30/08/2012

Rentrée 2012 : ce qui va changer pour les élèves handicapés

peillon,avs,auxiliaires de vie scolaire,geva-sco,aide mutualisée,rentrée,école,langevin« 1 500 auxiliaires de vie scolaire sont recrutés dès cette rentrée pour améliorer les conditions de scolarisation des enfants en situation de handicap. » Vincent Peillon, le ministre de l’Education nationale, et George Pau-Langevin, la ministre déléguée à la réussite éducative, ont confirmé, lors de la traditionnelle conférence de presse de pré-rentrée scolaire, qui s’est tenue le 29 août, l’engagement pris par Jean-Marc Ayrault, début juillet. Cette rentrée sera également marquée par la mise en oeuvre d’un nouveau type d’accompagnement : l’aide mutualisée. 


2 300 auxiliaires de vie scolaire mutualisés

Le décret du 23 juillet 2012 stipule que cette dernière est « destinée à répondre aux besoins d'accompagnement d'élèves qui ne requièrent pas une attention soutenue et continue ». La décision de la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) s’appuiera sur l’évaluation des besoins de l’enfant, réalisée avec un nouvel outil, le Geva-sco. « Cette réforme va dans le bon sens, approuve Bénédicte Kail, conseillère nationale politiques éducation et famille à l'APF. Elle va permettre de répondre plus finement aux besoins d’un plus grand nombre d’enfants. Mais l’aide mutualisée sera difficile à mettre en place dans les petits établissements. Et nous serons attentifs à la manière dont les CDAPH et le ministère appliqueront ce décret : les besoins devront être intégralement reconnus et couverts. » 4 000 contrats uniques d’insertion vont être transformés en 2 300 emplois d’auxiliaires de vie scolaire mutualisés, ont annoncé les deux ministres.

Par ailleurs, un état des lieux des critères utilisés d’une Maison départementale des personnes handicapées à l’autre pour décider de l’attribution ou non d’un auxiliaire de vie scolaire individuel va être réalisé. Ce rapport sera remis fin 2012. Enfin, une « réflexion associant tous les acteurs » va être lancée « dès le mois de septembre » pour « repenser la fonction d’accompagnement des élèves en situation de handicap et notamment sa professionnalisation à travers l’élaboration d’un référentiel métier ».


Pour l’APF, « cette rentrée 2012 a valeur de "test" en attendant le résultat de la concertation sur la refondation de l’école lancée par le gouvernement il y a quelques semaines ». Franck Seuret - Photo DR

Commentaires

Les choses bougent..!!!!!lentement !!!..........mais elles bougent! MERCI MERCI MERCI MERCI !

Écrit par : Larsonneur | 30/08/2012

Bravo pour votre dossier "raconte-moi ton école" dans le numéro de septembre de Faire Face.

Seul bémol, pourquoi ne pas avoir donné la parole à un lycéen ? certes il y en a peu, mais il y en a aussi et qui peuvent témoigner des difficultés à pouvoir continuer leurs études, et évoquer par exemple le fait qu'après le bac (sauf pour le bts), il n'y a plus d'avs, d'autres opportunités,.., mais toujours autant de difficultés pour l'intégration scolaire néanmoins !

Merci pour les témoignages et les sourires de William, Samy, Aminata, Johnjoe et David, j'espère que leur rentrée se sera bien passée. Qu'ils gardent leur détermination, leur joie de vivre et surtout qu'enfin nos politiques mettent une bonne fois pour toutes les moyens, tous les moyens, pour que l'intégration scolaire des élèves handicapés ne soit plus un frein à leur scolarité et leur intégration parmi les autres.

