09/02/2012

3e baromètre APF : l’accessibilité progresse trop doucement pour respecter l’échéance légale d’une France accessible en 2015

VDN00037695.jpgNantes, Grenoble, Caen : voilà le trio des villes françaises en tête du 3e baromètre APF de l’accessibilité 2011. Comme lors des deux premières éditions, Nantes (photo ci-contre) est celui des 96 chefs-lieux départementaux métropolitains qui s’implique le plus dans la mise en accessibilité de la cité, selon les critères de l’Association des Paralysés de France. « Les élus nantais ont conscience que l’accessibilité est un sujet de société qui ne concerne pas que les personnes handicapées mais qui sert à tous, explique Jean-Pierre Blain, le représentant départemental de l’APF en Loire-Atlantique. Cette vision de la société est appliquée à toute la ville de Nantes mais aussi aux 24 communes de l’agglomération. »

Au-delà des résultats locaux, l’étude de l’APF permet de mesurer l’état d’avancement du chantier de l’accessibilité, alors que la loi de février 2005 stipule que tous les établissements recevant du public et tous les moyens de transport collectifs devront être accessibles respectivement au 1er janvier 2015 et 12 février 2015.


Une dynamique enclenchée

Certes, le baromètre n’est pas encore au beau fixe, loin de là, mais l’aiguille progresse dans le bon sens. La moyenne nationale a grimpé de 10,6/20 en 2009 à 11,6 en 2010 et 12 en 2011. Seules 15 villes n’atteignent pas la moyenne pour cette 3e édition, contre 21 pour la 2e. « Une vraie dynamique est enclenchée, constate Nicolas Mérille, conseiller national politiques d'aménagement du territoire, ville et citoyenneté à l’APF. Mais sera-t-elle suffisante pour atteindre l’objectif d’une France accessible en 2015 ? On peut en douter, à moins de trois ans de l’échéance. » Surtout que de véritables points noirs subsistent.

Ce retard n’a rien d’étonnant. Nicolas Sarkozy n’a eu cesse de réaffirmer que l’objectif 2015 était « intangible »… mais il ne s’est jamais donné les moyens de l’atteindre. Un observatoire interministériel de l’accessibilité et de la conception universelle a bien été créé en février 2010, mais son budget et ses compétences restent trop limités pour pouvoir jouer un rôle moteur. Pire encore, le gouvernement et les parlementaires UMP n’ont cessé de vouloir assouplir la loi de février 2005. Le conseil constitutionnel et le Conseil d’Etat ont retoqué quatre fois des lois ou des décrets, instaurant des dérogations et autres exceptions.

L'APF demande aux candidats de s'engager

Un des douze points du Pacte APF 2012 pour une société ouverte à tous porte sur « une France accessible en 2015 ». Les candidats aux élections présidentielle et législatives qui le signeront s’engagent à adopter un plan pluriannuel d’investissement. Franck Seuret - Photo Ville de Nantes

 

Commentaires

Bonjour,

Je viens de prendre connaissance avec étonnement de la progression de la Ville de Grenoble au classement de ce Baromètre.

Certes, je comprends bien qu'il ne s'agit que d'une évaluation destinée à dégager des tendances, mais concernant Grenoble, la note maximale (21/21) attribuée au critère "politique locale volontariste" (Cf. page 4) me paraît largement excessive, surtout quand on connaît l'évolution de la Municipalité grenobloise en matière de voirie depuis trois ans, secteur où les élus et les services techniques considèrent maintenant qu'il faut faire des "compromis" entre l' "intérêt général" et celui des handicapés...

Je rappelle pour mémoire :

1°) La Municipalité de Grenoble installe maintenant des chicanes non conformes à la réglementation, au détriment des personnes les plus handicapées. Plus grave, elle ose même présenter cette installation comme une expérimentation modèle sur son site internet :

http://www.grenoble.fr/TPL_CODE/TPL_ACTUALITE/PAR_TPL_IDENTIFIANT/356/2-cadre-de-vie.htm

2°) Contrairement à ce qui s'était fait lors de la création de la ligne de tramway C en 2006, il n'est pas prévu de rehausser le niveau général de la voirie pour la prochaine ligne E dont les travaux viennent de démarrer, et cela malgré la demande des associations. Résultat : les marches à l'entrée des commerces et immeubles situés sur le parcours ne seront pas supprimées automatiquement, cela ne pourra se faire qu'au coup par coup !

3°) Enfin, plus récemment, les élus ont décidé d'autoriser l'empiétement sur le trottoir d'une terrasse au 82 avenue La Bruyère, contre l'avis de l'Union de quartier concernée (Village Olympique Vigny-Musset). Il est à craindre que cette autorisation ne soit pas la seule du genre...

Pour ma part, je considère que le volontarisme politique se mesure aux décisions, et pas aux déclarations.

Écrit par : Galy Henri | 17/02/2012

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