10/11/2011

Accessibilité des transports en Ile-de-France : un train de retard

ceser DSC_2653.JPGMalgré un investissement sans précédent de 2 milliards d'euros, tous les transports franciliens ne seront pas accessibles en 2015, comme l'impose la loi handicap de 2005. C'est ce que constate le Conseil économique, social et environnemental d'Ile-de-France (Ceser).

Dans un rapport rendu public hier, le Ceser dresse un état des lieux pour le moins contrasté de la mise en œuvre du volet "transports" de la loi du 11 février 2005. Prenons l'exemple des trains : les 65 gares RER de la zone RATP devraient être accessibles en 2015 mais les trains ne seront intégralement renouvelés qu'en 2018 ou 2024. Quant aux 187 gares de la zone SNCF, l'achèvement des travaux, qui n'était déjà pas envisagé avant 2018, a encore été repoussé faute d'accord financier. Celui-ci n'était trouvé qu'en juin 2011, « décalant d'autant le programme des travaux », observe le Ceser.


Deux milliards d'euros (hors renouvellement du matériel roulant), dont près de 1,5 milliard pour le réseau ferré, sont prévus pour la mise en accessibilité des réseaux. Le STIF -l'autorité organisatrice des transports franciliens- en prendra 50 % à sa charge, la Région 25 % ; Réseau ferré de France et la SNCF se partageant le reste. Les communes devront encore trouver 100 millions d'euros pour les aménagements de la voirie.

Outre le retard pris à boucler le budget, le Ceser pointe l'absence de coordination des différents acteurs et l'implication « variable » des communes dans l'élaboration de leur plan d'accessibilité. Un défaut de vue d'ensemble qui explique, aussi, que la continuité des déplacements soit trop peu prise en compte.  Exemple : on aménage un arrêt de bus sans rendre accessibles les trottoirs qui y conduisent.

« On pourrait se retrouver dans une situation surréaliste où, après des investissements de 2 milliards d'euros pour rendre les transports accessibles, leur utilisation serait partiellement rendue impossible », estime le Ceser qui formule une dizaine de propositions au premier rang desquelles l'indispensable mise en place d'une planification suivie des travaux. Texte et photo : Aurélia Sevestre

Commentaires

Ne vous étonnez pas, puisque le 5 septembre on a mis les bâtons dans les roues, nous intéressons personne, la France et ses habitants pensent être à l'abri de tout, mais tout peux arriver et à tout âge.

Écrit par : dallery | 10/11/2011

Le quotidien d'UFR vient confirmer les termes de votre article. Entre les lignes de bus signalées comme accessibles qui dans la réalité ne le sont pas faute d'entretien correct des palettes permettant d'accéder et les chauffeurs de bus qui parfois font mine de ne pas voir qu'un handicapé en fauteuil souhaite monter dans leur bus , il y a beaucoup de progrès à faire !!!

Écrit par : TAMAROW | 14/11/2011

Je comprends la colère de certains. Étant moi même handicapé, j'ai dû me rendre à l'enterrement de mon père. Rien à dire sur Châteauroux, j'y ai été bien assisté, sur le quai, un trans palette m’attendait avec une personne très aimable qui m'a aidé à m'installer. Mais, arrivé à Paris, j'ai déchanté, aucune aide pour la correspondance, mon fils a du pousser mon fauteuil, sortir de la gare, et prendre "la route" pour aller jusqu’au RER, puisqu'il y avait des travaux et que les trottoirs étaient barrés à tout le monde. La seule solution fut de circuler sur un couloir provisoire réservé aux vélos, en cherchant à retrouver le RER, mais l'accès handicapé était indisponible . . . bien que signalé ! Il a donc fallu que nous entrions, avec quelques temps d'errance sur le parking de la gare, pour trouver une entrée "accessible" mais aucun personnel de la gare n'a daigné nous répondre ni nous aider. Certains on dit qu'ils n'étaient pas la pour ça, ou qu'ils n'avaient pas le temps -normal, ils lisaient le journal. Je passe sur les péripéties lorsque nous sommes arrivés à Villiers le Bel-Gonesse sur le quai central, sans personne pour m'aider, il m'a été dit que j'aurai dû descendre à Garges et prendre e Bus ...car cette gare n'est pas équipée. Heureusement, deux employés m'ont aidé en me faisant prendre un ascenseur privé qui par chance a fonctionné, un des deux ayant fait le cobaye pour être sûr ...
Je suis donc arrivé juste à l'heure . . . mais très fatigué. Je devais bien ça à mon père.
Je me suis inscrit sur le site APF, mais la seule réponse que j'ai eue, c'est une demande d'aide !
Depuis très longtemps, j'ai donné de mon temps à ces associations. Seul le secours catholique m'a aidé concrètement et moralement. sans rien demander en échange.
Désolé d'avoir été si long, mais cela ne représente qu'une infime partie de ce que j'ai subi, par force.
Je n'en veut à personne, mais je hais ce système corrompu.
En Afrique, ils ne disent pas handicapé, ils disent différent.
Apprenez des autres, vos yeux s'ouvriront .
Merci.

Écrit par : monselet | 16/11/2011

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