19/04/2012

Cellules souches issues du cordon ombilical : oui à l’extension de leur utilisation mais non à la privatisation des biobanques, affirme le Comité consultatif national d’éthique

cordon ombilical,cellules souches,comité consultatif national d'éthique,biobanquesDepuis plus de vingt ans, les cellules souches issues du cordon ombilical sont utilisées avec succès en remplacement de greffes de cellules souches de moelle osseuse dans le traitement de plusieurs hémopathies. Dans son avis n°117 publié ce matin, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) s’interroge sur l’impact éthique de l’utilisation de ces cellules et leur conservation dans des biobanques

Augmenter les prélèvements

Tout d’abord, le CCNE constate que la France ne dispose actuellement que de 15 000 "unités d’UCB" (acronyme anglo-saxon pour Umbilical Cord blood, sang du cordon ombilical). « Ce nombre ne correspond pas aux besoins croissants des services pratiquant les greffes de cellules souches, précisent les auteurs de l’avis. Cette situation questionne notre solidarité et conduit actuellement à importer de l’étranger des greffons à des prix très élevés. »

C’est ainsi que le Comité recommande que le nombre de maternités accréditées pour prélever le sang de cordon augmente pour atteindre rapidement un objectif de 50 000 unités d’UCB répertoriées. Pour ce faire, les mères devront être mieux informées sur la possibilité d’un don de cordon. En effet, le prélèvement se fait en salle de naissance, rappelons-le sans aucune conséquence sur la mère et l’enfant. Du personnel soignant supplémentaire devra aussi être prévu au moment de l’accouchement car le prélèvement ne peut se faire au détriment des soins prodigués à la mère et à son enfant.

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14/02/2012

Vient de paraître : l’humain périmé ?

Couv Humain.jpgCe qui hier semblait être du domaine de la science-fiction est devenu des plus concrets aujourd’hui. Les exemples ne manquent pas, tant au niveau de la biologie (extraction de cellules souches, reprogrammation cellulaire, modification de l’ADN, identification de gènes impliqués dans des maladies ou le vieillissement, etc.) que de la technologie (ordinateurs contrôlés par la pensée ou le regard, prothèses composites capables de réparer ou restaurer la vue, l’audition ou encore la marche…).

Au vu des avancées technoscientifiques actuelles, on assiste sans aucun doute à une véritable révolution et la question se pose de savoir si les progrès fulgurants de la science ne vont pas radicalement transformer l'homme.

Afin d’y répondre, Monique Atlan et Roger-Pol Droit ont enquêté pendant deux ans, rencontrant une cinquantaine de scientifiques de renom qui travaillent à travers le monde au sein d’institutions prestigieuses (Collège de France, Universités de Stanford et de Harvard, École normale supérieure, MIT - Massachusetts Institute of Technology…)

Pour ces deux journalistes (1), les progrès de la science ont fait bouger les frontières entre l’inerte et le vivant, l’artificiel et le naturel ou encore l’animal et l’homme. Ainsi, « les contours de l'humain s'estompent et les limites s’éloignent ». Face à ces représentations de l’humain devenues floues, il devient nécessaire de reformuler la notion d’humanisme.

Cependant, les auteurs soulignent que, même si une partie des mécanismes du vivant a été identifiée, l’homme, de par sa singularité, est loin de se résumer à la somme de ses gènes ou à la connaissance de ses processus cognitifs.

O. Clot-Faybesse

 

(1) Monique Atlan est également productrice du programme littéraire quotidien "Dans quelle étagère" sur France 2. Roger-Paul Droit, chroniqueur pour Le Monde, Les Échos et Le Point, est également écrivain, chercheur au CNRS en philosophie et enseignant à Sciences-Po Paris.

 

Humain - Une enquête philosophique sur ces révolutions qui changent nos vies, Monique Atlan et Roger-Paul Droit, Éditions Flammarion, 560 pages, 22,90 €.