Écrit par : laurence | 05/09/2012

Bonjour,

Tout d'abord merci pour ce commentaire qui nous conforte dans notre choix d'avoir voulu donner la parole aux enfants. Et comme vous le soulignez et comme nous l'avons constaté, ils ont beaucoup à dire.
Pour répondre à votre question : "pourquoi ne pas avoir donner la parole à un lycéen ?" : là aussi un choix rédactionnel, car nous avons voulu cibler sur des enfants plus jeunes qui ne s'étaient pas encore exprimer sur la manière dont ils vivent l'école. Oui les lycéens ont des choses à dire fort intéressantes mais ils ont déjà eu l'occasion de le faire dans nos colonnes.
Cordialement,

Écrit par : la rédaction | 05/09/2012

Bordeaux : des ados handicapés privés d'école
Parents et enseignants ont manifesté hier contre la suppression des AVS pour les élèves handicapés

La lettre de la directrice du lycée professionnel privé Saint-Vincent-de-Paul est arrivée jeudi matin dans la boîte aux lettres des Jougla : « On nous faisait savoir que notre fils ne pourrait pas bénéficier d'une AVS pour cette rentrée. Ce qui signifie pour lui qu'il sera privé d'école. » Romain, 18 ans, est handicapé moteur. Il a besoin d'aide pour noter les cours, pour prendre ses repas à la cantine et pour porter son cartable. « Un élève brillant », assurent ses parents, Richard et Luce Jougla, « qui veut devenir intégrateur. Ses études comptent pour lui par-dessus tout. Elles lui permettent d'exister. Depuis qu'il a appris la nouvelle, il se sent rejeté et ne comprend ce qu'il lui arrive. » Hier, les parents des enfants scolarisés dans cet établissement bordelais sont venus manifester leur colère.
« On passe de quatre à zéro »
Isabelle Porcheron, la directrice de Saint-Vincent- de -Paul, est catastrophée : « Depuis 2005, nous accueillons 12 ados au sein d'une Ulis (Unité localisée d'inclusion scolaire), qui sont intégrés dans les classes avec le soutien d'une EVS (employée de vie scolaire). La jeune fille s'occupe de tout le groupe. Parallèlement, nous avons d'autres élèves porteurs de handicap qui bénéficient d'une notification MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) leur permettant d'avoir une aide individuelle. Là, il s'agit d'une AVS (auxiliaire de vie scolaire). L'an dernier, nous avions une EVS et trois AVS. Avant cette rentrée, au moment de signer les contrats avec Pôle emploi, on nous a fait savoir que nous n'en aurions aucune. Et donc, on passe de quatre à zéro. »
Le rectorat dépassé
Dominique Demay emmène chaque matin son fils de Montguyon (17) au lycée Saint-Vincent-de-Paul. « Vincent a 15 ans et il est dyslexique. Depuis la sixième, il a fait un parcours normal et rentre en seconde pour passer un bac pro de graphisme. Il a droit à une AVS. On lui fait miroiter des études, et là, plus rien. »
Parents et enseignants sont ensuite partis au rectorat où ils avaient demandé à être reçus. Huit chefs d'établissement de l'agglomération les ont rejoints. « Toutes les écoles privées catholiques de Gironde n'ont droit à aucune AVS ni EVS », expliquait l'un d'eux.
La secrétaire générale de l'académie a convié les directeurs à un entretien. Luce Jougla s'est glissée dans le groupe. « Notre interlocutrice paraissait très ennuyée et nous a d'emblée confié qu'il n'y avait pas de budget pour ces aides. »
Dans un communiqué, le rectorat rappelle qu'en Aquitaine il y a 9 760 enfants handicapés, public et privé compris. « Même dans le public, des enfants handicapés n'ont pu faire leur rentrée faute d'accompagnement », rapporte Luce Jougla. « Mesurant l'urgence de la situation, poursuit le communiqué, la secrétaire générale étudie toutes les solutions et s'est engagée à répondre aux familles dans un délai de 48 heures. »
Luce Jougla reste combative : « On nous pousse à scolariser nos enfants et voilà ce qui se passe. J'ai dit à cette dame : "Mon fils veut préparer un CAP de communication graphisme et la première partie du bac. À quoi cela sert d'être allé jusque-là ? Qu'est ce que je vais lui dire ?". »
Elle espère avoir une réponse positive vendredi soir.


Trouvez-vous normal que ces enfants handicapés ne puissent plus aller à l'école faute de budget?

Oui.

Non.

J'ai un avis plus nuancé, j'en fais part en commentaire.

Écrit par : laurence | 06/09/2012

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