26/01/2011

Euthanasie : en arrière toute !

Le 18 janvier dernier, la commission des affaires sociales du Sénat avait adopté une proposition de loi visant à légaliser l'euthanasie. Avec un article fort, le premier qui autorisait un patient souffrant d'un pathologique grave et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique insupportable, à demander « une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur ». Examinée hier soir par les sénateurs, cette loi sur « l'assistance médicalisée à mourir » a fait l'objet de nombreux amendements, la vidant de sa substance.

Une telle décision était prévisible. En effet, les sénateurs dans leur majorité s'étaient montrés peu enclins à voter en faveur de la légalisation de l'euthanasie, le président, Gérard Larcher, s'étant même clairement prononcé contre. Tout comme le gouvernement qui, par la voix de son premier ministre s'était déclaré « hostile à la légalisation d'une aide active à mourir (1) », précisant qu'une telle loi n'était pas « sa conception du respect de la vie humaine et des valeurs qui fondent notre société ». De son côté le ministre de la Santé Xavier Bertrand était hier au Sénat pour « défendre son refus de légiférer (2) ».

Le voilà entendu alors que les Français, à une forte majorité (entre 78 et 94 % selon les sondages), approuvent l'idée d'une légalisation. La situation sera donc susceptible d'évoluer mais à l'heure actuelle, la nécessité sur laquelle tout le monde s'accorde en France, est de continuer à développer les soins palliatifs. O.CF

(1) Le Monde du 25/01/2011

(2) Le Figaro du 24/01/2011

 

 

Commentaires

La fin de vie est un gros "marché" qui rapporte gros.

Notre vie nous appartient (sans frais puisque nous sommes un "investissement"), et en contre-partie notre mort doit nous appartenir.

C'est ce qui justifie notre conscience et notre humanité.
C'est aussi ce qui donne au meurtre et à l'assassinat son caractère intolérable.

Toutefois la souffrance terminale insupportable et vaine (qu'elle soit psychologique ou physique)est pire que la mort car elle est une torture et un meurtre de l'esprit.

Les soins palliatifs ne seront qu'un mirage tant que chaque individu ne pourra y avoir accès en toute conscience de ce qu'ils sont, notamment lorsqu'il n'est plus en mesure de dire sa souffrance et sa volonté.

Les soins palliatifs, ce n'est pour le moment que la bonne conscience d'un pouvoir politique et économique qui ne donne de moyens qu'à ce qui est "PRODUCTIF" ou "ARGENTE" y compris pour mourir et se fiche totalement de l'humain tant que le chaos social ne menace pas ses intérêts et que la souffrance lui rapporte.

Pour le moment et tant que nous sommes encore capables d'agir, on nous laisse le suicide n'est ce pas.

Ce serait bien qu'on cesse de tenter de nous enfumer encore et encore, peut-être parce que nos élites vieillissante ont peur de se faire liquider vite fait par leurs héritiers ;).

Écrit par : Sourciere | 26/01/2011

Bonjour, à l'excellent commentaire de Sourcière, je désire indiquer qu'un certain nombre de médecins admettent, publiquement, qu'ils pratiquent le suicide assisté, sans tambour ni trompette. Dans leur âme et conscience.
Il faudra encore trop de temps avant que nos politiques deviennent réalistes et acceptent ce qui est possible dans plusieurs pays limitrophes et européens.
Walter 95

Écrit par : W.Salens | 26/01/2011

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