29/06/2011
Le Sénat a adopté la proposition de loi limitant l'accessibilité dans les constructions neuves
Toutes les constructions neuves ne seront pas accessibles. Ainsi en a décidé le Sénat, en adoptant, mardi 28 juin, la proposition de loi tendant à améliorer le fonctionnement des Maisons départementales des personnes handicapées et portant diverses dispositions relatives à la politique du handicap. Son article 19 (ex-14 bis) précise en effet que des « mesures de substitution peuvent être prises afin de répondre aux exigences de mise en accessibilité […] lorsque le maître d'ouvrage apporte la preuve de l'impossibilité technique de les remplir pleinement du fait de l'implantation du bâtiment, de l'activité qui y est exercée ou de sa destination ». Une formulation très générale qui pourrait ouvrir la porte à de très nombreuses dérogations au principe de l’accessibilité généralisée, posée par la loi de février 2005. « Il ne s'agit pas d'exceptions : on ouvre grand les vannes ! », s’est inquiété le sénateur PS Jean Desessard, lors du débat d’hier soir. Ce faisant, les sénateurs et le gouvernement cèdent aux lobbies qui, depuis 2005, tentent de réduire la portée de ce texte fondateur. Mais comme il est difficile de l’avouer, ils préfèrent se cacher derrière des arguments fallacieux.
Arguments fallacieux
Paul Blanc (photo ci-contre) a ainsi défendu cet amendement pour éviter de « démolir les logements sociaux ou les établissements déjà sortis de terre ». Explications de texte de ce raisonnement tiré par les cheveux ! Un décret de mai 2006 avait précisé les conditions dans lesquelles le préfet pouvait accorder des dérogations aux règles d’accessibilité. Mais ces dispositions réglementaires avaient été annulées par le Conseil d’État, le 21 juillet 2009, au motif qu’elles étaient sans fondement légal. « Or, il s’avère qu’entre la date de publication du décret et son annulation, un certain nombre de permis de construire ont été accordés sur la base des dispositions réglementaires alors en vigueur », écrit Paul Blanc dans son rapport. « Faut-il démolir les logements sociaux ou les établissements déjà sortis de terre ? Les légaliser ? L'éthique de conviction s'oppose à l'éthique de responsabilité. J'ai dû me résoudre la mort dans l'âme à des mesures de substitution pour le bâti neuf », a-t-il plaidé, hier soir, devant ses collègues. Mais alors, pourquoi n’a-t-il pas proposé un texte concernant ces seuls bâtiments construits sur la base du décret de mai 2006 plutôt qu’un article qui va concerner l’ensemble des constructions à venir ?
La mobilisation va se poursuivre
Le texte ayant été voté dans les mêmes termes que lors de la discussion à l'Assemblée nationale, le débat parlementaire est clos et la proposition de loi va devenir une loi. « Nous avons perdu une bataille, mais nous n'avons pas perdu la guerre, a réagi Patrice Tripoteau, le directeur du Pôle actions nationales de l'APF. Nous allons continuer notre mobilisation pour faire en sorte que les dispositions contestables soient corrigées. Les associations dénoncent ce texte ; plus de 7 000 citoyens ont signé notre pétition Oui à la conception universelle, non aux dérogations, et même au sein de l'UMP, des voix discordantes se font entendre. » Frédéric Bouscarle, le président de Handipop, un mouvement associé à l'UMP dit « non à la régression » : « De nouvelles infrastructures pourraient être construites sans tenir compte de l'exigence d'accessibilité : cette exclusion potentielle, nous ne pouvons l'accepter ». F.S
18:20 Publié dans Accessibilité universelle | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : accessibilité, dérogations, paul blanc |
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Commentaires
Je suis d'accord avec vous et vous appuye.
Mais vous devruez aussi penser aux handicapés de la vue : votre adresse électronique, publiée dans le Monde, est illisble pour moi.
Écrit par : J.-J. Werling | 29/06/2011
Avec vous
Écrit par : Cantariti | 29/06/2011
Suite à une action de la délégation pour faire signer la pétition "des bâtons dans les roues" nous pouvons faire le constat suivant : parce que le "discriminateur" en chef de l'U.M.P. (M. Doligé) est aussi notre président du Conseil général nous devons subir la dictature de l'imbécilité et les discriminations à tous les niveaux dans le département c'est une honte pour tous nos concitoyens.
L'image de la France s'en trouve encore dégradée et nous n'avons pas besoin de ça, heureusement les jeunes comprennent très bien la situation et les choses changeront quand ils seront au pouvoir, en attendant la France est dirigée par des incompétents d'un autre âge qui sont totalement dépassés par des lois qu'ils ont eux-mêmes votées. (Toute ressemblance avec la maladie d'Alzheimer ne serait apparement que pure coïncidence)
Écrit par : Karl Martignoni | 29/06/2011
La honte en plus après 60 ans on ne vous considère plus comme handicapée, sans parler des associations à but non lucratifs sur le recrutements des aides à domiciles!!!!!!!La honte
Écrit par : Kimmel | 29/06/2011
C'est incroyable de voir que l'on puisse voter des lois complétement absurdes qui pénalisent des personnes handicapées qui doivent au quotidien se battre avec la vie!!!! que de temps et d'argent perdus pour débattre sur un sujet aussi douloureux que le handicap, je suis concernée dans ma famille et mon entourage et je sais de quoi je parle!!
et je me dresse contre cette volonté de mettre cette loi en application, par pitié mettez vous ne serait ce que 5mn à leur place!!!!!!
Que ce soit de droite ou de gauche, il y a quand même bien des gens qui ont du bon sens!!!! la politique n'a rien à voir là dedans
Écrit par : LISIANE BABIN | 29/06/2011
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