28/08/2012

Nager au-delà des frontières : ultime traversée accomplie

Bering1HydravionsGlacier121.jpgIls l’ont fait. Philippe Croizon, nageur amputé des quatre membres, et Arnaud Chassery, son partenaire valide, ont réussi, vendredi 17 août, leur dernière traversée, la quatrième de leur grand incroyable défi. Pour rappel, l’opération Nager au-delà des frontières avait comme objectif de véhiculer un message de paix entre les hommes des cinq continents, en soulignant les notions fondamentales de respect, d'égalité et de solidarité, notamment vis-à-vis « des personnes handicapées trop souvent l'objet de discrimination et de marginalisation à cause de leur différence ».

Cette ultime traversée avait pour but de relier l’Amérique à l’Asie, en l’occurrence l’île de la Petite Diomède (États-Unis) à l’île de la Grande Diomède (Russie), située au centre du détroit de Béring. Les autorités russes locales n’ayant pas accepté de valider l’autorisation délivrée par l’Ambassade de Russie à Paris, pas question de débarquer sur la Grande Diomède. L’objectif a dû être modifié et a, de manière symbolique, consisté alors à atteindre la limite des eaux territoriales russes, située environ à mi-distance dans le détroit de Béring.


Des conditions de traversée terribles 

La plus courte des traversées sur le papier (4 à 8 km prévus seulement selon les conditions de marée et météorologique, soit entre 3 et 5 heures) s’est révélée être la plus périlleuse de toutes. La raison ? Une température de l’eau ne dépassant pas les 4°C et la présence d’orques. De plus, nos aventuriers ont dû se jeter à l’eau malgré des creux de deux mètres et un épais brouillard. En effet, bloqués sur l’île américaine de la Petite Diomède (point le plus à l’ouest de l’Alaska) depuis quatre jours en raison d’une dépression, ils n’avait plus le loisir d’attendre plus longtemps. Surtout qu’une autre tempête était annoncée…

Les muscles engourdis par le froid, les deux sportifs ont puisé dans leurs dernières ressources pour signer la fin de leur grand défi intercontinental. « Ça y est, nous l’avons fait !, s’est exclamé à son retour sur la terre ferme, un Philippe Croizon exténué mais heureux. Cela a été la nage la plus dure de ma vie, je n’avais jamais fait un tel effort auparavant. Entre les vagues énormes et le brouillard à couper au couteau, j’ai cru ne jamais y arriver. Sans Arnaud je n’aurais jamais pu le faire. Je l’ai suivi, agrippé, il m’a guidé et a veillé sur moi. Mais il fallait qu’on le fasse, c’était maintenant ou jamais. Je ressens un vrai sentiment de fierté. » Et Arnaud Chassery d’ajouter : « C’est un défi réussi en équipe. Sans moi, Philippe l’a dit, il n’y serait pas arrivé aujourd’hui. Et sans lui, je ne serais pas là. C’est une chance incroyable d’avoir nagé à cet endroit. Même la tempête ne nous a pas découragés, j’ai toujours su qu’on allait se mettre à l’eau. C’était impensable de rentrer sans l’avoir fait. » 

Retour sur un défi fou

« Notre idée, c’était de relier symboliquement les cinq continents de la planète et c’est fait », a souligné Arnaud Chassery. Pour cela, courage, détermination et dépassement de soi auront été nécessaires pour enchaîner les prouesses, à savoir pas moins de quatre traversées d’affilée.

Tout a commencé en mai dernier avec le ralliement de l’Océanie à l’Asie (7h35 min de nage de la Papouasie-Nouvelle-Guinée à la Papouasie indonésienne). Puis ce fut le tour de l’Afrique à l’Asie en juin (traversée du Golfe d’Aqaba en Mer Rouge entre l’Égypte et la Jordanie en 5h20 min). Pour finir en juillet par l’Europe à l’Afrique (traversée du détroit de Gibraltar entre l’Espagne et le Maroc en 5h25 min), avant de boucler ce tour du monde par une dernière nage d’Amérique vers l’Asie. O. Clot-Faybesse - Photo Gédéon Programmes

Commentaires

bravo Philippe, Quelle leçon de courage, beaucoup de valide peuvent s'accrocher.

Écrit par : mathias | 29/08/2012

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