27/01/2012

Pas de nouvelle molécule offrant de progrès thérapeutique décisif en 2011, selon la revue Prescrire

1213599_pills.jpg2011, une année décevante pour les patients et les soignants en attente de nouveaux médicaments apportant de réels progrès thérapeutiques. C'est l'avis de la revue médicale indépendante Prescrire qui n'a pas décerné sa traditionnelle "Pilule d'or", destinée à récompenser une substance offrant une avancée tangible (un « progrès thérapeutique décisif ») pour les patients.
Prescrire n'a pas non plus inscrit à son "Tableau d'honneur" ou cité à son "palmarès" de nouvelles molécules ou médicaments déjà commercialisés pour une nouvelle indication, ce qui est une première depuis la création de ces distinctions en 1981, destinées à faire le tri dans la masse des "nouveautés commerciales".
Pour les responsables de Prescrire, ce triste bilan « témoigne à la fois du laxisme des procédures d'autorisation de mise sur le marché (1) et de la faillite du système d'incitation au progrès thérapeutique », soulignant au passage que leurs critères de sélection n'ont pas varié en trente ans.


Ces résultats sont aussi l'occasion de prendre un certain recul. En effet, même si en France, l'affaire du Médiator a suscité une remise en cause de la politique du médicament, Prescrire souligne que « le développement d'une recherche sur les médicaments plus indépendante des firmes pharmaceutiques n'a pas été suffisamment abordé, malgré les enjeux en termes d'accès à des nouveaux médicaments réellement utiles ».
Cette annonce est à mettre en rapport avec la récente enquête du cabinet Deloitte sur notre système de santé. Tant vanté par le passé, mais en pleine mutation depuis dix ans, il suscite de plus en plus de critiques de nos concitoyens. Si 73 % des sondés sont encore convaincus de disposer d'un des meilleurs dispositifs de la planète, ils ne sont que 51 % à le juger encore satisfaisant. Pour quatre Français sur dix, l'efficacité des services de santé s'est dégradée au cours des cinq dernières années, avec l'impression de n'être plus considérés comme des patients mais des consommateurs. Pour une majorité des sondés, ce devrait être l'un des enjeux forts de la campagne présidentielle... O. Clot-Faybesse - Photo DR

(1) Et ce n'est pas le scandale actuel des prothèses PIP qui témoignera du contraire...

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