24/04/2012

23 films et un site sur le handicap, ailleurs dans le monde

 A Melbourne, en Australie, avec les plongeurs de Disabled divers

« Etre handicapé ne veut pas dire ne rien pouvoir faire. Cela veut juste dire, faire les choses différemment. » Mike Letch, paraplégique, préside l’association Disabled divers qui initie des Australiens handicapés aux joies de la plongée, dans les eaux de Melbourne. Cet ex-motard est l’un des nombreux personnages que Catherine Bouev, Flavie Thévenet et Noémie Jéhanne ont rencontré durant leur tour du monde du handicap. Un voyage qui les a menées dans 15 pays, d’où elles ont ramené des articles, des photos et 23 reportages ou portraits vidéo -dont un sur Disabled divers, en ligne sur leur site : www.multicap.org. A voir aussi aussi: un établissement chinois qui accueille des enfants abandonnés car nés avec un bec de lièvre, le quotidien d’un étudiant suédois, etc. « Avec ces films, nous voulons faire découvrir les personnes handicapées de manière simple, curieuse et naturelle, précise Catherine Bouev. Nous voulons aussi leur donner la possibilité de s’exprimer. »

Dans la maison d'accueil pour les enfants nés avec un bec de lièvre, en Chine

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24/01/2012

La famille kosovare d’un garçon handicapé a été expulsée

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Blendon ne sera pas opéré au CHU de Reims. Jeudi 19 janvier, ce jeune Kosovar de 10 ans a été expulsé avec sa famille, en situation irrégulière. Hémiplégique, il devait subir une intervention chirurgicale courant mars, pour réduire les séquelles de l’accident vasculaire cérébral dont il avait été victime au Kosovo.

La famille était arrivée en France en avril 2011 pour échapper, selon elle, aux menaces d’une mafia locale, rapporte l’AFP. Sa demande d’asile avait été rejetée, et elle faisait l’objet d’une « obligation de quitter le territoire français » (OQTF).

Pour protester contre leur expulsion, les enseignants de l’école de Châlons-en-Champagne, où étaient scolarisés les enfants, ont organisé une journée école morte, le 19 janvier : ils ont accueilli les élèves mais n’ont pas assuré les cours. « Nous allons accentuer la mobilisation pour demander le retour de cette famille, explique le représentant de Réseau éducation sans frontières (RESF) à Reims. Il faut, au minimum, que le garçon handicapé puisse bénéficier de l’opération et de la rééducation qui étaient programmées. » Une pétition a été lancée. Franck Seuret - Photo DR

13/01/2012

Mobilisation contre l'expulsion de Miriam, polyhandicapée, et de sa famille

T9_Miriam_c.jpgLa mobilisation s’intensifie autour de Miriam et de sa famille, menacées d’expulsion vers le Brésil. Mardi 10 janvier, une cérémonie de parrainage républicain a été organisée pour Raquel, la sœur de cette jeune femme polyhandicapée âgée de 18 ans. « En tant que professeur principal de Raquel, j’ai voulu mobiliser les collègues (…), explique, à orléansinfos.fr, Christine Hemmerdinger, qui enseigne au lycée de Saint-Jean de Braye (Loiret) où elle est scolarisée. Nous avons commencé par écrire des courriers pour témoigner de sa bonne intégration dans ses études. Le parrainage, c’est RESF qui nous l’a proposé et plusieurs collègues se sont portés volontaires pour être parrains. »

Les parents de Miriam ont quitté le Brésil en 2007 pour permettre à leur fille, atteinte d’une forme sévère d’épilepsie, de bénéficier de soins adaptés en France. Miriam est accueillie, pendant la journée, par l’établissement spécialisé du Levain, à Olivet (Loiret). Son état de santé s’est amélioré mais sa famille est sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français. Une nouvelle demande de titre de séjour a été déposée, auprès de la Préfecture d'Orléans. Franck Seuret

 

31/05/2011

Immigration, aux frontières du droit : un documentaire Canal + sur les dérives de la politique d’expulsion des étrangers malades

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« Il y a un droit particulièrement protecteur des étrangers malades en France », assure Éric Besson, face caméra (photo ci-contre). Dans le documentaire Immigration : aux frontières du droit qui sera diffusé mercredi 1er juin à 20h50 sur Canal +, celui qui était alors ministre de l’immigration évoque le cas d’Ardi. Cet adolescent polyhandicapé a été expulsé en mai 2010 alors qu’il était  accueilli dans un établissement spécialisé en France. « Si dans le pays [d’origine] (…) les soins n’existent pas (…), la France vous accorde un titre de séjour, insiste Éric Besson. Qui décide ? Une commission médicale, des médecins spécialisés. (…). Les deux commissions successives de médecins [ont dit] qu’il n’y a aucun problème : il peut voyager, il sera traité sans difficulté au Kosovo. »

