03/11/2011

Emmanuel Petit : « J'invite les gens à voir un match de foot fauteuil ! »

petit-p12.jpgParrain de la coupe du monde de foot fauteuil qui se déroule actuellement à Paris jusqu'au 6 novembre, le champion du monde 98 de football Emmanuel Petit livre son regard sur une discipline qui l'a impressionné. Paroles d'expert.

Comment avez-vous découvert le foot fauteuil ?

Cela fait vingt ans que je m'implique dans le monde associatif, notamment dans le monde du handicap, et je suis habitué à rencontrer des gens de tous horizons. J'avais déjà accompagné le développement du Cécifoot et lorsque des responsables du foot fauteuil m'ont sollicité pour parrainer cette coupe du monde, j'ai aussitôt accepté.

Quelle est la nature de votre engagement ?

J'apporte ma présence, mon image et un soutien moral, bien sûr, mais j'essaie surtout de changer le regard que portent les gens et les pouvoirs publics sur le handicap. Le monde du handicap souffre d'un manque évident de visibilité et de soutien, dans le sport comme ailleurs. Trop souvent les personnes en fauteuil sont considérées comme totalement assistées, incapables de faire quoi que ce soit. Ce qui fait la beauté, la magie du sport, c'est que lorsque les joueurs sont sur le terrain, tous les préjugés et toutes les barrières tombent ! Aux yeux des spectateurs, ils deviennent des sportifs et non des personnes handicapées. Les seules choses qui comptent, ce sont l'investissement et l'intégrité dont ils font preuve.


Qu'avez-vous ressenti lors de votre découverte du foot fauteuil ?

J'ai assisté à plusieurs matches et entraînements de l'équipe de France. Je me demandais comment il était possible de jouer au football en fauteuil, donc j'y suis allé dans l'idée d'être surpris. Ça a été un choc ! Le jeu est spectaculaire, les joueurs sont très volontaires et surtout dotés d'une grande noblesse d'âme. On a beaucoup discuté en dehors des terrains et nos échanges ont été passionnants.

Les joueurs en ont marre des clichés que l'on colporte sur eux... J'invite les gens à venir voir un match de foot fauteuil, parce que ça change l'image que l'on se fait du handicap : on en ressort enrichi d'une expérience unique ! Quand on voit leur détermination, le respect qu'ils ont entre eux, leur superbe état d'esprit, c'est rafraîchissant.

Qu'avez-vous pensé du jeu en lui-même ?

Je l'ai trouvé spectaculaire, physique, avec des contacts violents et des joueurs qui se donnent tout le temps à fond. Il est basé sur des schémas assez simples, avec des phases de jeu à répétition, en triangle, où l'on s'appuie beaucoup sur le coéquipier. C'est un vrai jeu d'équipe, très collectif, où les joueurs doivent être complémentaires. C'est extrêmement tactique et il faut savoir lire et anticiper le jeu et les déplacements des autres joueurs. Comme pour le foot classique, celui qui y parvient gagne un temps d'avance sur les autres, ce qui fait toute la différence.

Les joueurs vous ont-ils demandé des conseils ?

Pas sur le jeu, mais au niveau de la gestion et la préparation mentales liées à un tel événement. Il s'agit d'une coupe du monde, qui plus est organisée chez eux, et cela comporte beaucoup de similitudes avec ce que nous avons connu en 1998. Ils ressentent une certaine pression et une grande fierté de représenter leur pays chez eux et, comme nous à l'époque, ont à cet effet des obligations et des devoirs. Je les ai trouvés très déterminés et impatients d'y participer. Propos recueillis par Pascal Stefani - Photo DR 

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