06/05/2010

Gestation pour autrui : le Comité consultatif national d'éthique a dit non sauf pour les couples infertiles

Faut-il préconiser des exceptions à l'interdiction actuelle de la gestation pour autrui (GPA) ? C'est la question que s'est posée le Comité consultatif national d'éthique (CCNE). Un enjeu sur lequel il revenait à ses membres de porter un regard spécifique puisqu'il s'agit-là d'une technique d'assistance médicale à la procréation mais aussi d'un facteur de profonde transformation de la structure familiale (absence de père biologique, risque de marchandisation de la grossesse,...). Dans son rapport, rendu public cet après-midi, le Comité précise qu'il a entendu la valeur des arguments en faveur d'une légalisation, même limitée, mais que, dans sa grande majorité, il se prononce pour le maintien de la législation en vigueur. Toutefois, le CCNE exprime le vœu que pour un couple infertile, la GPA soit prévue à titre dérogatoire dans la future révision des lois bioéthiques.

 

 

 

 

 

20:01 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : bioéthique, ccne, gpa | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Le fait qu'une part non-négligeable des membres du comité s'est prononcée en faveur de la légalisation de la GPA montre qu'il n'existe pas d'argument éthique indiscutable contre la GPA. Ce sont donc des arguments subjectifs qui font qu'une majorité des membres du comité est contre la GPA, et cela ne justifie pas sa prohibition. Et en regardant de près, ces arguments ne tiennent pas la route. Si l'on constate qu'en moyenne les couples infertiles sont plus riches que les gestatrices, cela provient du fait que les traitements contre l'infertilité sont très coûteux et ne sont pas pris en charge par les assurances santé, et sont donc réservés à ceux qui en ont les moyens (ce qui ne serait pas le cas si la France légalisait la GPA). En réalité, les études montrent que les gestatrices ont en moyenne des revenus supérieurs à la moyenne des femmes de leur pays, ce qui démontre l'absence totale de pertinence de l'argumentaire financier. On note également une affirmation fausse : la loi grecque ne permet pas aux parents intentionnels de décider à la place de la gestatrice pour un éventuel avortement, ce qui supprime de fait l’argument déployé par le comité. Enfin, la référence à un livre de science-fiction et non à des éléments réels pour afficher le spectre de "la constitution de pools de gestatrices agrées" ne fait que confirmer l'absence de motifs éthiques sérieux pour justifier la prohibition de la GPA.

Ecrit par : Eric W | 07/05/2010

Bonjour à Tous et Toutes: il est d'une évidence totale que ce sujet (aiehe, encore des initiales...) en pour et contre, ne peut échapper aux arguments subjectifs.

Comme pour quelques autres sujets de grande délicatesse, il y aura une évolution lente vers des lois propres à chaque pays, donc d'un extrême à l'autre : libéralisme pur et dur où tout est "commercialisable" et interdiction totale pour des raisons-arguments tout aussi subjectifs.

Ce qui ne doit pas nous empêcher de donner notre avis, ici et ailleurs.
Amitiés
Walter 95

Ecrit par : W.Salens | 11/05/2010

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