accueil de toutes ces personnes dans le besoin, et sortait des sentiers battus judéo-chrétiens: pourquoi ne pas repenser l'architecture des espaces en y incluant systématiquement un lit à 2 places? A quand les lits médicalisés à 2 places dans les maisons de retraite, dans les foyers de vie, les Maisons d'Accueil Spécialisé, etc? Ce n'est déjà bien souvent qu'une simple question de confort personnel, avant même de servir éventuellement aux ébats amoureux... et ça ne devrait choquer personne que de pouvoir choisir ce type de mobilier lors de son inscription.
Il est vrai que lorsque l'on voit les maisons de retraite séparer les couples entrants de peur qu'il se passe encore quelque chose entre eux "à cet âge-là", on ne peut pas être surpris de l'étroitesse d'esprit de ceux qui nous gouvernent. (et dans ce cas, on ne risque même pas une grossesse non désirée !)
LAISSONS LES HANDICAPES VIVRE LEURS EXPERIENCES COMME TOUT UN CHACUN. AIDONS-LES

Ecrit par : mary | 04/02/2009

Entièrement d'accord avec la dernière phrase de Mary.

Ce film m'a impressionné et est un excellent playdoyer pour faire comprendre à tous que la personne lourdement handicapée, est un être humain dans son intégralité.
"Faire comprendre à tous": faut-il inclure nos décideurs dans ce "tous". Je crains que non, malheureusement.
Notre pays a été très tardifs pour les centres de la douleur, les soins palliatifs et n'est enore nulle part pour la sexualité des PH. Comme pour continuer une triste habitude..
Walter

Ecrit par : W.Salens | 07/02/2009

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