30/11/2011

Jean-François Chossy veut que son rapport, commandé par le Premier ministre, lance un grand débat sur les personnes handicapées

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"Passer de la prise en charge... à la prise en compte". Ce titre résume l'impulsion que Jean-François Chossy espère donner avec son rapport sur "l'évolution des mentalités et le changement de regard de la société sur les personnes handicapées". Un texte de 127 pages qu'il remettra vendredi au gouvernement. Ce travail avait été commandé par le Premier ministre François Fillon en novembre 2010. Au bout de six mois, afin de poursuivre sa mission, Jean-François Chossy avait dû renoncer, c'est la règle, à son siège de député UMP de la Loire qu'il occupait depuis 18 ans. On sent, dans chaque ligne de ce rapport, qu'il s'y est totalement investi.

Faire Face : Quels sont les points-clés de votre rapport ?

Jean-François Chossy : Pour changer les mentalités, il faut d'abord changer le vocabulaire se rapportant au handicap, choisir d'autres mots. Ensuite, je ne voudrais pas que l'on stigmatise encore plus le handicap avec des lois spécifiques. En revanche, tout projet, toute proposition de loi devrait désormais prendre le handicap en considération, au besoin par un article spécifique, lors de son élaboration, sa discussion et son vote. Autre point : il faut redonner aux associations la possibilité d'innover sans contrainte. Je crains pour elles les contraintes que peut représenter le système d'appel à projet des Agences régionales de santé. Le pays n'aurait pas évolué comme on l'a vu après la Deuxième Guerre mondiale sans la vie associative. Elle a fait évoluer la société et les mentalités.

FF : Quelles mesures préconisez-vous ?

J.-F. C. : Chaque chapitre se termine par des recommandations. L'une des plus fortes consisterait à transformer les MDPH en "Maisons de l'autonomie". Ce qui, entre les personnes âgées et les personnes handicapées, rapprocherait les problèmes. Il y aurait ainsi des passerelles entre personnes handicapées vieillissantes et les autres. On rationaliserait les moyens dans chaque département. Ce serait la porte ouverte au 5e risque qu'est la dépendance. Autre idée : organiser tous les deux ans des "entretiens du handicap" sur le modèle des "entretiens de Bichat". S'y rencontreraient des scientifiques, des chercheurs, les personnes concernées du monde entier pour échanger sur les bonnes pratiques et aboutir à des progrès.

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