09/01/2012
Politiques de l'emploi en Europe : la France à la traîne
Présenté le 15 décembre à l'Assemblée nationale, un rapport du Comité d'évaluation de contrôle des politiques publiques (CEC) évalue les politiques sociales en Europe. En matière d'emploi, il pointe les mauvaises performances du service public français.
Le rapport du CEC dresse d'abord un tableau encourageant de notre système social avec des performances « le plus souvent au-dessus de la moyenne » des autres pays européens. Points forts : notre dynamisme démographique, l'espérance de vie à la naissance ou encore « l'efficacité redistributive de notre système fiscalo-social ». Il observe néanmoins « une tendance à l'aggravation des inégalités et de l'exclusion » : en 2009, la France se situe au 9e rang pour son taux de pauvreté, derrière la République tchèque ou les Pays-Bas.
Complexité et éclatement des structures d'aide aux chômeurs
Mais c'est surtout son faible taux d'emploi par rapport à ses voisins qui pose problème, alors que notre système repose largement sur les charges sociales du travail. Les pays étudiés (Allemagne, Suède, Royaume-Uni et Portugal), notent les rapporteurs, sont « plus réactifs dans l'ajustement des moyens à la conjoncture » (1). Et de lister les bonnes pratiques de l'Union en matière de retour à l'emploi : renforcement de l'accompagnement des chômeurs, encouragement à la formation professionnelle ou encore mise en place de dispositifs pérennes de contrats aidés pour les publics éloignés de l'emploi.
Et la France ? Elle se caractérise, outre « la complexité et l'éclatement » de ses structures d'aide aux chômeurs (Cap Emploi par exemple pour les personnes handicapées), par le manque de moyens humains et financiers de Pôle Emploi. Les rapporteurs insistent sur la nécessité de renforcer les effectifs, les moyens, « les compétences, l'expertise et l'autonomie des conseillers de Pôle Emploi en renonçant au métier unique ». Bref, près de quatre ans après la fusion ANPE-Assedic, tout est à refaire. Et cette fois, il y a vraiment urgence. Aurélia Sevestre - Photo G. Bouloux
(1) En Italie par exemple, les agences qui "placent" des travailleurs handicapés pour des contrats d'au moins 12 mois touchent une prime comprise entre 2 500 et 5 000 €.
11:12 Publié dans Emploi, formation, Europe et international | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : emploi, formation, cec, rapport |
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