16/01/2012
Le rapport Terré menace les droits des victimes d’accident

« Le rapport Terré signe l’arrêt de mort de la réparation intégrale. » Claudine Bernfeld, la présidente de l’Association nationale des avocats de victimes de dommages corporels (Anadavi), a décidé de monter au créneau pour dénoncer les propositions du groupe de travail mené par François Terré. À la demande du ministère de la Justice, ce professeur de droit a réuni des spécialistes pour plancher sur la réforme de la responsabilité civile que souhaite mener le gouvernement. Leurs conclusions - Pour une réforme du droit de la responsabilité civile - ont fait l’objet d’une consultation publique, close aujourd’hui 16 janvier. L’occasion pour les associations de personnes handicapées et de victimes de faire part de leurs critiques. « Le caractère très technique des propositions ne masque pas la remise en cause pure et simple des principes de réparation intégrale et d’individualisation des préjudices », écrivent, dans un courrier commun adressé, fin décembre, au garde des Sceaux, l’APF, la Fnath, l’UnafTC et la Fenvac.
Le juge n'aura « plus qu’à appliquer un barème »
Aujourd’hui, si un dommage est imputable à un tiers, la victime est en droit d’obtenir l’indemnisation, sans plafonnement, de tous les préjudices subis de telle sorte qu’elle soit replacée dans une situation aussi proche que possible de celle qui aurait été la sienne si le fait dommageable ne s'était pas produit. C’est ce principe de la réparation intégrale que le groupe de travail Terré entend remettre en cause.
Comment ? En hiérarchisant les dommages : « Seuls certains d'entre eux seront reconnus et protégés par le droit. » Mais aussi en créant un référentiel d’indemnisation, qui définirait pour chaque préjudice une fourchette d’indemnisation et sur la base duquel le juge serait tenu d’évaluer financièrement les préjudices extrapatrimoniaux (incapacité permanente, douleur, etc.). « Le rôle du juge dans l’individualisation de l’indemnisation est ainsi totalement banni de notre système juridique, analyse l’Anadavi. Le pouvoir est donné aux médecins qui cotent un préjudice auquel il n’y a plus qu’à appliquer un barème. »
La création d’un tel barème est une demande récurrente des assureurs. Mais les associations de victimes y sont farouchement opposées. Car, estiment-elles, la spécificité de chaque dossier « interdit d’encadrer les montants des indemnisations ». « Il est certain qu’une cicatrice de 20 cm sur la jambe d’une jeune fille ne peut être indemnisée comme sur la jambe d’un homme âgé », précise l’Anadavi.
Le rapport Terré est donc clairement favorable aux compagnies d’assurance. Ce qui n’a rien d’étonnant au vu de la composition du groupe de travail, qui comprenait outre des universitaires et des magistrats, trois représentants des compagnies d’assurance. Pour Claudine Bernfeld, « la proposition de textes portée par le groupe Terré doit donc être regardée comme un document partisan ». Franck Seuret - Photo DR
12:06 Publié dans Compensation | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : assureurs, réparation intégrale, victimes, préjudices, juge, justice, accident, douleur, incapacité |
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Commentaires
Pour les accidents du travail il n'y a pas de réparation intégral de leurs préjudices
Écrit par : puzio | 05/02/2012
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