26/01/2012

Premier "Grenelle" de la scolarisation des jeunes handicapés : passer de la prise en charge... à la prise en compte (1)

IEM La Marrières, Nantes 018.jpgLa Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap (Fnaseph) organisait hier à l'Université Paris-Dauphine un premier "Grenelle" de la scolarisation et de la formation professionnelle des jeunes handicapés. Quelque 300 acteurs -associatifs, chefs d'entreprise, enseignants, professionnels de la santé, parlementaires- y ont participé.

Hier, alors que s'achevait le premier "Grenelle" dédié à la scolarisation des jeunes handicapés, le ministre de l'Éducation nationale, Luc Chatel, -absent de cette réunion- diffusait à la presse un communiqué rappelant les moyens déployés depuis la loi de 2005 pour rendre effectif le droit à la scolarisation des enfants handicapés : 2 000 assistants de scolarisation supplémentaires recrutés depuis la rentrée 2011 ; 1,3 milliard d'euros consacré à la scolarisation des enfants handicapés en 2012, 214 000 jeunes scolarisés en milieu ordinaire, soit 60 % de plus qu'en 2005.
Des chiffres que ne contestent guère les parents d'élèves pour lesquels le problème est ailleurs : « Sept ans après la loi de 2005, à chaque rentrée, nous constatons des dysfonctionnements. Oui, des moyens ont été mis, mais la qualité n'y est pas, notamment parce qu'il n'existe aucune organisation du service d'accompagnement des élèves », a rappelé Sophie Cluzel, la présidente de la Fnaseph.


Établir un plan d'action
L'objectif de ce premier "Grenelle" était de dresser un état des lieux et de formuler des propositions concrètes pour améliorer le parcours des jeunes, depuis l'école jusqu'à la vie professionnelle. Premier constat partagé par les acteurs : la nécessité de passer de la prise en charge des jeunes à une réelle prise en compte de leurs besoins. Les acteurs présents ont dressé une liste de mesures parmi lesquelles :

  • harmoniser les pratiques des Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), créer un outil commun d'évaluation des besoins et de remontées des statistiques ;
  • former les professionnels de l'éducation en rendant obligatoire, dans chaque cursus, un module sur la prise en compte du handicap à l'école ; négocier, au niveau national, l'accès aux manuels scolaires numériques ;
  • pérenniser un véritable métier d'accompagnant, rendre obligatoire les 60 h de formation des actuels auxiliaires de vie scolaire (AVS) avant toute prise de fonction, et que ce métier s'exerce, dans chaque département, au sein de nouveaux services « d'accompagnement scolaire, social et professionnel » pour garantir la continuité des parcours de chaque jeune.

« Ce que nous demandons, c'est une réorganisation des moyens et une mutualisation de ce qui marche déjà ! Ces propositions, nous irons les porter à chaque candidat à l'élection présidentielle et la Fnaseph va officiellement demander une audience au chef de l'État pour lui restituer les travaux de ce Grenelle », a annoncé Sophie Cluzel. Aurélia Sevestre - Photo Karine Lhémon

(1)  Selon le titre du rapport de Jean-François Chossy, présent hier à ce "Grenelle". Les participants se sont notamment appuyés sur ses travaux pour formuler des propositions.

 

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