19/01/2011

L'anesthésie, outil thérapeutique ?

Le cerveau est une structure dynamique. Il a la capacité de remodeler les branchements entre neurones, par formation ou disparition de synapses. Cette propriété, appelée plasticité, est à la base de l'apprentissage ou de la mémorisation et intervient également pour compenser les effets de lésions cérébrales. Cependant, la plasticité a parfois un rôle peu bénéfique. Certains patients amputés ressentent des douleurs chroniques, comme si le membre disparu était encore présent. Or, les personnes qui subissent une anesthésie régionale (anesthésie du territoire desservi par un nerf ou un groupe de nerfs, NDLR) décrivent aussi cette illusion du membre "fantôme".

Forts de ces constatations, des chercheurs de l'unité Inserm 825 "Imagerie cérébrale et handicaps neurologiques", dirigée par Stein Silva à Toulouse, ont voulu savoir si l'anesthésie était à l'origine de cette observation analogue. Leurs résultats montrent que c'est le cas. Les personnes dont le bras a été endormi ont une activité cérébrale et une perception de leur propres corps, altérées. Dans l'avenir, l'anesthésie pourrait aider à comprendre comment les circuits neuronaux se réorganisent après un traumatisme et à les reconfigurer correctement. En modulant la plasticité post-lésionnelle, la récupération des patients cérébrolésés se verrait ainsi améliorée.

OCF