La contre-enquête menée par la réalisatrice, Manon Loizeau, montre qu’il n’en est rien : la directrice de l’ONG Handikos, quL'IMMIGRATION AUX FRONTIERES DU DROIT#2.jpgi gère un centre de rééducation près du village où vit la famille d’Ardi, et le chef de la clinique neurologique de Pristina, la capitale, expliquent qu’Ardi ne peut bénéficier au Kosovo, de la prise en charge globale dont il a besoin. Quant aux médicaments nécessaires, ils ne sont pas tous disponibles sur place et leur coût est prohibitif, l’équivalent du salaire moyen. « Les médecins de la mission qui sont venus n’avaient pas la compétence pour poser les bonnes questions (…) : il ne connaissent pas le polyhandicap qui est quelque chose de très particulier », s’énerve Isabelle Kiefer, l'ex-pédiatre française de l'adolescent, que la documentariste a suivi sur place (photo ci-contre). « Il va mourir plus vite et dans de mauvaises conditions (…), déplore-t-elle. Il est en train de partir ! »

Ardi, l’exemple le plus révoltant

Le documentaire présente également deux autres cas emblématiques : un angolais, arrivé en France il y a neuf ans, mais que les autorités refusent de régulariser bien qu’il soit père de deux enfants nés ici ; un jeune Haïtien à qui le visa d’entrée a été refusé au motif qu’il venait d’avoir 18 ans, alors que sa mère et ses trois frères et sœurs, mineurs, vivent en France en situation régulière. Si « l’obsession du chiffre vous amène à mettre sous le boisseau votre capacité d’appréciation des situations humaines » ou « à violer la règle du droit », « oui, là, ça pose un problème », analyse Yannick Blanc, l’ex-directeur de la police générale de la Préfecture de police de police de Paris. Pour Télérama, « l’exemple le plus frappant, le plus révoltant » de ce film de 90 minutes est celui d’Ardi. Suffisamment « révoltant » pour que la preuve par l’image qu'il ne peut être pris en charge au Kosovo, amène le gouvernement à autoriser son retour comme le demandent son comité de soutien et l'APF depuis son expulsion ? F.S

Immigration, aux frontières du droit - à voir sur Canal +, mercredi 1er juin à 20h50.

Les premières minutes du documentaire

 

 

 

En octobre 2010, l'un des journalistes de Faire Face était parti au Kosovo pour témoigner de l'aggravation de l'état de santé d'Ardi. Reportage à Dagobil, à 1h30 de la capitale du Kosovo, Pristina.


Ardi expulsion Handicap Kosovo/ 19 octobre 2010 par lesfilmssirene

 

02/05/2011

Expulsion d'Ardi : Alain Juppé apporte de mauvaises réponses

Toujours la même rengaine… « Je peux vous assurer que nous continuons à suivre cette affaire avec beaucoup d’attention », a répondu Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères, à Jean-Marie Barbier, le président de l’APF, qui lui avait adressé un courrier, fin mars, pour l’alerter sur la dégradation de l’état de santé d’Ardi (voir le Courrier Alain Juppé_Ardi.pdf). Ce jeune kosovar polyhandicapé, a été expulsé de France, le 3 mai 2010, avec ses parents en situation irrégulière alors qu’il était accueilli dans un établissement spécialisé près de Metz.

 

« La direction de la santé, du travail et du bien-être de la municipalité de Malishevo [la ville la plus proche du village ou habitent Ardi et sa famille] nous a à nouveau confirmé sa disponibilité à étudier avec les parents du jeune homme d’autres moyens ou ressources à mettre en œuvre pour lui venir en aide », écrit Alain Juppé. Le problème, c’est que les « moyens ou ressources » disponibles au Kosovo ne sont pas adaptés aux besoins des enfants polyhandicapés comme Ardi.

 

« Le directeur général de la santé kosovar s’est engagé à permettre, en cas de nécessité, une hospitalisation assortie du traitement approprié dans un pays limitrophe », poursuit le chef de la diplomatie française. Ce n’est pas d’une hospitalisation dont a besoin Ardi, mais d'une prise en charge à long terme dans un établissement spécialisé. Tant que les décideurs ne feront pas l’effort de prendre en compte les réels besoins d’Ardi et de sa famille, toute avancée sera impossible…

 

Un documentaire, retraçant l’histoire d’Ardi, sera diffusé le 1er juin 2011 à 20h30 sur Canal+. F.S