 

03/02/2012

Avancée scientifique : des neurones neufs à partir de la peau

Images cellules précurseurs.jpgUtiliser les cellules de la peau d’une personne atteinte d’une maladie neurologique pour les transformer en cellules neuronales saines. Puis les lui injecter, sans aucun risque de rejet, pour traiter sa maladie. Cette perspective thérapeutique se rapproche après la parution des travaux de l'équipe du professeur Marius Wernig. Ce succès annoncé dans la revue américaine Nature en date du 27 janvier a été rapporté par Le Figaro Santé. Il constitue un prolongement de résultats précédemment obtenus dans ce domaine.

L’équipe de Marius Wernig, basée à l'école de médecine de Stanford en Californie, est arrivée à partir de fibroblastes (cellules du tissu conjonctif) à créer des précurseurs neuronaux. Ces précurseurs, qui sont en fait des cellules au stade de développement précédant les neurones, permettent d'obtenir par la suite trois types cellulaires présents dans le cerveau et le système nerveux : des neurones, des astrocytes et des oligodendrocytes.

 

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26/05/2011

Recherche sur l'embryon : les députés disent non aux sénateurs

Interdiction maintenue. Pourtant, les sénateurs avaient voté le mois dernier en faveur d'une autorisation encadrée. Réunis en commission il y a deux semaines, une partie des députés avaient opté également, à deux voix près, pour une autorisation encadrée de la recherche sur l'embryon et les cellules souches.

Mais l'amendement pris hier soir à l'Assemblée nationale, par 73 voix contre 33, a rétabli le maintien de l'interdiction actuelle (avec dérogations), lors de la deuxième lecture du projet de loi de bioéthique.

Pour le ministre de la Santé, « on ne ferme pas la porte aux avancées de la science ». Il s'agit pour Xavier Bertrand, « d'opter pour une position "d'équilibre" de l'interdiction avec dérogations », sans aucune volonté de brider la recherche.

Bien que des clivages se soient manifestés au sein de la majorité, certains députés UMP défendant l'idée de l'autorisation, la bataille de l'embryon n'aura pas eu lieu. Les débats se sont reportés sur un classique affrontement droite-gauche. Le député PS Gaëtan Gorce a reproché à cet égard au gouvernement d'avoir fait du débat sur la bioéthique « un débat idéologique » et « politique ». « On a là un gouvernement qui veut remporter une victoire politique ! », a-t-il aussi déclaré. Olivier Jardé (Nouveau Centre) a plaidé également en faveur de l'autorisation « au nom d'une certaine lisibilité » notamment vis-à-vis de pays étrangers.

Ce statu quo satisfera l'Église de France, qui considérait qu'en cas de changements introduits dans le projet de loi actuel, une certaine conception de l'être humain aurait été « très gravement compromise ». O.CF

16/03/2011

Les cellules souches améliorent la "récupération" de l'enfant traumatisé crânien

Selon Le Quotidien du Médecin, paru mi-mars, rapporteur d'un article du mensuel scientifique américain Neurosurgery, la réinjection des propres cellules souches d'un enfant victime d'un traumatisme crânien sévère pourrait l'aider à mieux récupérer. Ce premier constat est tiré d'une étude de phase 1 menée à l'Université Texas Health Science Center, à Houston, par l'équipe du neurochirurgien Charles Cox. Dans les 48 heures suivant l'accident, des cellules souches de moelle épinière ont été prélevées sur dix enfants âgés de 5 à 14 ans. Après leur isolation et leur multiplication, les précieuses cellules ont été réinjectées sur les jeunes patients.

Un essai de phase 1 vérifie normalement la tolérance et la faisabilité d'une thérapeutique, sans juger de son efficacité. De fait, l'étude indique que ces ''auto-perfusions'' ont bien été supportées par les participants, d'autant qu'aucun traitement immuno-suppresseur n'est nécessaire. De plus, l'efficacité thérapeutique a quand même été estimée. En effet, à six mois, les chercheurs ont constaté une amélioration significative chez tous les enfants et, pour sept d'entre eux, une évolution satisfaisante. Bien que très expérimentale, cette étude augure de résultats prometteurs car, habituellement, ces enfants déclarent des complications sévères. C.B